La grande région de Montréal passe en zone orange

La communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et la région de Saint-Jérôme dans les Laurentides sont passés en zone orange vendredi, au moment où le nombre de cas de COVID-19 a continué de grimper dans la province. La situation inquiète le ministre de la Santé, Christian Dubé, et le directeur national de santé publique, Horacio Arruda.

« Je demande aux citoyens de la CMM et la MRC de Rivière-du-Nord d’être encore plus prudents, d’augmenter votre vigilance et de réduire — comme nous avons discuté hier — fortement vos activités sociales, a déclaré M. Dubé en conférence de presse.

« [ Le] Dr Arruda et son équipe surveillent aussi de très, très près la situation à Montréal et, je le répète, la situation demeure inquiétante. »

Le ministre avait demandé la veille aux Québécois d’annuler leurs activités de l’Action de grâce et tout autre rassemblement au cours des prochaines semaines pour limiter la propagation du coronavirus. Vendredi, il leur a demandé de faire une sorte de « défi 28 jours » en limitant leurs contacts sociaux jusqu’au 21 octobre.

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« C’est pour un mois, ce n’est pas permanent, a-t-il dit. On vous demande un mois d’effort pour casser la deuxième vague. […] Je le répète, je vous demande d’annuler les soupers entre amis à la maison, les barbecues, les partys, tous les rassemblements que vous pouvez éviter. Pour le prochain mois, on réduit nos contacts au minimum. »

Sans la collaboration des Québécois, d’autres fermetures scolaires pourraient survenir, a renchéri le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge sur Twitter. « Si on n’inverse pas la tendance rapidement, de plus en plus de classes, et même d’écoles, devront fermer temporairement dans les prochaines semaines, a-t-il écrit. Nos enfants ont besoin de nous. Ils ont besoin de vous. »

Capacité des hopîtaux

L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS), qui a dévoilé vendredi ses plus récentes projections, estime que la capacité hospitalière « devrait être suffisante au cours des quatre prochaines semaines pour répondre aux besoins ». « Je fais confiance aux Québécois, mais ne nous laissez pas revenir dans une situation où on va être obligés d’annuler des chirurgies », a répondu le Dr Horacio Arruda lorsque Le Devoir lui a demandé ce qu’il allait surveiller pour voir ce message porter ses fruits.

 

La capacité du système de santé à prendre en charge les patients atteints de la COVID-19 est l’un des indicateurs que le gouvernement évalue pour changer le palier d’alerte d’une région. Est-ce à dire que Montréal pourrait bientôt passer en zone rouge ? « Avant de parler du rouge puis de la prochaine étape, on n’est pas là, en ce moment, on n’est pas là », a indiqué Christian Dubé.

Bilan en hausse

De jeudi à vendredi, le Québec a enregistré 637 nouveaux cas — dont 229 à Montréal — et 4 décès, pour un total de 70 307 cas depuis le début de la pandémie, en mars. Pendant ce temps, le nombre de tests de dépistage du virus est aussi en hausse. Au total, 36 000 tests ont été effectués durant la même période. Le bilan de vendredi fait état de quinze nouvelles hospitalisations, ce qui porte le total à 199.

La communauté métropolitaine de Montréal (CMM) compte 82 municipalités. L’alerte orange est le troisième palier d’une palette de couleurs qui en compte quatre : vert (mesures sanitaires de base), jaune (pré-alerte), orange (alerte modérée) et rouge, soit l’alerte maximale qui ramène le spectre du confinement. Aucune région du Québec n’est encore passée en zone rouge, à ce jour.

Dans un souci d’améliorer la recherche des contacts et des cas, le ministre Dubé a indiqué que le libellé « Santé publique » s’affichera sur les téléphones pour inciter les gens à répondre lorsqu’ils sont contactés pour les enquêtes épidémiologiques. « Si, sur votre téléphone, c’est marqué « Santé publique », s’il vous plaît, prenez l’appel. On a besoin de votre collaboration, c’est très important », a-t-il demandé.

Par ailleurs, 5000 personnes ont répondu à l’appel du ministre sur le site Je contribue depuis l’appel lancé par le ministre Dubé mercredi pour participer aux efforts de dépistage et aux enquêtes épidémiologiques.

Avec La Presse canadienne

2,3 milliards aux villes et aux sociétés de transport

Québec et Ottawa verseront « le plus tôt possible » 2,3 milliards de dollars aux municipalités du Québec et aux sociétés de transport en commun du Québec pour remédier aux difficultés auxquelles elles font face en raison de la COVID-19 et pour amorcer une certaine relance économique. Trois ministres du gouvernement Legault se sont déplacés pour en faire l’annonce, vendredi à Montréal, soit Eric Girard, des Finances, François Bonnardel, des Transports, et Andrée Laforest, des Affaires municipales et de l’Habitation. De cette somme globale de 2,3 milliards de dollars, moitié-moitié fédéral-provincial, 1,2 milliard de dollars sera réservé aux sociétés de transport en commun, qui ont affronté une forte baisse de l’achalandage, donc des revenus en 2020. La somme inclut les 400 millions de dollars déjà annoncés en juin. Le ministre Bonnardel a précisé que le transport adapté et le transport interurbain sont aussi concernés par cette aide. À même le montant global, une somme de 800 millions de dollars sera également octroyée aux municipalités. Les 300 millions de dollars qui restent constituent une réserve pour éventualités, a-t-il indiqué.

La Presse canadienne

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