Kenji Sante en mission auprès des jeunes

La Direction de santé publique aura également recours à Instagram pour sensibiliser les jeunes.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La Direction de santé publique aura également recours à Instagram pour sensibiliser les jeunes.

La Direction régionale de santé publique de Montréal lance une campagne dans les médias sociaux pour convaincre les jeunes de 18 à 30 ans de respecter les consignes sanitaires. La transmission de la COVID-19 s’accélère dans la métropole, malgré les appels répétés du gouvernement à rester chez soi. Québec doit clarifier son message, disent les experts consultés.

À Montréal, 40 % des nouvelles infections de COVID-19 sont survenues chez les 18 à 30 ans au cours des deux dernières semaines.

Pour atteindre les jeunes, la Direction régionale de santé publique a donné naissance à Kenji Sante, un personnage dont le prénom signifie « force » en japonais. Son profil se trouve sur Facebook. Travailleur de la santé, Kenji Sante publiera chaque semaine des statuts pour interpeller les 18-30 ans au sujet de la COVID-19 et démystifier la mission de la Santé publique. La recherche de cas, impliquant des jeunes, demeure difficile, selon la Santé publique.

« Notre ton, notre message dans les médias sociaux, c’est qu’on n’est pas la police, on ne va pas donner de ticket », dit Pascal Simon, agent de planification, de programmation et de recherche à la Direction régionale de santé publique de Montréal.

On n’a aucune certitude face au succès ou à l’échec de cette initiative. On espère que ce sera bien reçu.

 

Kenji Sante aura pour mission de vulgariser les informations émanant de la Santé publique. Lors d’une éclosion, il pourra lancer un appel au dépistage aux groupes qui ont participé à des événements risqués. Kenji répondra aussi aux questions des Montréalais par l’intermédiaire de sa messagerie privée sur Facebook.

La Direction de santé publique aura également recours à Instagram pour sensibiliser les jeunes. Elle compte notamment sur son réseau — les cégeps et les universités, entre autres — pour relayer ses publications. « C’est une première à la Santé publique de Montréal, dit Pascal Simon. On n’a aucune certitude face au succès ou à l’échec de cette initiative. On espère que ce sera bien reçu. »

Le message

S’il souhaite endiguer la deuxième vague, le gouvernement Legault a tout intérêt à modifier ses messages, et pas seulement ceux destinés aux jeunes, selon Mireille Lalancette, professeure à l’Université du Québec à Trois-Rivières, spécialisée en communication politique.

« Les codes de couleur, c’est un bel effort, dit-elle. Mais il n’y a pas de mesures claires associées aux couleurs. » Québec doit aussi changer son approche, selon elle. « Il a un ton accusateur auprès des jeunes, dit Mireille Lalancette. Il faut rallier les gens de façon positive en allant les chercher avec leurs valeurs. »

Une tâche loin d’être évidente, selon Mireille Lalancette. « C’est très dur pour la population », dit-elle. Les contacts sociaux, avec les familles et les proches durant l’été, ont été de courte durée, fait-elle remarquer. « Quelques semaines plus tard, on nous dit qu’il faut recommencer », dit-elle.

Marc D. David, professeur à l’Université de Sherbrooke et spécialiste en communication politique, rappelle qu’aucun « modèle de communication stratégique » n’existe encore pour gérer une telle crise. « C’est très difficile pour les gouvernements de savoir à quoi s’en tenir », dit-il.

Selon lui, la publicité choc diffusée en ligne et présentant le témoignage de Francis, un entrepreneur général qui a subi une trachéotomie après avoir été frappé par le coronavirus, est une « belle piste ». « On est en train de mettre un visage sur la COVID-19, dit Marc D. David. On est capables de visualiser les effets négatifs de la maladie. »

À voir en vidéo