Un troisième cas d’infection au Québec

Les employés du «Grand Princess» ont nettoyé, jeudi, le navire de croisière immobilisé au large de la Californie depuis le signalement de trois cas d’infection au COVID-19.
Photo: Michele Smith via Associated Press Les employés du «Grand Princess» ont nettoyé, jeudi, le navire de croisière immobilisé au large de la Californie depuis le signalement de trois cas d’infection au COVID-19.

Après avoir confirmé un deuxième cas d’infection au coronavirus au Québec en fin de journée, les autorités de santé publique ont annoncé en soirée qu’un troisième cas a été diagnostiqué.

Comme le veut la procédure, les prélèvements du troisième patient devront être analysés au Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg. Dans le cas du deuxième patient, le résultat positif a été confirmé, indiquant qu’il s’agit d’un cas du virus connu sous le nom de COVID-19. Des tests semblables avaient été menés précédemment par le Laboratoire de santé publique du Québec.

Selon le communiqué publié par le ministère de la Santé et des Services sociaux, le plus récent cas concerne une personne ayant récemment voyagé en France.

Celle-ci aurait appris à son retour, le 3 mars, qu’elle avait été en contact avec une personne porteuse du virus.

« Elle a suivi les consignes d’isolement qui lui ont été recommandées. Elle s’est ensuite rendue dans un centre hospitalier de la Montérégie, où un prélèvement a été effectué », mentionne le communiqué.

Un peu plus tôt, en fin de journée, on a appris la confirmation d’un deuxième cas, concernant un homme récemment revenu d’un voyage en Inde.

L’homme s’est d’abord présenté à l’hôpital de Mont-Laurier, dans les Laurentides, car il présentait des symptômes. Il a ensuite été transféré à l’Hôpital général juif de Montréal, qui est l’un des quatre centres désignés pour recevoir ces cas en raison de son expertise en infectiologie, où il est toujours en isolement.

Le ministère affirme que des démarches ont été entreprises pour retrouver toutes les personnes ayant eu des contacts étroits avec ce patient.

La première personne dont l’infection a été confirmée au Québec est en isolement chez elle. Elle s’est présentée mardi à l’Hôpital général juif pour une consultation, mais elle est rentrée à la maison le soir même.

Plusieurs dizaines de cas ont été recensés au Canada jusqu’à maintenant, principalement en Ontario, mais aussi en Colombie-Britannique.

Mise en garde fédérale

Le gouvernement fédéral met désormais les Canadiens en garde contre tout voyage en Iran en raison des inquiétudes suscitées par le nouveau coronavirus.

Affaires mondiales Canada a publié une nouvelle alerte jeudi matin, mettant à jour l’avertissement précédent qui déconseillait les voyages non essentiels. On conseille maintenant d’éviter tout voyage en Iran.

L’avertissement indique que les restrictions de voyage imposées pour contrôler la propagation du coronavirus rendent de plus en plus difficiles les tentatives de quitter l’Iran.

Et parce que l’Iran ne reconnaît pas la double nationalité, les Canadiens d’origine iranienne qui s’y rendraient en visite ne pourraient probablement pas obtenir d’aide des autorités canadiennes pour revenir au pays.

Le gouvernement canadien a déjà diffusé une mise en garde contre les voyages non essentiels en Chine et contre tous les voyages dans la province où le COVID-19 a éclaté pour la première fois.

Il conseille également d’être extrêmement prudent en ce qui a trait aux voyages au Japon, en raison du virus.

Pas d’interdictions d’entrées

L’Australie interdit dorénavant l’entrée au pays à tout étranger en provenance directe de la Corée du Sud. La même interdiction s’applique pour les voyageurs arrivant de Chine ou d’Iran.

L’Australie exige un séjour d’au moins 14 jours en dehors de ces trois pays avant d’entrer sur son territoire.

De passage dans la région de Toronto, jeudi matin, le premier ministre Justin Trudeau a dû expliquer pourquoi son gouvernement ne prend pas de pareilles mesures.

