Québec adopte la méthode dure pour freiner la pandémie

Les policiers distribueront davantage d’amendes aux contrevenants qui défient les consignes de la santé publique à la demande du premier ministre François Legault. Celui-ci n’exclut pas d’adopter des mesures plus contraignantes si les Québécois ne coopèrent pas.

« On n’est plus à l’étape d’avertir le monde, a-t-il affirmé. On l’a dépassée, cette étape-là. On est à l’étape de donner des amendes. » Cela concerne également les agents de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qui distribueront des contraventions aux milieux de travail fautifs.

Jusqu’à 6000 $ d’amende

Une alerte a été lancée à 14 h 30 sur les téléphones intelligents, à la télévision et à la radio pour aviser les Québécois de ce durcissement. Le gouvernement délaisse ainsi son approche de sensibilisation qui a caractérisé sa lutte contre la pandémie.

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« Ce n’est pas vrai qu’il y a une minorité de Québécois qui va mettre en danger, qui va mettre à risque la majorité des Québécois, a-t-il affirmé. […] Ça va faire. Il faut, à un moment donné, être capables d’envoyer un message très clair à cette petite minorité qui ne respecte pas les règles. »

Le premier ministre a rappelé que les amendes peuvent atteindre 6000 $. Il a également enjoint aux Québécois de réduire davantage leurs contacts pour faire diminuer la transmission du coronavirus. Le Québec dénombrait 1728 cas confirmés de COVID-19 mercredi et 844 personnes hospitalisées, dont 121 aux soins intensifs.

Reconfinement possible

M. Legault a laissé planer le spectre d’un reconfinement si cette tendance à la hausse se maintient. Une option que le gouvernement veut éviter à tout prix, d’où son approche plus coercitive pour faire appliquer les règles, dit-on en coulisse.

« Si on continue d’avoir une minorité de personnes qui ne respectent pas les mesures, qui ne respectent pas le “deux mètres”, qui ne portent pas toujours le masque dans les centres d’achats, on n’aura d’autre choix que de regarder des scénarios [comme] de fermer les commerces non essentiels pendant la période de Noël », a-t-il fait valoir.

« On n’est pas rendus là, s’est-il empressé d’ajouter. La décision n’est vraiment pas prise, mais on va suivre la situation dans les prochains jours. On va voir. »

Est-il toujours possible de lutter contre cette maladie, de protéger les personnes vulnérables et la capacité hospitalière sans confinement généralisé comme celui du printemps dernier ? « C’est sûr que là, actuellement, la tendance n’est pas bonne, elle monte, mais elle n’est pas exponentielle, comme on l’a vu dans certains pays, a fait valoir le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda. Donc, ces mesures-là marchent, mais la question, c’est qu’il faut les mettre [en pratique] en quantité importante si on veut que ça fonctionne. »

En données

Québec rapportait mercredi 1728 nouveaux cas de COVID-19 dans la province ainsi que 36 décès liés à cette maladie. Le nombre de cas total s’élève maintenant à 156 468 au Québec depuis le début de la pandémie et on déplore 7349 décès. 7 décès sont survenus dans les 24 dernières heures, 24 entre le 2 et le 7 décembre, 5 avant le 2 décembre et un autre est survenu à une date inconnue. Un décès a également été retiré du bilan parce qu’une enquête a démontré qu’il n’était pas attribuable à la COVID-19. On rapporte par ailleurs 9 hospitalisations de plus par rapport à la veille, pour un total de 844. Parmi ces patients, le nombre de personnes se trouvant aux soins intensifs a augmenté de 7, pour un total de 121. On a réalisé 30 024 prélèvements le 7 décembre, pour un total de 4 163 659.

La Presse canadienne

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