Ça ne s’améliore pas au Saguenay-Lac-Saint-Jean

<p>Les éclosions se multiplient sur le territoire qui a basculé en zone rouge il y a trois semaines.</p>
Photo: Renaud Philippe Le Devoir

Les éclosions se multiplient sur le territoire qui a basculé en zone rouge il y a trois semaines.

Dur combat contre la COVID-19 au Saguenay–Lac-Saint-Jean. La région compte désormais 1184 cas actifs, ce qui en fait la région la plus touchée au Québec, toutes proportions gardées. Le nombre de nouvelles infections quotidiennes est aussi « énorme », selon la Direction régionale de santé publique. Le réseau de la santé est sous pression.

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean a enregistré lundi 161 nouvelles infections. « Il y a encore une bonne circulation [de la COVID-19] dans la communauté », constate le directeur régional de santé publique, le Dr Donald Aubin.

Les éclosions se multiplient sur le territoire qui a basculé en zone rouge il y a trois semaines. Leur nombre est passé de 95 à 135 au cours des sept derniers jours.

Ces éclosions sont toutefois de plus petite taille, ce qui fait en sorte que le nombre de cas dits actifs semble se stabiliser, observe le Dr Aubin. Les individus atteints de la COVID-19 déclarent aussi avoir été en contact avec moins de personnes qu’auparavant. « Ça, c’est la bonne nouvelle, dit le directeur régional de santé publique. Mais la situation est quand même préoccupante. »

Une cinquantaine de patients atteints de la COVID-19 étaient hospitalisés lundi matin dans la région. Parmi eux, quatre se trouvaient aux soins intensifs. « On a dû faire un transfert à Québec, dit le Dr  Aubin. Et 52 patients hospitalisés, c’est quand même beaucoup pour une région comme la nôtre. »

   

Quelque 200 employés du réseau de la santé sont actuellement inaptes à travailler, soit parce qu’ils souffrent de la COVID-19 ou qu’ils sont en isolement à la maison, selon la Direction régionale de santé publique.

« Actuellement, on a plus de personnel de la santé qui sort du réseau [qu’on en a qui y] entre », soutient Gaston Langevin, président du syndicat de la catégorie 2 de la CSN au Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui représente notamment les préposés aux bénéficiaires et à l’entretien.

Des employés tombent au combat après avoir contracté la COVID-19, mais aussi en raison d’épuisement professionnel, signale-t-il.

« Il semblerait qu’on va recevoir de l’aide d’autres régions pour l’hygiène et la salubrité dans les centres hospitaliers », dit Gaston Langevin.

Des équipes du Centre hospitalier universitaire de Sainte-Justine, de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec et de l’Institut de cardiologie de Montréal sont déjà venues prêter main-forte à la Santé publique, notamment en matière de protection et de contrôle des infections. Des employés de la région de Québec et du Nunavik donnent aussi un coup de main à l’équipe des enquêtes épidémiologiques. Quelque 275 enquêteurs sont maintenant à pied d’œuvre.

Selon Gaston Langevin, beaucoup de ses membres sont inquiets de l’effet des rassemblements de 10 personnes entre le 24 et le 27 décembre. « Notre personnel est déjà à bout de souffle, dit-il. S’il faut que ça s’aggrave, il va y avoir un sérieux problème. »

Les professionnels de la santé perçoivent d’autant plus « négativement » ces rassemblements qu’ils ne pourront y prendre part, souligne-t-il. Impossible pour eux de s’isoler avant le 24 décembre.

Questionné au sujet des rassemblements du temps des Fêtes, le Dr Donald Aubin n’a pas voulu se prononcer sur leur tenue si le nombre de nouveaux cas se maintenait dans la région. « On va espérer que ça baisse, dit le médecin. Noël, c’est proche, c’est dans un mois. On va se donner encore un peu de temps. »

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