En photos | Sauver la pêche à la fascine

Alors que plus de 800 pièges fixes tapissaient les côtes du Saint-Laurent il y a 120 ans, il n’en reste plus qu’un seul utilisé pour vendre le capelan, celui des Gauthier de l’Anse-au-sac. Sauver la pêche à la fascine de la disparition, c’est en effet le projet de titan qu’a entrepris Julie Gauthier.

1 En 1871, le Québec comptait 1369 pêcheries fixes, plus de 870 étant situées en zone de marée du fleuve Saint-Laurent jusqu’aux environs de Trois-Rivières et sur le Saguenay. Dans Charlevoix, tout s’arrêtait net dès quand le capelan « roulait » sur la grève, à la première lune d’avril. On se pressait pour ramasser à la pelle ces vifs éclairs d’argent. Sur les battures, les branchailles et les longs filets des fascines étaient dressés vers le large, comme des voiles de mariés, en l’honneur de cette manne inespérée. Francis Vachon Le Devoir
2 Il n’en reste plus qu’un seul utilisé pour vendre le capelan, celui des Gauthier de l’Anse-au-sac. Francis Vachon Le Devoir
3 Julie Gauthier récupère ses prises à marée basse. Sauver la pêche à la fascine de la disparition, c’est le projet de titan qu’a entrepris Julie Gauthier, fondatrice de Pêcheries Charlevoix. Francis Vachon Le Devoir
4 Faite de filets et de pieux installés sur la grève, la fascine permet de pêcher au fil des marées que ce que les clients commandent, laissant le reste aux bélugas et à la mer. « Dans la fascine, les poissons sont toujours dans l’eau. S’il n’y a pas assez de prises, ou que la marée descend trop bas, on lève les filets avant la marée basse pour relâcher le poisson. S’il y a plus de prises que ce qu’on peut traiter, on relâche aussi le surplus. » Francis Vachon Le Devoir
5 Julie Gauthier aidée de son oncle Noël Gauthier. Francis Vachon Le Devoir
6 À 36 ans, l’horticultrice a tout laissé pour retourner vivre sur la terre familiale car après 50 saisons de pêche, son oncle Noël sentait venu le temps de remiser ses filets. « Si le permis n’était pas transmis à une autre génération, c’en était fini de la pêche à la fascine dans Charlevoix, explique Julie. Un autre pêcheur le fait encore, mais seulement pour les amis et la famille. C’est là que j’ai décidé de faire le saut. » Francis Vachon Le Devoir
7 « Je suis toujours allée pêche avec mon père, mon oncle. Pour nous, c’est comme le temps des fraises. Ça revient à chaque année ! », raconte Julie. Francis Vachon Le Devoir
8 Les locaux de Pêcheries Charlevoix. Julie Gauthier possède le seul permis de pêche à la fascine commerciale au Canada. Francis Vachon Le Devoir
9 Julie Gauthier trie et pèse ses prises du jour. Francis Vachon Le Devoir
10 Julie Gauthier découpe ses prises du jour. Francis Vachon Le Devoir
11 Julie Gauthier montre ses produits surgelés. La battante de Pêcheries Charlevoix est plus que jamais déterminée à faire rayonner ses petits poissons au-delà de Sainte-Irénée. « La pandémie nous a amené plein de nouveaux clients qui souhaitent manger plus local. Des gens de Montréal, de Beauce, nous ont découverts l’été dernier, et vont venir chercher leurs commandes au mois d’août. » Francis Vachon Le Devoir

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