L’intelligence artificielle pour combattre la pandémie

Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale
La lutte contre la COVID-19 est l’occasion pour plusieurs laboratoires tant privés que publics d’unir leurs forces afin de faire face à la crise.
Photo: Tolga Akmen Agence France-Presse La lutte contre la COVID-19 est l’occasion pour plusieurs laboratoires tant privés que publics d’unir leurs forces afin de faire face à la crise.

Ce texte fait partie du cahier spécial Intelligence artificielle

Les chercheurs en intelligence artificielle mettent leur expertise au service de la lutte contre la COVID-19.

Une catastrophe évitable ?

Fin décembre, la compagnie torontoise BlueDot a repéré les 27 premiers cas suspects de pneumonie autour d’un marché d’animaux à Wuhan, en Chine, et en a alerté les autorités. Quelques semaines avant la propagation mondiale du virus, les algorithmes développés par la firme canadienne, qui analyse des millions de sources d’information, avaient ainsi détecté quelque chose de semblable à l’épidémie de SRAS de 2003, épidémie qui avait d’ailleurs conduit à la naissance de BlueDot. Pourquoi la Chine et le reste dumonde n’ont-ils pas réagi à cette alarme ? C’est une des nombreuses questions auxquelles la communauté internationale devra répondre quand l’heure sera au bilan.


 

Des modélisations pour mener à un vaccin

À l’aide d’AlphaFold, son algorithme d’apprentissage profond (deep learning), la division IA de Google, DeepMind, génère des modélisations de protéines du nouveau coronavirus en utilisant le séquençage de son génome réalisé par les chercheurs chinois. La firme rend les résultats disponibles en temps réel et librement pour les chercheurs du monde entier. Ces modélisations 3D sont censées aider à comprendre le fonctionnement du virus et mener sur la voie d’un vaccin.


 

Un travail de coopération

La lutte contre la pandémie est l’occasion pour plusieurs laboratoires tant privés que publics d’unir leurs forces afin de faire face à la crise. À Montréal, MILA offre par exemple à la communauté scientifique internationale son expertise en apprentissage profond et en analyse de données afin de mieux comprendre la mécanique de propagation de la maladie. Des outils puissants, qui peuvent notamment permettre de saisir les répercussions de l’âge, du sexe et d’autres facteurs biomédicaux sur le développement de la maladie par la personne affectée.


 

Prédire les complications

Des chercheurs américains et chinois ont mis au point un outil utilisant l’intelligence artificielle pour prédire quels malades développeront des complications pulmonaires graves. Plusieurs indicateurs permettent en effet de présumer fortement de la possibilité pour un patient de développer un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), une complication de la COVID-19 qui remplit les poumons de liquide et tue environ 50 % des personnes la développant. Cet outil pourrait ainsi permettre aux médecins de traiter certains patients en priorité étant donné que les systèmes de santé de nombreux pays dans le monde arrivent à saturation.


 

Améliorer la réponse à la pandémie

Une équipe de recherche de l’Université de Montréal et de l’Université McGill travaille à adapter et à appliquer des méthodes d’apprentissage automatique aux systèmes de surveillance numérique des maladies exploités par l’Agence de la santé publique du Canada et l’Organisation mondiale de la santé. L’objectif ? Parvenir à décrire comment les différentes communautés réagissent à la COVID-19 et documenter la mise en œuvre et l’efficacité des interventions de santé publique ici et ailleurs dans le monde. Les résultats de cette étude seront susceptibles d’améliorer la réponse apportée par les agences de santé publique en cas de nouvelle pandémie.