COVID-19 et santé mentale: début des consultations

«L’objectif est de donner la parole à certains groupes afin de réfléchir ensemble, de manière non partisane, sur les besoins de la population en santé mentale, en temps de pandémie», a résumé lundi le ministre délégué à la Santé Lionel Carmant dans un communiqué.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «L’objectif est de donner la parole à certains groupes afin de réfléchir ensemble, de manière non partisane, sur les besoins de la population en santé mentale, en temps de pandémie», a résumé lundi le ministre délégué à la Santé Lionel Carmant dans un communiqué.

On l’entend dire souvent : la pandémie pèse lourd sur la santé mentale. Mais comment concrètement ? Et où faudrait-il agir en priorité ? Le gouvernement et les trois oppositions seront réunis mardi et mercredi pour répondre à ces questions lors d’une consultation virtuelle.

Lors de ces deux journées, des groupes triés sur le volet seront consultés en fonction de leurs expertises : chercheurs, organismes communautaires, etc. Le grand public pourra assister aux échanges à distance.

« L’objectif est de donner la parole à certains groupes afin de réfléchir ensemble, de manière non partisane, sur les besoins de la population en santé mentale, en temps de pandémie », a résumé lundi le ministre délégué à la Santé Lionel Carmant dans un communiqué.

L’événement étant non partisan, des députés des trois autres partis poseront aussi des questions : le libéral David Birnbaum, le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois et le péquiste Joël Arseneau.

Une série de thèmes seront abordés : le télétravail, la situation des personnes handicapées, les besoins liés à certains troubles particuliers (anxiété, dépression, psychose, toxicomanie) ainsi que les aînés, notamment.

Une attention particulière sera accordée aussi aux enjeux de santé mentale et de pauvreté, à la situation des femmes, des jeunes en général et enfin aux besoins des régions.

Au total, 24 groupes et intervenants doivent y prendre part, dont l’Ordre des conseillers en ressources humaines, la Fédération québécoise de l’autisme et l’organisme Revivre, qui sont tous au programme de mardi.

D’anciens et de nouveaux malades

Depuis le début de la pandémie, les demandes d’aide ont crû de 30 % au sein du réseau Revivre, qui est déployé un peu partout au Québec, soutient son directeur général, Jean-Rémy Provost.

Il y a ceux qui étaient déjà connus de l’organisme et appellent plus souvent, puis ceux qui ont vécu leur premier épisode de crise depuis le début de la pandémie, poursuit-il. « Sur dix interventions, il y en a une ou deux sur des personnes qui allaient bien avant », dit-il.

La quinzaine d’intervenants de Revivre répond aux demandes d’aide par téléphone ou par courriel. Depuis le confinement, ils offrent aussi des rencontres par vidéoconférence.

La pandémie a notamment beaucoup fragilisé les personnes souffrant de troubles anxieux, note M. Provost. « Le hamster roule beaucoup, beaucoup », résume-t-il. Elle a été aussi « extrêmement dommageable » pour les gens qui avaient des troubles obsessionnels compulsifs en raison de la peur d’attraper le virus.

Le confinement a également contribué à isoler davantage les personnes dépressives. « Il y a des gens terrés depuis des mois qui ne sortent pas du tout », précise M. Provost. « Le propre de la dépression, c’est de s’isoler ; c’est sûr que [la pandémie] n’aide pas. »

Le directeur de Revivre se réjouit du fait qu’on parle davantage de santé mentale, mais les actions doivent suivre, dit-il. « On travaille en vase clos : il y a encore beaucoup de choses qui se font en parallèle et pas suffisamment de concertation pour que les personnes aient de l’aide au bon moment. »

Pour consulter le programme et suivre les consultations, cliquez ici.