Des solutions pour contrer la deuxième vague

Le ministère de la Santé a rapporté lundi 750 nouveaux cas de COVID-19 dans la province.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le ministère de la Santé a rapporté lundi 750 nouveaux cas de COVID-19 dans la province.

Pour freiner l’épidémie, le gouvernement Legault plonge une partie du Québec en zone rouge et met sous clé plusieurs secteurs de l’économie. Voici d’autres solutions prônées par des experts pour endiguer la deuxième vague en cours.

L'application de suivi de contacts

« Nos autorités de santé publique ont besoin de l’aide que peut offrir cette application [de recherche de contacts] pour garder le contrôle des transmissions dans la communauté. Ce genre d’application est utilisée ailleurs dans le monde. L’Ontario l’utilise. Dans le contexte actuel, elle serait très bénéfique. Et l’avantage de l’application fédérale est qu’elle est déjà prête et disponible. Elle nous ferait gagner du temps. Mais il sera important que le gouvernement explique à la population […] que les informations sur leur santé demeureront confidentielles. Le gouvernement Legault devrait revoir sa décision. La situation actuelle est vraiment différente de celle du mois d’août, où on dénombrait peu de cas.

Dr Matthew Oughton, microbiologiste à l’Hôpital général juif

Les jeunes doivent mener le combat

« Parmi tous les cas, 60 % ont moins de 50 ans. Ce sont eux, les gens qui ont une vie sociale active, et ce sont leurs activités non essentielles qu’il faut limiter. Est-on prêt à retourner dans un reconfinement complet ? Non. C’est absolument nécessaire que les jeunes mènent eux aussi le combat contre ce virus. Même si ce n’est que pour quelques semaines. C’est impossible pour les policiers de surveiller tous les rassemblements privés. La Gestapo, ce n’est pas une solution. La vraie réponse, c’est l’autodiscipline collective. Tous les pays qui réussissent à endiguer l’épidémie sont ceux où les gens appliquent les consignes sanitaires de façon disciplinée. »

Dr Donald Vinh, microbiologiste infectiologue au Centre universitaire de santé McGill

La répression, pour les irréductibles

« Le message du gouvernement, ça doit être que [la situation actuelle], c’est  grave. Il y a beaucoup de transmission imputable aux partys privés, et la ministre Guilbault continue de ne pas vouloir agir là-dessus. C’est vrai qu’il y a là un défi. Mais là, on donne aux gens l’impression que ce n’est pas grave. Je pense qu’on est rendu à la répression. Il y a beaucoup d’impacts sociaux et économiques à passer en zone rouge, notamment en matière de pertes d’emplois, qui mènent à des problèmes de santé mentale, à des ruptures, à de l’isolement. Il faudrait peut-être que la protection de la vie privée de quelques-uns ne passe plus devant tout le reste ! »

Dre Marie-France Raynault, cheffe du département de santé publique et médecine préventive du CHUM

Le port du masque à l’école

La vétusté de plusieurs écoles et leur ventilation inadéquate militent en faveur de la prescription du port du masque pour tous les élèves (au-dessus d’un âge minimum) non seulement dans les couloirs, mais en classe aussi. Les écoliers de France et d’autres provinces canadiennes, comme l’Ontario, le portent en permanence tant qu’ils sont à l’intérieur de l’école. « Nous disposons de bonnes données indiquant que le port du masque réduit la transmission du virus et, dans le contexte actuel où nous observons une augmentation du nombre de transmissions dans la communauté, c’est le temps de faire tout ce que nous pouvons pour maintenir nos écoles ouvertes pour le plus grand bénéfice de nos enfants. »

Dr Matthew Oughton, microbiologiste à l’Hôpital général juif

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