L’Ontario se prépare en vue d’une difficile saison de grippe

L’Ontario a déjà commandé 300 000 vaccins à forte dose de plus que l’an dernier, pour un total de 1,2 million de doses, d’après un porte-parole de la ministre de la Santé ontarienne.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’Ontario a déjà commandé 300 000 vaccins à forte dose de plus que l’an dernier, pour un total de 1,2 million de doses, d’après un porte-parole de la ministre de la Santé ontarienne.

Inquiet devant la perspective de devoir affronter une saison grippale particulièrement difficile, le ministère de la Santé de l’Ontario a commencé à faire des réserves de vaccins antigrippaux à forte dose. De son côté, le Québec ne s’inquiète pas outre mesure.

L’Ontario a déjà commandé 300 000 vaccins à forte dose de plus que l’an dernier, pour un total de 1,2 million de doses, d’après un porte-parole de la ministre de la Santé ontarienne, Christine Elliott. Il est toutefois difficile de dire quand ils seront disponibles.

C’est la situation actuelle en Australie, en pleine saison grippale, qui a alerté la ministre de la Santé de l’Ontario. La grippe y est arrivée très tôt cette année en ce début d’hiver, dès le mois d’avril. Les autorités australiennes déplorent déjà plus de 200 morts et indiquent que le nombre d’hospitalisations imputables à la grippe est trois fois plus élevé qu’à l’habitude pour un mois de juillet.

Le vaccin à forte dose commandé par le ministère sera administré aux personnes plus vulnérables, comme les personnes âgées. Le vaccin a déjà fait ses preuves l’an passé, selon Mme Elliott.

Au Québec

Contrairement à sa province voisine, le Québec ne s’inquiète pas outre mesure de la situation.

Le ministère de la Santé précise qu’il a commandé les doses habituelles comme recommandé par les experts mondiaux de l’Organisation mondiale de la santé et par Santé Canada. « Le ministère demeure attentif à la situation et ajustera ses actions si nécessaire. »

Le médecin épidémiologiste à l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) Gaston De Serres abonde dans ce sens, expliquant qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter pour le moment. « On voit comment ça évolue en Australie et on en discute depuis plusieurs semaines, mais on n’est pas inquiets. »

D’après lui, les probabilités que l’Amérique du Nord connaisse une saison grippale similaire à celle de l’Australie sont en fait minimes.

« L’expérience nous a montré que la situation en Australie n’est pas nécessairement indicatrice de ce qu’il va se produire ici, au Canada et aux États-Unis. » Le Dr De Serres donne l’exemple de l’hiver 2018 : alors que l’Australie a enregistré très peu de cas de grippe pendant l’hiver, l’Amérique du Nord a quant à elle vécu une saison grippale régulière avec un bon nombre de cas d’influenza.

« L’influenza nous réserve souvent des surprises, mais ce n’est pas le temps de s’inquiéter », ajoute Gaston De Serres.

Des données de l’Agence de la santé publique du Canada montrent que, lors de la saison grippale 2018-2019, 34 % des adultes âgés de 18 à 64 ans au Canada ont été vaccinés. Chez les aînés, 70 % des gens ont été immunisés.

Avec La Presse canadienne