Premiers cas de variant avérés dans une école albertaine

Depuis la mi-décembre, près de 120 cas de variants ont été répertoriés en Alberta, dont 113 provenant de la souche identifiée au Royaume-Uni.
Photo: Paul Faith Agence France-Presse Depuis la mi-décembre, près de 120 cas de variants ont été répertoriés en Alberta, dont 113 provenant de la souche identifiée au Royaume-Uni.

En l’espace de 24 heures, 339 nouveaux cas sont apparus, en Alberta, dont 16 cas de variants. Deux d’entre eux proviennent directement d’une école. Une nouvelle qui pourrait changer la donne et annoncer les prémisses d’une troisième vague.

Il y a encore un jour, la médecin hygiéniste en chef, la Dre Deena Hinshaw, expliquait que depuis la réouverture des écoles, voilà quatre semaines, aucun nouveau cas n’avait été répertorié. Selon elle, les précautions sanitaires semblaient alors bien fonctionner dans les établissements scolaires.

Aujourd’hui, c’est à un tout nouveau scénario que doit faire face la province. Si la courbe d’infection est maîtrisée et baisse de jour en jour — on recense 5706 cas actifs en date du 11 février, contre 5831 la veille —, le danger commence à venir d’ailleurs.

« Cela indique que le variant B117, détecté au Royaume-Uni, est maintenant relativement répandu dans la communauté », analyse Noël Gibney, ancien urgentiste de l’Alberta et coprésident du comité consultatif de la COVID-19, formé avec l’Association du personnel médical de la zone d’Edmonton.

En effet, depuis la mi-décembre, près de 120 cas de variants ont été répertoriés en Alberta, dont 113 provenant de la souche identifiée au Royaume-Uni. Les sept autres sont issus de la souche du variant d’Afrique du Sud.

Du côté de la zone de Calgary, les services de soins en santé de l’Alberta ont déjà détecté 58 cas de variants. La Dre Hinshaw n’a pas souhaité nommer la zone ni donner le nom des écoles où la transmission avait eu lieu.

Pour Isabelle Chapados, pédiatre depuis 2008 à Edmonton, cela ne fait pas l’ombre d’un doute, « le réservoir, c’est dans les écoles », affirme-t-elle. Cette Montréalaise d’origine pense que « les variants, c’est juste une question de temps. Les adultes se protègent, mais les enfants vont dans les écoles. 35 % des enfants qui les fréquentent, au minimum, sont asymptomatiques », avance-t-elle.

Risques de relais du variant

 

D’après l’analyse de certains spécialistes comme l’ancien médecin en chef et consultant pour la zone d’Edmonton James Talbot, certains cas pourraient continuer de baisser, quand d’autres vont augmenter. « Nous avons deux courbes, l’une d’elles représente le virus initial qui était en train de disparaître avec les restrictions en vigueur, mises en place il y a deux semaines, l’autre le variant », met-il en contexte.
Selon lui, les deux courbes additionnées donnent le nombre de cas actifs par jour. « Ces courbes sont toutes deux affectées par les restrictions mises en place », précise-t-il.

« Si ces restrictions n’ont pas été suffisantes pour garder le variant sous contrôle, puisqu’il commençait à augmenter, deux semaines auparavant, les chiffres de la première courbe pourraient continuer à baisser, mais la proportion du variant devrait augmenter. Lorsque le variant atteindra plus de 50 %, les chiffres recommenceront à augmenter. Si davantage de restrictions sont assouplies [comme ce fut le cas lundi], le variant et la souche originale peuvent tous les deux augmenter [le variant plus rapidement que l’original] ».

Une analyse que corrobore Noël Gibney : « Nous assisterons à un aplatissement de la courbe début mars, puis à une augmentation rapide à partir de la mi-mars, puis arrivera la troisième vague de fin mars, à avril. »

En définitive, l’annonce de la Dre Deena Hinshaw des deux cas de variants dans une école serait la pointe de l’iceberg et laisserait présager le début d’une troisième vague, aux dires de certains Albertains. Au vu du contexte, nombre de restaurateurs souhaitent conserver le service à emporter.

Le premier ministre Jason Kenney a annoncé jeudi que la province avait conclu un accord avec le gouvernement fédéral pour verser un complément de salaire aux travailleurs essentiels faiblement rémunérés.

 

Le gouvernement provincial enverra des chèques d’un montant de 1200 $ à plus de 380 000 travailleurs des secteurs public et privé, y compris ceux qui travaillent dans les services de soins en santé et les soins continus.

En attendant, l’Alberta compte 421 personnes hospitalisées, dont 77 sont en soins intensifs. Depuis le début de la pandémie, 1728 personnes sont décédées. Près de 37 000 Albertains ont déjà reçu les deux doses du vaccin, y compris 71 % des personnes vivant dans les maisons de retraite et les centres de soins de longue durée.

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