Des médecins de famille chinois formés à la manière de l’Université d’Ottawa

Le système de santé chinois est reconnu pour son efficacité et son approche moderne.
Photo: Phalin Oi CC Le système de santé chinois est reconnu pour son efficacité et son approche moderne.

La même structure, la même matière, les mêmes cours : profitant du manque criant de médecins de famille en Chine, l’Université d’Ottawa s’apprête à y effectuer une première incursion, en « exportant » carrément son programme de formation médicale à Shanghai.

Dès l’automne 2016, l’établissement bilingue offrira dans la ville la plus peuplée de Chine la même formation médicale de quatre ans qu’elle offre actuellement aux étudiants d’Ottawa, cette fois en partenariat avec l’Université Jiao-Tong, l’une des plus réputées de Shanghai. Une trentaine d’étudiants devraient faire partie de la première cohorte.

C’est la première fois qu’une école chinoise adopte de façon intégrale un programme d’études médicales nord-américain, souligne le doyen de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, le Dr Jacques Bradwejn. Les étudiants suivront leur formation principalement en anglais, mais des discussions sont en cours afin d’offrir certains volets de la formation en français, à la demande de la Chine.

Si le système de santé chinois est reconnu pour son efficacité et son approche moderne, les soins de première ligne demeurent à ce jour inégaux, notamment en raison d’un nombre insuffisant de médecins de famille.

« Pendant des années, la Chine a négligé les soins primaires et a énormément développé la médecine spécialisée, explique le doyen. Dans des villes comme Shanghai, on a plein d’hôpitaux ultramodernes très bien équipés, mais tout ce qui est médecine familiale est manquant. L’accès aux médecins de famille est difficile, dans les grandes villes et dans les villes moins bien nanties. C’est pour cela que nos programmes les intéressent. »

Voilà un peu plus de deux ans que les deux universités sont en pourparlers. De plus en plus d’universités chinoises cherchent en effet à établir des partenariats avec des universités nord-américaines afin d’élargir l’offre de certains programmes de formation dans des domaines où la pénurie se fait sentir, en Chine.

L’« importation » du programme de l’Université d’Ottawa comporte de nombreux avantages tant pour la Chine que pour l’Université d’Ottawa, soutient le Dr Bradwejn. En effet, les programmes de médecine s’échelonnent généralement sur six années en Chine, contre quatre en Amérique du Nord. L’entente prévoit par ailleurs des échanges et des recherches communes.

Les deux universités ont commencé à mettre sur pied des programmes d’internat en médecine familiale, et des médecins résidents de l’Université d’Ottawa pourraient aller acquérir une expérience clinique pratique là-bas, ce qui permettra aux étudiants canadiens de profiter du fort volume qui caractérise les hôpitaux chinois afin d’y observer des procédures médicales rarissimes ici. Les étudiants en médecine à l’Université d’Ottawa pourront, à terme, aller suivre certains cours à Shanghai, comme des cours de médecine traditionnelle chinoise ou encore de mandarin.

Les étudiants de Shanghai pourront quant à eux effectuer une partie de leurs études à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa. Cela ne leur permettra toutefois pas de travailler au Canada sans avoir préalablement vu leurs diplômes reconnus par les autorités canadiennes, comme tout diplômé d’un programme médical étranger tentant d’immigrer au Canada, précise le Dr Bradwejn.

1 commentaire
  • Beth Brown - Inscrite 15 octobre 2014 21 h 49

    Peut-être?

    "des discussions sont en cours afin d’offrir certains volets de la formation en français, à la demande de la Chine." sic

    Le médecin de famille que je cherche depuis 3 ans sera peut-être chinois, qui sait?