Fini le dépistage systématique de la COVID-19 pour les stagiaires de la santé

Des employés du milieu de la santé ont confié au «Devoir» qu’ils s’inquiètent de l’encadrement des stagiaires, qui appartiennent à un groupe d’âge plus affecté par le coronavirus dans cette deuxième vague d’infection.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des employés du milieu de la santé ont confié au «Devoir» qu’ils s’inquiètent de l’encadrement des stagiaires, qui appartiennent à un groupe d’âge plus affecté par le coronavirus dans cette deuxième vague d’infection.

Les centaines d’étudiants de niveau collégial ou universitaire qui entreprennent un stage dans le réseau de la santé n’ont plus à passer un test systématique de dépistage de la COVID-19. Québec a plutôt mis en place une série de mesures de prévention jugées plus efficaces que le dépistage systématique des stagiaires annoncé l’été dernier.

L’encadrement des stagiaires est jugé crucial dans le réseau de la santé, parce que les étudiants peuvent être appelés à côtoyer des patients vulnérables à la COVID-19, ou travailler dans des milieux où surviennent des éclosions. Comme tous les autres employés du réseau de la santé, les stagiaires sont aussi sujets à changer de milieu de travail (par exemple, entre un hôpital et une résidence pour personnes âgées), une pratique qui avait contribué à la première vague dans les CHSLD, lors du printemps.

Des employés du milieu de la santé ont confié au Devoir qu’ils s’inquiètent de l’encadrement des stagiaires, qui appartiennent à un groupe d’âge plus affecté par le coronavirus dans cette deuxième vague d’infection. La mobilité des étudiants au sein du réseau et l’absence de dépistage systématique à la COVID-19 soulèvent des interrogations.

Frédérique Laurier, directrice adjointe à l’enseignement et à la diffusion des connaissances au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, se fait rassurante. Les 2000 stagiaires du réseau montréalais de la santé n’ont plus de dépistage systématique depuis le 1er octobre, mais Québec a mis en place des « protocoles extrêmement rigoureux » de prévention de la COVID-19 pour ces étudiants, affirme-t-elle.

« Ce sont exactement les mêmes règles [de prévention] pour les stagiaires et pour les employés, mais les stagiaires ont un encadrement supplémentaire », explique la gestionnaire. Les stagiaires ont notamment accès aux mêmes équipements de protection que les employés du réseau et sont formés pour bien les utiliser.

Un groupe à risque

Québec avait instauré le dépistage systématique des stagiaires du réseau de la santé à partir de l’été, parce que les étudiants faisaient partie d’un groupe d’âge particulièrement affecté par la COVID-19 durant les beaux jours, souligne Frédérique Laurier.

Depuis le 1er octobre, les stagiaires doivent répondre à un questionnaire sur leurs activités hors de leur stage de formation. Les stagiaires qui ont un emploi les plaçant à risque de contracter la COVID-19 sont invités à se conformer à des règles de prévention. Par exemple, un étudiant qui livrait du matériel médical hors de ses heures de stage a été invité à ne pas entrer dans les hôpitaux dans le cadre de ce travail hors stage, explique Mme Laurier.

Aussi, seuls les externes ou les résidents en médecine sont autorisés, sauf exception, à faire leur stage dans plus d’un établissement ou à fréquenter un établissement dans une autre région, selon la représentante du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Les stagiaires sont aussi encouragés à se faire dépister le plus souvent possible, même sans avoir des symptômes d’infection, comme tous les employés du réseau de la santé, fait valoir Frédérique Laurier.

Des infirmières réquisitionnées

Jade Marcil, présidente de l’Union étudiante du Québec (UEQ), s’inquiète pour l’encadrement des étudiantes en soins infirmiers qui ont été réquisitionnées par Québec pour aider aux efforts de lutte contre la COVID-19. Elle souligne que le stage de certaines de ces étudiantes a été transformé en travail rémunéré et non supervisé en raison du manque de personnel pour faire face à la crise.

« Ces personnes étudiantes payent des droits de scolarité pour avoir un encadrement universitaire. On veut s’assurer que le ministère de la Santé prend soin de ces personnes-là, qui sont dans un contexte d’apprentissage », dit-elle.

« Certaines de ces personnes vont devoir revenir sur les bancs d’école en janvier. Il faut qu’elles puissent revenir en bonne santé », ajoute Jade Marcil.

La complexité des stages en temps de COVID-19 rappelle l’importance des conventions qui encadrent la formation pratique des étudiants, rappelle Noémie Veilleux, présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec.

De telles conventions de stage peuvent par exemple décrire le besoin de tests de dépistage ou encore le type d’équipement de protection ou de formation en santé-sécurité offerts aux stagiaires. Ce type de contrat peut aussi encadrer ce qu’il advient en cas d’absence des stagiaires pour cause de maladie, par exemple.

« On constate deux défis particuliers cette année : la difficulté à trouver un milieu de stage et le fait que les professionnels n’ont pas nécessairement le temps d’encadrer les stagiaires », dit Noémie Veilleux.

En données

Québec a rapporté lundi 1333 nouveaux cas de COVID-19 et 23 décès, dont 8 sont survenus dans les 24 dernières heures, 14 entre le 23 et le 28 novembre et 1 à une date inconnue. Le nombre d’hospitalisations a augmenté de 28 comparativement à la veille, pour un total de 693.

La Presse canadienne


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