Québec veut réduire les cas actifs avant une deuxième vague

Christian Dubé
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Christian Dubé

Le gouvernement Legault invite fortement les campeurs et les autres vacanciers reprenant le travail à aller se faire tester sans tarder, soucieux de réduire le nombre de cas actifs dans la population avant l’arrivée d’une deuxième vague.

Les vacances de la construction, qui ont tout juste pris fin, ont ouvert la porte à la propagation de la COVID-19, a laissé entendre lundi le ministre de la Santé, Christian Dubé. Au cours de ce congé propice aux rassemblements, des citoyens ont pu contracter la maladie pendant un moment d’inattention, même s’ils ont joué de prudence.

« Il y a eu un petit party et vous pensiez que vous étiez limités à dix personnes et ça n’a pas pu se faire pour X raisons, n’hésitez pas à aller vous faire tester », a dit M. Dubé.

« Ce n’est pas naturel d’être à deux mètres tout le temps », a renchéri le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda. « Ce n’est pas un péché d’avoir eu un rapprochement à un moment donné, a-t-il ajouté. Mais si vous vous faites dépister tôt, si vous écoutez les mesures de santé publique […], ce ne sera pas votre grand-mère ou d’autres personnes à risque qui vont être malades. »

À plusieurs reprises, le ministre Dubé a insisté sur l’importance du dépistage, surtout « volontaire », « l’une des armes les plus puissantes de lutte contre le virus » selon lui. « C’est ce qui nous fait penser que, dans la deuxième vague, on peut être beaucoup plus proactifs que réactifs », a-t-il noté.

N’hésitez pas à aller vous faire tester

 

L’élu caquiste s’est d’ailleurs engagé à fournir plus rapidement les résultats de dépistage, alors que la province a plus d’une fois dépassé les 17 000 tests quotidiens. Le délai d’attente peut être de plusieurs jours à l’heure actuelle.

Christian Dubé a par ailleurs demandé aux parents d’être « très vigilants ». Si leur enfant présente le « moindre signe » de contagion, la famille doit se faire tester, a-t-il dit, rappelant que des éclosions sont survenues dans des camps de jour récemment.

De son côté, le Dr Arruda a appelé les Québécois à collaborer avec la Santé publique et à suivre les consignes s’ils font l’objet d’une enquête épidémiologique. Des gens ayant des symptômes et conscients d’avoir côtoyé une personne infectée se sont tout de même rendus à des fêtes privées, a-t-il regretté. « Ça, ça génère des cas. »

Cas actifs

Devant les journalistes, le ministre de la Santé a de nouveau soutenu que la courbe des nouveaux cas d’infection reste « stable ». Mais les cas actifs qui s'additionnent, soit les gens infectés toujours malades, le « préoccupe ». « C’est peut-être quelqu’un qui est toujours à l’hôpital ou aux soins intensifs », a-t-il fait valoir.

En date du 26 juillet, il y en avait 2104, a fait savoir le ministère de la Santé par courriel. Il faudra encore patienter «quelques jours» pour avoir les chiffres plus récents : Québec effectue des modifications dans ses systèmes informatiques depuis une semaine.

« Lorsqu’on va entrer dans une deuxième vague, on voudrait que ce nombre […] soit le plus bas possible », a-t-il martelé, mettant la population au « défi » de le réduire au maximum en suivant les règles sanitaires.

Le Québec a enregistré lundi 123 nouveaux cas de contamination et 2 nouveaux décès. On recense ainsi quelque 59 722 infections et 5683 morts depuis le début de la crise. Le nombre d’hospitalisations est quant à lui resté stable par rapport à dimanche, avec un cumul de 172. Un patient de plus se trouvait aux soins intensifs, pour un total de 18.

Par ailleurs, bien que le gouvernement autorise depuis lundi les rassemblements intérieurs de 250 personnes — autrefois limités à 50 —, cette directive concerne seulement les auditoriums, comme les salles de spectacle et les cinémas. Et la distanciation physique doit continuer de s’appliquer, a rappelé Christian Dubé.

Pour les rassemblements privés, que ce soit dans une cour arrière ou à l’intérieur d’une résidence, la limite est toujours fixée à 10 personnes, a souligné M. Dubé. « Il n’y a aucun changement qu’on est prêts à faire là-dessus. »

Concernant le port du masque, celui-ci doit devenir une « norme sociale », a plaidé l’élu, se félicitant de voir les Québécois l’adopter massivement. Alors qu’on lui demandait s’il comptait imposer des amendes aux récalcitrants, M. Dubé a répondu qu’il ne l’envisageait pas pour le moment.

Depuis le 18 juillet, seuls les commerçants qui accueillent des clients de 12 ans et plus sans couvre-visage s’exposent à des amendes variant de 400 à 6000 $.

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1 commentaire
  • Normand Ouellet - Abonné 4 août 2020 07 h 01

    Les cas actifs - Une donnée confidentielle?

    Nous savons selon les tests qu'il y a eu plus ou moins 60 000 cas confirmés depuis le début du COVID 19 au Québec. Cette donnée ne représente pas le nombre réel de cas car nous n'avons pas fait de test sur un échantillon statistique de la population pour connaître avec une marge d'erreur le nombre de cas réel.

    Si on se fie à ce que les médias publient quotidiennement : cas confirmés selon les tests; nombre de morts et nombre d'hospitalisations, nous n'avons aucune idée du nombre de cas actifs dans la population pour l'ensemble du Québec et pour chacune des régions.

    MM. Legault, Dubé et Arruda, est-ce si difficile de donner une vision d'ensemble aux citoyens?