« Différents pays vont faire leurs propres choix. Mais nos choix vont être basés sur les recommandations des experts ; des experts de l’Organisation mondiale de la santé et des experts canadiens qui savent exactement comment réagir pour protéger les Canadiens », a déclaré M. Trudeau.

« Il y a beaucoup de mauvaises informations qui circulent. Il y a beaucoup de réactions impulsives qui n’assurent en rien la sécurité des gens et qui ont des [répercussions] sur certaines communautés », a-t-il également dit. « Nous allons continuer à nous concentrer sur les choses qui valent vraiment la peine », a-t-il ajouté.

Aide financière?

Les provinces devant préparer leurs systèmes de santé pour faire face au coronavirus, le premier ministre n’écarte pas une éventuelle aide financière d’Ottawa sous forme d’augmentation des transferts en matière de santé.

« Nous savons qu’il y aura des défis pour nos systèmes de santé. […] Nous allons nous assurer que les provinces ont la capacité de répondre à cette situation », a assuré M. Trudeau.

Ailleurs au Canada

Un premier cas en Alberta
 

L’Alberta a annoncé son premier cas probable de coronavirus.
 

L’hygiéniste en chef de la province a indiqué qu’il s’agit d’une femme âgée d’une cinquantaine d’années de la région de Calgary.
 

Selon la Dre Deena Hinshaw, la femme semble avoir été infectée lors d’une croisière réalisée à bord du Grand Princess en Californie.
 

La femme est revenue en Alberta le 21 février et se serait placée en quarantaine chez elle une semaine plus tard.
 

Les autorités s’attendent à ce qu’elle se rétablisse pleinement.
 

Le Dre Hinshwa a indiqué que d’autres Albertains étaient à bord du Grand Princess. Les autorités albertaines tentent d’obtenir une liste des passagers pour les contacter.
 

« J’aimerais demander à tous les Albertains qui ont été à bord du navire de croisière Grand Princess au cours des deux dernières semaines de rester chez eux pendant 14 jours, même s’ils se sentent bien. »
 

En Colombie-Britannique
 

La Colombie-Britannique a annoncé huit nouveaux cas probables de COVID-19. Selon l’hygiéniste en chef de la province, la Dre Bonnie Henry, ce grand nombre de cas n’est pas étonnant.
 

Elle a indiqué que quatre des nouveaux cas étaient des gens ayant eu des contacts étroits avec des patients déjà infectés.
 

Deux autres cas concernent des personnes qui revenaient d’Iran : une quinquagénaire et un sexagénaire vivant dans le même domicile.
 

Un résident de la ville de Seattle qui visitait des membres de sa famille en Colombie-Britannique a également attrapé le virus, a relaté la Dre Henry.
 

Le dernier patient est une personne qui avait subi des tests pour la grippe. Les responsables de la santé cherchent à déterminer la source de la maladie de cette femme qui n’a pas récemment voyagé et qui n’a pas été en contact avec une personne déjà contaminée.
 

La province compte 21 cas de coronavirus, dont 13 peuvent être reliés à l’Iran.
 

En Ontario
 

Trois autres cas ont été identifiés en Ontario, dont celui d’un homme qui a fait une croisière sur le Grand Princess, un navire qui avait quitté San Francisco au début du mois de février, a indiqué le ministère de la Santé de la province.
 

Il s’agit d’un sexagénaire de la région de Mississauga. L’homme s’est rendu dans un hôpital pour y subir les tests. Il a pu obtenir son congé pour aller se placer en quarantaine chez lui.
 

Le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, le Dr David Williams, a raconté qu’une quinquagénaire revenue mardi d’Italie s’était rendue dans un hôpital à Kitchener, où elle a été évaluée, testée et renvoyée chez elle le même jour. La patiente présentait des symptômes légers et demeure isolée chez elle.
 

L’autre cas est celui d’un homme d’une soixantaine d’années, revenu d’Iran le 29 février. Il s’est présenté mardi au service des urgences du Centre des sciences de la santé Sunnybrook, à Toronto où il a été évalué et renvoyé chez lui le même jour.