Les grands singes accros à l’apéro

Un homme préparant le vin de palme, breuvage dont se délectent les chimpanzés de Bossou, en Guinée.
Photo: Noah Seelam Agence France-Presse Un homme préparant le vin de palme, breuvage dont se délectent les chimpanzés de Bossou, en Guinée.

Les humains n’ont pas le monopole de la consommation régulière d’alcool. Ce goût pour la boisson est l’une des nombreuses choses que nous partageons avec les singes, nos si proches parents.

Selon une étude parue dans la revue Royal Society Open Science et menée entre 1995 et 2012, les chimpanzés de Bossou, en Guinée, se délectent du vin de palme. Les habitants de la région extraient la sève sucrée des arbres de la forêt où vivent ces chimpanzés qui n’ont qu’à se servir dans les récipients où elle fermente. Pour boire un verre, les primates mâchent des feuilles qu’ils utilisent comme une sorte d’éponge qu’ils plongent dans le liquide avant de la mettre à la bouche.

The Guardian, qui relaie ces travaux, précise que c’est la première fois que la consommation volontaire, répétée et sur le long terme d’éthanol chez des primates, est mise en évidence. En dix-sept ans, les scientifiques ont en effet pu observer 51 scènes d’ingestion.

Comportements variés

Les comportements par rapport à l’alcool se sont avérés assez variés. Sur les 26 singes de la communauté, 13 ont participé à ces « apéritifs », 13 autres se sont révélés abstinents. Parmi ceux qui ne rechignaient pas à boire une « éponge », un mâle s’est distingué par son assiduité : il a participé à 14 des 51 beuveries. Notons enfin que les plus jeunes individus — de 0 à 3 ans — n’ont pas été considérés dans cette étude : trop petits, ils ne pouvaient se fabriquer leur propre éponge.

Avec un copieux repas?

Les grands singes africains et les humains partagent une mutation génétique qui leur permet de métaboliser efficacement l’alcool. « Les chimpanzés de Bossou ingèrent le breuvage souvent en grande quantité en dépit d’un taux d’éthanol allant de 3,1 % à 6,9 % », soulignent les chercheurs. Comme l’indique le texte précédent, les quadrumanes pourront peut-être un jour, à l’instar des hommes, miser sur un copieux repas pour tempérer l’effet de l’éthanol sur leur organisme.