Un juge impose la plus lourde peine jamais donnée à un chauffard au Québec

Le juge de la Cour du Québec Jean-Louis Lemay a souligné que la gravité du crime nécessitait une peine exemplaire.
Getty Images iStockphoto Le juge de la Cour du Québec Jean-Louis Lemay a souligné que la gravité du crime nécessitait une peine exemplaire.

La justice a imposé la plus lourde peine jamais infligée à un chauffard dans l’histoire du Québec, vendredi matin. Éric Légaré, qui a fauché la vie de quatre personnes l’automne dernier, écope de 16 ans de pénitencier, du jamais vu pour ce genre de crime.

Le 2 septembre dernier, dans une zone limitée à 70 km/h, Éric Légaré avait percuté à plus de 130 km/h la voiture arrêtée de la famille Fletcher-Lemieux. À bord : Shellie Fletcher-Lemieux et son père James à l’avant, Emma Lemieux et son grand frère Jackson à l’arrière. Âgés, respectivement, de 44, 68, 10 et 14 ans au moment de la tragédie.

Le chauffard était fortement intoxiqué à l’arrière de son volant au terme d’un après-midi consacré à enfiler les verres au Pub du Parvis, situé dans le quartier Saint-Roch. Sa facture, au moment de quitter l’établissement, frôlait 100 $, prix cumulé de sept verres de vin et de trois shooters.

Des vidéos captées à l’intérieur du pub et montrées à la cour au cours du procès ont montré Éric Légaré titubant de plus en plus au fil de cet après-midi fatidique. Au moment d’embarquer dans son véhicule, il avait mis plus de 3 minutes à quitter son espace de stationnement, visiblement en peine d’effectuer la manœuvre et incapable d’actionner la marche arrière.

Après l’impact survenu à un feu rouge situé sur l’autoroute Dufferin-Montmorency, au nord-est de Québec, le taux d’alcool dans le sang d’Éric Légaré s’élevait à plus du double de la limite permise par la loi. Le taux de THC dépassait aussi par deux fois la proportion tolérée.

Éric Légaré, 44 ans, avait plaidé coupable aux accusations de conduite avec les facultés affaiblies et de conduite dangereuse ayant causé la mort portées contre lui. Il avait affirmé que la pandémie et les confinements successifs avaient miné son moral et qu’il avait trouvé refuge dans une consommation grandissante de cannabis.

L’homme avait récolté huit infractions pour excès de vitesse depuis une première condamnation pour conduite en état d’ébriété, en 2017.

La couronne réclamait l’imposition d’une peine de 18 ans à 20 ans de pénitencier pour le récidiviste. La défense, de son côté, plaidait pour une sentence de 10 ans, soulignant les remords du condamné, sa volonté de se prendre en main et le soutien que sa famille et ses proches se disaient prêts à lui accorder.

Le juge de la Cour du Québec Jean-Louis Lemay a tranché pour 16 ans de pénitencier, alléguant que la gravité du crime imposait une peine exemplaire.

 

Éric Légaré se voit aussi imposer l’interdiction de conduire pendant 25 ans.

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