Le Québec encore loin du déconfinement

Malgré la levée du couvre-feu, la plupart des restrictions sanitaires annoncées cet hiver par François Legault demeurent en vigueur. Et « il est encore beaucoup trop tôt pour parler d’un déconfinement », a répété Québec, lundi.

Depuis 5 h lundi matin, le controversé couvre-feu imposé dans la province est tombé. « Comme promis », le gouvernement de François Legault a mis fin au deuxième épisode de cette mesure, « étant donné qu’on semble atteindre un pic » des hospitalisations.

N’eût été la tempête, l’école en personne aurait aussi repris en matinée.

« Évidemment, on espère, dans les prochaines semaines, être capables de rouvrir les restaurants, les salles de spectacle, a souligné la semaine dernière le premier ministre. Remettre en place ce qu’il y avait avant Noël. »

Pour le moment, cependant, « il n’y a jamais eu autant de personnes dans nos hôpitaux », a écrit Marjaurie Côté-Boileau, l’attachée de presse du ministre de la Santé, Christian Dubé. « La situation est critique », a-t-elle ajouté.

Les rassemblements demeurent donc interdits dans les chaumières. La Santé publique ne donne son aval qu’aux réunions extérieures de vingt personnes maximum. Et les participants doivent venir d’au plus trois adresses différentes.

Comme lors du confinement de l’an dernier, de rares exceptions s’appliquent aux personnes seules qui souhaitent se joindre à une bulle.

Pas encore d’horizon

Hormis les écoles, les commerces et les bibliothèques, les espaces publics de la province demeurent largement fermés.

 

Depuis qu’ils ont dû procéder à un nouvel arrêt de leurs activités en décembre, les restaurateurs n’ont d’ailleurs pas eu d’horizon de réouverture. Contactée lundi matin, l’Association Restauration Québec (ARQ) n’avait aucune rencontre prévue avec Québec.

« Nous, ce qu’on souhaite, c’est une réouverture le 8 février », juste à temps pour la Saint-Valentin, a lancé le directeur des affaires publiques et gouvernementales de l’ARQ, Martin Vézina, lundi.

Le gouvernement du Québec se contente de dire que la relance du milieu de la restauration et des bars n’est pas sur la table « jusqu’à nouvel ordre ». Lundi, le cabinet du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a assuré vouloir « rouvrir les établissements dès que ce sera possible ».

Vendredi, l’Union des tenanciers de bars du Québec et la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec ont transmis au premier ministre une lettre l’exhortant à les laisser rouvrir dès le 24 janvier. « On reste fermés absolument pour rien. Tous les tenanciers pensent la même chose », a souligné le président de l’Union, Peter Sergakis.

L’homme d’affaires, qui détient plusieurs établissements à Montréal, déconseille cependant à ses confrères de rouvrir avant le feu vert de Québec. Ce serait contre-productif, a-t-il avancé.

Le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, réclame lui aussi la réouverture des établissements. « Alors qu’Omicron est endémique, nous devons changer d’approche, comme le font d’autres juridictions, a-t-il écrit sur Twitter. Rouvrons les restaurants et les salles de spectacle pour les vaccinés, autorisons les activités sportives intérieures, et testons-nous tous régulièrement. »

Fixés cette semaine ?

Samedi, Le Devoir rapportait que le cabinet de la ministre de la Culture, Nathalie Roy, avait convié le milieu des arts et de la scène à une rencontre prévue à la fin de la semaine. L’objectif : « identifier des pistes de solution pour favoriser une reprise la plus prévisible et solide possible ».

Aucun représentant de la Santé publique n’y participera, mais les autorités seront mises au courant des discussions par la suite, a assuré lundi l’attachée de presse de Mme Roy, Elizabeth Lemay.

Tout comme les restaurateurs, les propriétaires de salles de spectacle et de cinéma ne savent pas encore quand ils pourront rouvrir. La réunion avec Québec donnera-t-elle des indices ? « C’est une séance de brainstorm », a tenu à préciser le cabinet de Mme Roy.

Avec le redémarrage de l’année scolaire, des activités sportives parascolaires reprennent. Or, le monde du sport est encore loin de se déconfiner.

Québec a mis à l’arrêt la tenue de tournois et d’activités sportives en groupe. Les salles d’entraînement demeurent aussi fermées. À l’extérieur, le portrait change : s’il faut respecter la distanciation physique « autant que possible », la plupart des activités sportives peuvent avoir lieu.

Les lieux de culte n’échappent pas à la vague de fermetures décrétée en décembre par le gouvernement Legault. À l’heure actuelle, ceux-ci doivent garder leurs portes fermées. Les funérailles rassemblant moins de 26 personnes sont permises.

Si l’idée venait à quelqu’un de se marier à -20 °C, la Santé publique autorise les cérémonies extérieures à 250 invités.

Avec Anne-Marie Provost



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