En Alberta, la courbe s’aplatit, mais les cas de variants sont en hausse

Si le nombre d’hospitalisations diminue, les variants gagnent toujours du terrain.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Si le nombre d’hospitalisations diminue, les variants gagnent toujours du terrain.

En début de semaine, le gouvernement de l’Alberta a décidé de rouvrir les restaurants et les salles de sport. Or, cette décision ne fait pas l’unanimité car si le nombre d’hospitalisations diminue, les variants gagnent toujours du terrain.

« Je sais qu’il y a de plus en plus d’inquiétude sur l’éventualité que l’un de ces variants devienne la souche dominante dans la province. Pour moi aussi, c’est une préoccupation sérieuse », a déclaré en conférence de presse, la Dre hygiéniste en chef, Deena Hinshaw.

Si la courbe d’infection s’aplatit de façon nette avec 5831 cas actifs enregistrés contre plus de 20 000 en décembre, l’Alberta répertorie également en date du 9 février 104 cas de variants contre 68 le 5 février et 57 trois jours auparavant.

L’arrivée de ces derniers fait grossir la polémique à mesure qu’ils se multiplient. La Fédération du travail de l’Alberta a qualifié « d’imprudent et d’irresponsable » l’assouplissement des restrictions.

« Combien de cas de variants devrons-nous voir avant de mettre sur pause le plan de réouverture ? » a-t-il été demandé lors du point presse.

Bien que la Dre Deena Hinshaw dise comprendre ces inquiétudes, elle croit en la fiabilité du système de recherche de contacts de Services de santé Alberta concernant les variants du coronavirus. À la lumière des derniers résultats, les mesures continueront donc d’être assouplies tant que le nombre de cas d’hospitalisations n’augmente pas et continue de baisser, selon elle.

Trop tôt pour rouvrir

 

Cependant, « le moment est très mal choisi pour apporter des changements qui pourraient favoriser la propagation du virus », avance le Dr Jim Talbot, ancien médecin hygiéniste en chef de la province et conseiller pour la zone d’Edmonton.

Du côté des restaurateurs, certains n’en voient pas non plus l’intérêt. « On va attendre plus tard ; pour moi, ce n’est pas logique avec les vaccins qui prennent du retard et les variants qui sont à notre porte. Tout rouvrir pour être obligés de refermer d’ici 30 jours, ne fait aucun sens », explique Daniel Cournoyer, directeur du café bicyclette, au centre de la Cité francophone, un bâtiment placé au cœur du quartier francophone de Bonnie Doon, à Edmonton.

« Le 3 mars sera un tournant pour savoir si le variant va prendre le dessus sur le virus qu’on a connu jusqu’à présent, le taux d’infection risque d’être complètement hallucinant », décrit Daniel Cournoyer, en se basant sur des graphiques qu’il a vus circuler.

James Talbot anticipe carrément des risques de contamination accrus. « Nous sommes vraiment inquiets, car les variants sont en grand nombre. Il est clair que la propagation communautaire se répand dans d’autres juridictions où le virus devient rapidement incontrôlable », s’inquiète-t-il.

Le spécialiste dépeint ici la situation en Angleterre et met en garde, « certains des variants britanniques sont passés de 0 % à plus de 50 % en l’espace de deux mois et coïncident au moment même où leur propagation dans la communauté, s’est accélérée ». Le taux de contagion est donc très élevé. « En Irlande, ils sont passés de 15 à 45 % en l’intervalle de deux semaines. Les choses peuvent aller vite, si les conditions sont bonnes », anticipe-t-il.

Des restrictions moins rigoureuses

 

Le spécialiste déplore également que le gouvernement de l’Alberta ait rouvert, cette fois-ci, les restaurants sans avoir mis en place les mêmes restrictions que celles de la dernière fois.

Si les règles de distanciation et le port du masque sont respectés, « ils n’ont pas indiqué de plafond maximal pour le nombre de clients dans les restaurants. Les gens peuvent donc être proches les uns des autres », pointe-t-il.

« Même avec la mise en place des anciennes restrictions, cela n’avait pas empêché de voir des nids d’éclosion apparaître », fait-il observer.

Si aujourd’hui, le virus d’origine demeure sous contrôle, le problème demeure le risque d’une troisième vague due à la propagation des différents variants. « Nous craignons que les précautions n’aient été assouplies trop tôt et que nous en arrivions à une troisième vague », appréhende l’ancien médecin hygiéniste en chef et conseiller actuel pour la zone d’Edmonton.

De son côté, la Dre Deena Hinshaw a tenu a précisé que, depuis la réouverture des écoles, il y a quatre semaines, aucun nouveau cas n’avait été répertorié. Selon elle, les précautions sanitaires mises en place fonctionnent bien dans les écoles.

Actuellement, la province enregistre 432 personnes hospitalisées, dont 78 sont en soins intensifs, 1722 personnes sont décédées depuis le début de la pandémie.

 

Le 8 février, 124 325 doses du vaccin ont été administrées et 32 690 personnes ont déjà reçu les deux doses, lors du processus de vaccination.

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