Le partage du ciel à l’ère des drones

La présence des drones dans le ciel constitue un risque supplémentaire pour les pilotes d’avion.
Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse La présence des drones dans le ciel constitue un risque supplémentaire pour les pilotes d’avion.

L’industrie doit tout mettre en oeuvre pour établir des normes en ce qui concerne le phénomène des drones, dont la croissance rapide et les risques potentiels sont des enjeux immédiats pour la sécurité des lieux à proximité des aéroports, selon un haut dirigeant de l’Association du transport aérien international (IATA).

Outre la sécurité, l’IATA veut « avoir des règles, des notions d’exploitation et des normes pour permettre aux aéronefs sans pilote d’être intégrés dans l’espace aérien sans causer de fardeau sur la sécurité ou sur l’efficacité des opérations », a affirmé le directeur de la gestion du trafic aérien de l’IATA, Rob Eagles, lors d’une présentation au congrès de l’Airports Council International (ACI) qui prenait fin mardi à Montréal.

L’émergence des drones, dont les fonctions vont des prises de vue aériennes aux livraisons en tous genres en passant par l’usage simplement récréatif, préoccupe les autorités partout dans le monde et n’a pris que quelques années pour se hisser au sommet des priorités. Par exemple, la Federal Aviation Administration, aux États-Unis, indique sur son site Web qu’elle reçoit chaque mois une centaine de signalements concernant la présence de drones à proximité d’aéroports ou d’avions.

« Leur présence près des avions nous préoccupe de manière significative », a dit M. Eagles lors d’un entretien en marge de son allocution. « Les décollages et les atterrissages sont des moments critiques pour un vol. À la vue de ces incidents, il faut agir, et ce, dans l’intérêt de tout le monde. Il y a un effort concerté en ce moment. »

Rob Eagles a mentionné que six organisations, dont l’Airports Council International et l’IATA, ont fait front commun mardi matin pour demander à l’Organisation de l’aviation civile internationale de prendre les mesures appropriées afin d’évaluer le risque des drones et de jeter rapidement les bases d’un encadrement. Cet appel a été fait dans le cadre de la 39e session de l’assemblée de l’OACI, tenue à Montréal.

Il faudrait que la réglementation soit harmonisée, a dit M. Eagles dans sa présentation aux participants du congrès, tous issus du monde des aéroports et de leur gestion. « À l’heure actuelle, environ 70 pays ont établi des règles pour les petits aéronefs sans pilote, à basse altitude. Je généralise, mais ces règles sont toutes différentes. »

Règles américaines

Il y a trois semaines, les États-Unis ont mis en place des règles très attendues permettant l’exploitation de petits drones commerciaux, ce cadre portant notamment sur les permis d’exploitation, la taille des drones (25 kilos au maximum) et l’altitude (122 mètres tout au plus).

« Les gens sont captivés par les possibilités infinies des aéronefs sans pilote, et ils sont déjà en train de créer des occasions d’affaires dans ce nouveau créneau, a dit le secrétaire américain du Transport, Anthony Foxx. Ces règles font un pas de plus dans la transformation de l’aviation et de la société. »

Parmi les règles figurent l’obligation de garder un contact visuel avec le drone en tout temps sans l’aide de jumelles, celles de céder le passage aux autres aéronefs, de ne pas voler au-dessus de personnes qui ne participent pas au fonctionnement du drone et de ne pas transporter de matières dangereuses.

Au pays, Transport Canada interdit aux drones de voler à moins de neuf kilomètres des aéroports ou des zones d’atterrissage d’hélicoptères et exige que les utilisateurs ne les perdent jamais de vue. Par ailleurs, quiconque veut utiliser un drone à des fins « autres que récréatives » doit obtenir une permission spéciale, ce qui s’applique aussi aux appareils pesant plus de 35 kilos. De 2010 à 2015, Transports Canada a accordé près de 5700 permissions spéciales. La réglementation fédérale sera actualisée, mais pas avant le printemps 2017.