Accusé d’espionnage, Kaspersky va faire examiner ses antivirus

Le quartier général de la société de sécurité informatique russe Kaspersky Lab, à Moscou
Photo: Kirill Kudryavtsev Archives Agence France-Presse Le quartier général de la société de sécurité informatique russe Kaspersky Lab, à Moscou

La société de sécurité informatique russe Kaspersky Lab a annoncé lundi qu’elle allait proposer à des experts neutres d’analyser son célèbre antivirus, afin d’écarter les accusations d’espionnage au profit du Kremlin.

« Kaspersky Lab incitera la communauté de la cybersécurité dans sa globalité et d’autres parties prenantes à valider et vérifier la fiabilité de ses solutions, de ses processus internes et de ses opérations commerciales », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

« Dans le cadre de cette initiative, la société a l’intention de fournir à un tiers de confiance, et sous condition, l’accès au code source de ses logiciels — y compris les mises à jour des logiciels et des règles de détection des menaces — à des fins d’examen et d’évaluation indépendants », a-t-elle expliqué.

La cybersécurité n’a pas de frontières, mais les tentatives d’établissement de frontières nationales dans le cyberespace sont contre-productives et doivent être stoppées.

 

Soupçonnant la société russe de travailler main dans la main avec le Kremlin, la Sécurité intérieure américaine a ordonné en septembre à tous les fonctionnaires fédéraux de désinstaller tous les antivirus de Kaspersky Lab, qui équipent 400 millions d’ordinateurs dans le monde.

« La cybersécurité n’a pas de frontières, mais les tentatives d’établissement de frontières nationales dans le cyberespace sont contre-productives et doivent être stoppées. Nous devons rétablir la confiance dans les relations entre les entreprises, les gouvernements et les citoyens », a relevé Eugene Kaspersky, cité dans le communiqué du groupe qu’il dirige.

« C’est pourquoi nous lançons cette initiative de transparence mondiale : nous sommes totalement ouverts et nous n’avons rien à cacher », a-t-il souligné.

Jurant une fois de plus que ses produits ne sont pas équipés de « portes dérobées » (backdoors) qui laisseraient fuiter des informations vers Moscou, Kaspersky Lab a aussi annoncé lundi l’ouverture entre 2018 et 2020 de trois « centres de transparence » où experts, gouvernements et clients auront accès aux résultats de ces audits et pourront discuter de leurs éventuelles préoccupations.