Le Royaume-Uni approuve le vaccin AstraZeneca

Le vaccin mis au point par AstraZeneca avec l’Université d’Oxford sera utilisé dès le 4 janvier au Royaume-Uni qui en a commandé 100 millions de doses.
Photo: John Cairns / Université d'Oxford via Agence France-Presse Le vaccin mis au point par AstraZeneca avec l’Université d’Oxford sera utilisé dès le 4 janvier au Royaume-Uni qui en a commandé 100 millions de doses.

Le Royaume-Uni est devenu mercredi le premier pays à autoriser le vaccin AstraZeneca, donnant un coup de fouet à la campagne de vaccination face à l’envolée des cas de COVID-19, comme dans d’autres pays européens, dont l’Allemagne qui a enregistré pour la première fois plus de 1000 décès quotidiens.

Le coronavirus a fait au moins 1 791 033 morts dans le monde et en a contaminé plus de 81 millions, selon un comptage mercredi, et la planète entière craint que les nombreux voyageurs de la période des fêtes n’intensifient la flambée du nombre des cas.

Le Royaume-Uni, un des pays des plus touchés en Europe par la pandémie avec plus de 71 500 morts, est confronté à une envolée des contaminations attribuée à un variant du virus, présentant selon une étude britannique une contagiosité supérieure de 50 % à 74 % et qui est détectée dans de plus en plus de pays.

L’agence britannique du médicament (MHRA) a donné son feu vert mercredi au vaccin mis au point par le groupe britannique AstraZeneca avec l’Université d’Oxford, grâce auquel les autorités comptent accélérer la campagne de vaccination lancée début décembre.

Ce vaccin était très attendu pour des raisons pratiques : bien moins cher que celui déjà distribué, il peut être conservé à la température d’un réfrigérateur, entre deux et huit degrés Celsius, ce qui facilite une vaccination à grande échelle.

Le premier ministre Boris Johnson a salué une nouvelle « vraiment fantastique » et un « triomphe pour la science britannique ». « Nous allons maintenant vacciner autant de gens possible le plus rapidement possible », a-t-il déclaré sur Twitter.

Le vaccin sera utilisé dès le 4 janvier au Royaume-Uni qui en a commandé 100 millions de doses.

En revanche, une autorisation en janvier au sein de l’Union européenne du vaccin AstraZeneca semble peu probable, a estimé l’Agence européenne des médicaments (EMA).

« Loin de la normalité »

L’Allemagne a pour sa part enregistré plus de 1000 décès liés à la COVID en 24 heures pour la première fois depuis le début de la pandémie, selon les chiffres de l’Institut de veille sanitaire Robert Koch (RKI) diffusés mercredi.

Au total, 1129 décès ont été recensés en une journée, et 22 459 nouvelles infections au virus en Allemagne.

« Les taux d’infection et de mortalité montrent que nous sommes encore loin de la normalité », a déclaré lors d’une conférence de presse le ministre de la Santé, Jens Spahn. Les restrictions en vigueur, dont la fermeture des écoles, commerces non essentiels, bars et restaurants, devraient par conséquent être prolongées au-delà du 10 janvier.

Le ministre s’est cependant félicité du succès de la campagne de vaccination, précisant que 60 000 Allemands avaient déjà été vaccinés.

Ce qui n’est pas le cas en France, où des responsables politiques et des médecins, dont le généticien Axel Kahn, ont regretté un excès de prudence dans la campagne de vaccination en France, jugée trop lente par rapport aux autres pays européens.

« L’Allemagne est déjà à plus de 42 000 vaccinés, le Royaume-Uni à 900 000 et la France à moins de 200 ! Après les masques, les tests et l’isolement, un nouvel échec serait terrible », a alerté le patron des sénateurs LR (droite) Bruno Retaille au sur Twitter.

Le gouvernement français prévoit de nouvelles mesures dans les zones les plus touchées, notamment l’est du pays, dont un couvre-feu avancé de deux heures, à 18 h 00, s’attendant à une « reprise incontrôlée de l’épidémie » en janvier après les fêtes de fin d’année.

Sur les sept derniers jours, une moyenne de 12 000 nouveaux cas quotidiens a été enregistrée, loin de l’objectif de 5000 espéré par le gouvernement.

Des mois à venir « très difficiles »

Aux États-Unis, pays qui compte le plus grand nombre de décès depuis le début de la pandémie (338 656), le président désigné Joe Biden, qui prendra ses fonctions dans moins d’un mois, a exprimé mardi son inquiétude face à l’envolée des cas : « Les semaines et mois à venir vont être très difficiles pour notre pays », a-t-il martelé lors d’une allocution dans son fief de Wilmington, dans le Delaware. « Peut-être les plus difficiles de toute la pandémie. »

Car malgré les appels des autorités à rester chez soi, des millions d’Américains ont voyagé pour fêter Noël en famille.

Le président désigné a renouvelé sa promesse de 100 millions de doses administrées au cours des 100 premiers jours de son mandat.

Un parlementaire de Louisiane, Luke Letlow, mort mardi de COVID-19 à l’âge de 41 ans, est devenu le premier membre du Congrès américain à succomber à la maladie aux États-Unis.

À voir en vidéo