Donner un second souffle

Catherine Martellini Collaboration spéciale
En tant qu'inhalothérapeute, Jocelyn Vachon doit être continuellement à l’affût des variations qui peuvent survenir en ce qui a trait au système respiratoire des patients atteints.
Photo: Courtoisie En tant qu'inhalothérapeute, Jocelyn Vachon doit être continuellement à l’affût des variations qui peuvent survenir en ce qui a trait au système respiratoire des patients atteints.

Ce texte fait partie du cahier spécial Services essentiels

Blessé à un genou, Jocelyn Vachon, enseignant et président de l’Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec (OPIQ), n’attendait que l’aval de son médecin pour troquer ses béquilles contre un masque et aller prêter main-forte aux 4000 inhalothérapeutes dans la prise en charge respiratoire des patients atteints de la COVID-19.

Dès le début de la pandémie, Jocelyn Vachon songeait à se joindre aux efforts des inhalothérapeutes sur le terrain, même s’il n’avait pas eu à pratiquer depuis deux ans en raison de ses tâches d’enseignant.

« Le clinicien en moi sentait que mon expertise en soins critiques pouvait contribuer à améliorer le sort des patients de la COVID-19 qui se retrouvaient sous respirateur », mentionne celui qui enseigne au Collège de Rosemont depuis 2002.

En attendant l’approbation de son médecin et alors qu’il était comme tout le monde en confinement, ils’est affairé à adapter ses cours collégiaux en ligne afin que ses étudiants en assistance anesthésique et en soins critiques puissent poursuivre leur apprentissage.

À cela s’ajoutait le temps consacré à diverses tâches à titre de président de l’OPIQ, poste qu’il occupe depuis 2013.

C’est le 16 avril dernier qu’il a finalement pu se joindre à ses collègues de l’Hôpital Rosemont.

« Ce qui m’a bien impressionné à mon arrivée, c’est l’organisation des soins : de voir un hôpital dans un hôpital, c’est-à-dire toutes les zones chaudes isolées des zones tièdes et froides pour éviter les contaminations entre patients », souligne-t-il.

Son quotidien s’est aussi, bien évidemment, complexifié.

« Je travaille aux soins intensifs et aux urgences de l’hôpital de 7 h 30 à 15 h 30, et le soir, lorsque j’arrive à la maison, je fais le suivi avec les étudiants et la direction de l’OPIQ pour régler des dossiers. »

Entre sourire et anxiété

Son travail d’inhalothérapeute est loin d’être simple dans cette crise : il doit être continuellement à l’affût des variations qui peuvent survenir en ce qui a trait au système respiratoire des patients atteints.

« On a une grande responsabilité ; un mauvais réglage de la ventilation peut affecter la circulation, précise-t-il. De bonnes connaissances sont essentielles pour bien analyser les résultats des patients, les rayons X des poumons, etc. »

À cette pression s’ajoute la peur continuelle de devenir un vecteur de propagation du virus. Il faut dire que sur les onze situations de soins qui sont les plus susceptibles à la contamination, les inhalothérapeutes en accomplissent dix.

Jocelyn Vachon trouve sa motivation principalement dans le soutien physique et moral qu’il apporte à ses collègues, mais aussi à ses patients.

« De voir que les soins permettent de les aider à mieux respirer ou à s’adapter à la maladie, ça a toujours été vraiment important pour moi, dit-il avec passion. Quand je réussis à soutirer un sourire à mon patient, ça me rend très heureux. »