Recevoir deux doses de vaccins différents ne pose pas de problème

Un aîné reçoit de l'aide pour se faire vacciner dans une clinique de vaccination COVID-19, le lundi 8 mars 2021 à Montréal.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Un aîné reçoit de l'aide pour se faire vacciner dans une clinique de vaccination COVID-19, le lundi 8 mars 2021 à Montréal.

Recevoir deux vaccins différents, entre sa première et sa seconde dose, semble acceptable aux yeux des experts mandatés par le gouvernement du Québec. Les spécialistes préfèrent toutefois que les deux doses administrées soient du même type de technologie.

« Quel que soit le vaccin administré pour la seconde dose, les deux doses reçues seront alors considérées valides et il ne sera pas nécessaire d’administrer une 3e dose », peut-on lire dans un avis du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) daté du 26 février mais publié lundi.

Les experts du gouvernement ont ainsi soupesé les risques engendrés par un « probable » calendrier mixte de vaccination, c’est-à-dire qui ferait en sorte d’inoculer un différent vaccin au moment de la seconde dose. Ils reconnaissent d’emblée « l’absence de données disponibles sur l’interchangeabilité des vaccins », et recommandent en conséquence d’utiliser, autant que possible, le même vaccin pour la seconde dose.

Mais que se passe-t-il si les stocks d’un vaccin s’épuisent, ou si le premier vaccin fourni est inconnu ? Dans tel cas, la recommandation est d’inoculer une seconde dose d’un autre vaccin, dans la mesure du possible issu de la même technologie que celui de la première dose.

L’arsenal de vaccins du Canada est actuellement basé sur deux plateformes technologiques : à ARN messager, pour les vaccins de Pfizer et de Moderna ; et à adénovirus, pour le vaccin d’AstraZeneca et celui de Johnson & Johnson, dernier à être approuvé au Canada depuis vendredi et ne nécessitant qu’une seule dose.

« Ça nous donne de la marge de manœuvre, c’est très bien, puisqu’on est très dépendant des approvisionnements. On a vu qu’en début d’année, on a eu des problèmes, là ça nous permet si jamais Moderna ou Pfizer ne nous livre pas, de donner la deuxième dose avec un autre vaccin », commente la Dre Marie-France Raynault, cheffe du département de santé publique et médecine préventive du CHUM.

Plus efficace que prévu

Le CIQ a également émis lundi un avis d’utilisation très favorable au vaccin développé par la compagnie AstraZeneca. Malgré des doutes soulevés lors de ses essais cliniques, le rapport note que sur le terrain, l’efficacité du vaccin « semble très élevée contre les formes graves de la maladie, incluant les hospitalisations et les décès. »

Ce vaccin serait donc un choix tout indiqué pour la population adulte qui n’est pas prioritaire, selon les experts, puisqu’il n’est pas conseillé pour les personnes présentant un risque très élevé de maladie et de complications, incluant les résidents des CHSLD et des RPA, les personnes immunosupprimées ou même les travailleurs de la santé les plus exposés. Ceux-là devraient recevoir un vaccin à l’ARN messager. Le vaccin d’AstraZeneca a toutefois l’avantage de pouvoir être transporté et stocké plus facilement, dans un simple réfrigérateur.

« On s’entend que ce qu’on veut prévenir, ce sont les décès, les hospitalisations, les complications qui viennent avec des séquelles après, et on les connaît de plus en plus, les séquelles post-hospitalisations à long terme de la COVID. Pour ça, ce vaccin-là [d’AstraZeneca] a l’air d’être aussi bon que les autres », conclut la Dre Raynault.

Fait assez rare dans le développement d’un vaccin, le produit d’AstraZeneca a démontré une meilleure efficacité sur le terrain que ce qui a été mesuré lors des essais cliniques, ce qui lui a valu une bien mauvaise presse. Selon différentes études réalisées au Royaume-Uni, son efficacité à prévenir une infection symptomatique se situerait à 73 %, et préviendrait les hospitalisations à la hauteur de 94 %. En décembre, les tests de l’entreprise estimait plutôt son efficacité à 62 %.

À voir en vidéo