Dépistage massif à l’hôpital de Saint-Jérôme

Une opération majeure de dépistage de la COVID-19 débute mercredi à l’hôpital régional de Saint-Jérôme. Quelque 1500 employés subiront un test d’ici vendredi, afin de trouver de potentiels vecteurs de la maladie et de juguler l’éclosion de coronavirus dans l’établissement.

Quelque 75 patients et plus d’une trentaine d’employés de l’Hôpital régional de Saint-Jérôme ont été déclarés positifs à la COVID-19 depuis un mois. Quatre unités, sur les neuf accueillant des adultes, sont touchées. « On n’a pas trouvé la personne-source, dit Sylvain Pomerleau, directeur général adjoint du CISSS des Laurentides. On a autant de patients et d’employés qui sont asymptomatiques. »

Pour éviter la propagation de la COVID-19, les visites sont interdites depuis une semaine à l’hôpital. Les nouvelles mamans et les enfants hospitalisés peuvent toutefois être accompagnés d’un proche. Les malades aux soins palliatifs peuvent recevoir des visiteurs.

Le CISSS des Laurentides dit avoir fait appel à du personnel supplémentaire pour nettoyer les installations. Des employés et des spécialistes en prévention et en contrôle des infections ont aussi été ajoutés sur le plancher afin, entre autres, d’offrir aux employés des formations sur le port de l’équipement de protection individuelle.

Des efforts qui commencent à porter leurs fruits, selon Sylvain Pomerleau. « Il y a une unité où on n’a pas eu de nouveau cas depuis cinq jours », dit-il.

Reste maintenant à déterminer combien d’employés sont infectés sans le savoir. « Notre peur, c’est qu’il y ait beaucoup de cas, dit Dominic Presseault, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Laurentides en santé et services sociaux-CSN. Tout ça va avoir un impact. Ces employés doivent se retirer pendant 14 jours. »

La direction devra alors trouver des solutions pour les remplacer. Pas question, dit le syndicat, de sabrer dans les vacances des employés. « Tout le monde a droit à deux semaines cet été, dit Dominic Presseault. Les travailleurs doivent se reposer, avant la deuxième vague. »

Le maire de Saint-Jérôme, Stéphane Maher, se dit « très préoccupé » par l’éclosion dans l’hôpital. Il croit que la vétusté du centre hospitalier, construit en 1957, a contribué à la propagation de la COVID-19. « C’est un facteur déterminant, soutient-il. C’est un hôpital désuet et qui est surachalandé. Des patients se retrouvent à quatre dans d’anciennes chambres qui étaient conçues pour deux. »

Sylvain Pomerleau admet que la vétusté des installations « amène des défis supplémentaires ». « Le personnel doit être encore plus vigilant pour changer son équipement de protection individuelle, explique-t-il. Quand un patient à côté d’un autre va moins bien, il doit prendre cinq secondes pour changer ses gants et ne pas lui porter secours tout de suite. »

En point de presse à Saint-Jérôme, le premier ministre François Legault a souligné qu’il est « urgent qu’on agrandisse, modernise l’hôpital de Saint-Jérôme ». « C’est tout simplement impossible avec le volume de l’hôpital d’être capable de donner des services dans des délais qui sont raisonnables », a-t-il ajouté.

Le premier ministre a rejeté la faute sur les gouvernements précédents. « Ici, dans les Laurentides, ça fait longtemps qu’on entend parler de l’agrandissement de Saint-Jérôme, a dit François Legault. Je ne peux pas croire que ce n’est pas encore commencé. »

Dépistage dans la collectivité

Selon le CISSS des Laurentides, la région a enregistré une centaine de nouveaux cas depuis une semaine. Mardi, nombre de citoyens faisaient la file en voiture pour subir un test de dépistage dans une clinique mobile, présente à Saint-Jérôme pour la journée.

Martine attendait son tour depuis deux heures lors du passage du Devoir. Elle n’avait aucun symptôme s’apparentant à la COVID-19. « Je travaille avec le public, dit-elle. Je voulais être sûre que ma santé était correcte. Je trouvais que les gens ne respectaient pas la distanciation. »

Danielle, elle, a décidé de passer un test en raison d’un mal à la gorge. Elle travaille dans le service à la clientèle. « Pas de client, je l’aurais laissé vivre [le virus] pour voir ce qui se serait passé », dit-elle.

Les tests de dépistage sont en baisse dans les Laurentides, comme au Québec. « L’unité mobile a pour objectif de stimuler le dépistage », dit Sylvain Pomerleau.

Au cours des prochains jours, la clinique doit notamment s’arrêter à Mont-Tremblant et à Lachute.

Neuf morts de plus

La pandémie a fait 9 nouveaux morts au Québec au cours des 24 dernières heures, a-t-on annoncé mardi. Le bilan est maintenant de 5590 morts, quand on y ajoute quatre décès survenus avant le 29 juin. On recensait 60 nouvelles infections, pour un total de 55 997 cas. Le nombre d’hospitalisations avait plongé de 30, à 347. Une personne de plus se trouvait aux soins intensifs, soit 26.

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1 commentaire
  • Diane Guay - Abonnée 8 juillet 2020 15 h 26

    PRÉVENTION ET POLITIQUE DES SOINS

    " La vétusté du centre hospitalier construit en 1957 aurait contribué à la propagation du virus." Oui les murs ont des oreilles et des fissures créées par le temps ; les murs décrépis ont des ventilations désuètes comme c'était le cas, en 1987 à l'hôpital Royal Victorai à Mtl. Onze patients sont décédés d'infections post-opératoires . Plusieurs infirmières, médecins et personnel spécialisé ont été suivies régilièrement par le Service de Santé.
    Le dénouement de ce fait médical a été tenu secret jusqu'à ce que le fils d'un patient décédé , médecin lui-même à cet hôpital exerce une pression poltique pour une enquête qui a conclu à la propagation du Virus du Légionnaire par les sorties de la ventilation dans les salles de réveil et peut-être ailleurs. Branle -bas de combat et soins préventifs ont dû être donnés au personel soignant.
    Cette histoire réelle nous confirme que les murs et climatisation vétustes peuvent être sources de contamination aux virus. Mais la contamination virale empruntent plusieurs espaces aériens et surfaces sur lesquels les humains déposent leur microbes et virus.

    La prévention et contrôle des infections au Québec a abandonné depuis plusieurs décennies la réglementation obligeant le personnel hospitalier à changer de vêtements et chaussures réglementaires afin d'empêcher la propagation de certaines infections. De la maison, du métro, de la rue, du restaurant au lit des patients, les souliers de course salies circulent allègrement. Il ne faut pa se plaindre de cet état de malpropreté et de possible cause de contamination. À vos risques et périls. Les hôpitaux anglophones du pays ont gardé cette exigence du changement de vêtement pour leur personnel soignant et spécialisé . Depuis la COVID, Ste-Justine aurait exigé de tout leur personnel le changement vestimentaire de la rue à l'hôpital.
    Alors oui les édifices vétustes mais pourquoi pas les équipements vestimentaires comme prévention obligatoire?