La crise du fentanyl arrive aux portes de la métropole

Le directeur de la Santé publique présentait hier soir son plan régional 2016-2021.
Photo: Cliff Owen Associated Press Le directeur de la Santé publique présentait hier soir son plan régional 2016-2021.

Alors que la crise des opioïdes frappe de plein fouet un peu partout en Amérique du Nord, le directeur de la Santé publique de Montréal, le Dr Richard Massé, anticipe son arrivée à Montréal.

« Nous sommes conscients qu’on commence à retrouver ces mêmes produits, comme le fentanyl, ici, et que la crise est à nos portes », dit le Dr Massé.

Il espère qu’en 2017, la naloxone, un antidote aux surdoses, sera offerte en vente libre dans les pharmacies pour améliorer son accès. Des ambulanciers et des policiers en sont équipés pour le moment.

« Le réseau d’alerte est fonctionnel et, pour l’instant, il n’y a pas d’augmentation significative du nombre de surdoses », constate-t-il.

Plan quinquennal

Le directeur de la Santé publique présentait hier soir son plan régional 2016-2021 aux divers partenaires, sur qui il compte pour mener son projet à terme — la Ville, les écoles, les organismes communautaires, les établissements de santé, les services de garde, etc. Il a partagé ses priorités en entrevue avec Le Devoir.

Au-delà des inquiétudes liées à l’arrivée du fentanyl, le Dr Massé estime que la santé collective des Montréalais a besoin du coup de pouce que la Santé publique veut lui donner en insufflant un brin de prévention à tous les niveaux, que ce soit par l’ouverture de sites d’injection supervisée d’ici quelques mois ou par un meilleur accès aux transports en commun, par exemple.

Un investissement

« C’est un investissement pour les Montréalais. Si on veut améliorer la santé des gens, on doit tous regarder ce qu’on peut faire », explique-t-il. Alors que la Direction de santé publique a subi des compressions de 34 % dans les dernières années, ces partenariats sont devenus cruciaux pour conserver une certaine force de frappe, observe le Dr Massé. « En travaillant ensemble, nous allons faire plus », lance-t-il, confiant, même s’il a dû faire des choix parfois difficiles.

Sur la planche à dessin, il y a des urgences et du travail à long terme. Par exemple, les trois sites d’injection supervisée fixes ainsi que le site mobile pourraient ouvrir aussi tôt que le mois d’avril prochain. « On espère ouvrir le premier en avril ou en mai, et tous d’ici juin, indique le Dr Massé. Ça devrait être possible à moins d’un pépin. »

Le logement comme priorité

Le plan d’action pour la métropole veut agir sur 30 déterminants de la santé, de la grossesse à la vieillesse.

Par exemple, la Santé publique veut faire plus en matière de logement, alors que le tiers des Montréalais sont aux prises avec un logement soit insalubre, soit trop cher.

« On veut intensifier notre travail pour inspecter les logements, mais aussi améliorer l’offre, notamment en logements sociaux, qui est déficiente, dit le Dr Massé. On met beaucoup l’accent sur les environnements favorables, poursuit-il. On ne veut pas que toutes nos activités se traduisent par des interventions auprès des individus, on souhaite améliorer les conditions qui favorisent la santé. Nous avons un rôle de catalyseur auprès de nos partenaires sur le terrain. C’est un engagement collectif qu’on prend autour de la prévention ! »

Participation sociale des aînés, enquête sur les habitudes de vie des élèves, transports actifs, accès à une alimentation saine… « Le réseau de la santé ne peut pas travailler seul sur la prévention », résume Richard Massé, qui constate, satisfait, l’enthousiasme avec lequel les divers acteurs ont accepté de l’appuyer.

1 commentaire
  • Christian Debray - Abonné 27 janvier 2017 07 h 59

    Décriminaliser les drogues et en réglementer l’accès est la seule solution. Décriminaliser ne veut pas dire donner un accès libre. Le réseau de la santé ne fera jamais la promotion des drogues.
    C’est une merveilleuse idée de retirer les revenus des mains du crime organisé pour le donner au gouvernement.
    Le Portugal a compris.