Bienfaits et méfaits de l’IA

Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale
Le Collège de Bois-de-Boulogne propose une formation pour les adultes qui souhaitent devenir concepteurs ou programmeurs d’objets intelligents ou développeurs d’application pour le traitement des mégadonnées issues des objets intelligents.
Photo: iStock Le Collège de Bois-de-Boulogne propose une formation pour les adultes qui souhaitent devenir concepteurs ou programmeurs d’objets intelligents ou développeurs d’application pour le traitement des mégadonnées issues des objets intelligents.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Si l’intelligence artificielle promet des jours meilleurs, il ne faut jamais perdre de vue qu’elle peut aussi s’avérer redoutable.

Révolution verte

La solution de BrainBox AI tire parti de l’intelligence artificielle pour prévoir la consommation énergétique d’un bâtiment et permet ainsi de réaliser d’importantes économies d’énergie et de coûts, de réduire l’empreinte carbone et d’améliorer le confort des occupants. L’outil fait appel à l’IA pour assurer l’entretien préventif des systèmes de CVC (chauffage, ventilation, climatisation) en proposant un tableau de bord convivial qui informe les gestionnaires d’immeubles de l’apparition imminente de tout problème. « BrainBox AI ajoute un niveau d’intelligence supplémentaire aux systèmes de contrôle CVC existants, ce qui permet d’être proactif plutôt que réactif dans la gestion de ces systèmes », explique Sean Neely, chef de la direction et cofondateur de l’entreprise. Développée en collaboration avec IVADO et l’École de technologie supérieure, cette solution a enregistré une réduction de 25 à 35 % des coûts totaux liés à l’énergie en moins de trois mois, alors même qu’elle requiert un investissement faible, voire nul. Une amélioration de 60 % du confort des occupants et une diminution de l’empreinte carbone du bâtiment de l’ordre de 20 à 40 % ont également été établies.

Spécialiste en IdO, un métier d’avenir

Voitures sans conducteur, villes intelligentes, capteurs connectés : l’Internet des objets (IdO) est déjà très présent dans nos vies et nous n’avons encore rien vu. Selon le cabinet de recherche Gartner, de 26 à 30 milliards d’objets seront connectés à travers le monde d’ici 2020… Vous aimeriez savoir concevoir, créer et tester des objets intelligents, écrire et entretenir des programmes, installer et maintenir les objets ou encore vous plonger dans le traitement de données massives ? Le Collège de Bois-de-Boulogne propose une formation pour les adultes qui souhaitent devenir concepteurs ou programmeurs d’objets intelligents ou développeurs d’application pour le traitement des mégadonnées issues des objets intelligents. Le Cégep Limoilou offre quant à lui un cours de perfectionnement sur la sécurité de l’IdO. L’Internet des objets peut en effet compromettre la vie privée et la propriété. Ces technologies peuvent être utilisées pour réaliser des attaques cybernétiques de grande envergure sur des infrastructures critiques. Grâce à cette formation, l’étudiant sera capable de déterminer les principaux risques associés aux objets connectés et de savoir comment les réduire.

La démocratie en péril ?

Avec l’émergence récente de l’intelligence artificielle, une multitude d’innovations technologiques s’ouvrent dans le domaine militaire, dont la possibilité de donner à certaines armes l’autonomie de tuer sans intervention humaine. Ces changements soulèvent de nombreuses questions, notamment celle de savoir quels sont les défis que la communauté internationale devra affronter lorsque les armes autonomes seront intégrées aux arsenaux militaires ? Plus généralement, le développement potentiel de l’IA génère des défis en ce qui a trait aux droits de la personne, à l’inclusion et à la démocratie. L’usage des algorithmes d’apprentissage et des données massives à des fins de campagne de marketing politique représente en effet une menace sérieuse pour notre modèle démocratique, car il devient difficile de savoir si le libre arbitre est préservé. Plusieurs chercheurs au Québec et ailleurs attirent l’attention sur le fait qu’au-delà du bien-être matériel et des avancées sur le plan de la santé, de l’environnement ou de l’éducation notamment, la technologie peut être redoutable. Des garde-fous éthiques et juridiques doivent être dressés.