Le temps presse pour s’attaquer à la crise climatique, avertit l’ONU

Des vagues de chaleur extrêmes, de graves sécheresses et des incendies de forêt ont entraîné des dizaines de milliards de dollars de pertes et de nombreux décès partout sur la planète.
Photo: Fernando Vergara Associated Press Des vagues de chaleur extrêmes, de graves sécheresses et des incendies de forêt ont entraîné des dizaines de milliards de dollars de pertes et de nombreux décès partout sur la planète.

L’année 2021 doit être celle de l’action contre la crise climatique « dont les répercussions sont déjà trop coûteuses pour les populations de la planète », a exhorté l’ONU lundi, avant un sommet sur le climat organisé par le président américain Joe Biden.

« Nous sommes au bord du précipice », a mis en garde le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, lors d’une conférence de presse pour présenter le rapport annuel de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Les pays « doivent agir maintenant pour protéger les populations contre les effets désastreux des changements climatique », a-t-il ajouté.

Le rapport rappelle que l’année dernière a été l’une des trois plus chaudes jamais enregistrées et que les concentrations de gaz à effet de serre ont augmenté malgré le ralentissement économique lié à la pandémie de COVID-19. Pour l’ONU, 2021 est donc une année « cruciale » pour tenter de freiner les effets « désastreux » de la crise climatique.

L’organisation compte sur une série de sommets clés, qui commencent cette semaine, pour offrir aux dirigeants de la planète l’occasion d’agir.

Une alliance « essentielle »

Le rapport de l’OMM est publié peu avant le sommet sur le climat organisé par le président Joe Biden jeudi et vendredi. Quarante dirigeants mondiaux ont été invités à participer à ces discussions virtuelles visant à galvaniser les efforts des principales économies de la planète pour lutter contre les changements climatiques.

Ce sommet offrira une occasion pour les pays qui ne l’ont pas déjà fait d’annoncer de nouveaux objectifs climatiques ambitieux, a souligné lundi António Guterres. Washington doit notamment dévoiler ses nouvelles cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030.

Samedi, la Chine et les États-Unis, les deux plus grands pollueurs du monde, se sont engagés à « coopérer » dans la lutte contre les changements climatiques. Une alliance « essentielle », a souligné le chef de l’ONU.

« Tant que nous ne traitons pas la crise [climatique] comme une crise, nous n’arriverons pas à obtenir de changement profond », a commenté de son côté la jeune militante écologiste Greta Thunberg. À ses yeux, ce sommet doit être l’occasion de « changer les mentalités », a-t-elle soutenu lors d’un point de presse organisé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

M. Guterres compte par ailleurs sur la conférence des Nations unies sur le climat, en novembre, la COP26, pour que des « changements radicaux » interviennent enfin. En effet, les niveaux d’ambition actuels en matière de climat sont bien en deçà de ce qui serait nécessaire, estime-t-il.

« Les pays doivent s’engager à atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050, a-t-il déclaré.  Nous devons faire plus, et plus vite, dès maintenant. »

L’Accord de Paris de 2015 sur les changements climatiques prévoit de plafonner le réchauffement de la planète en dessous de deux degrés par rapport au niveau préindustriel, tandis que les pays poursuivront leurs efforts pour limiter l’augmentation à 1,5 °C. Mais l’OMM estime qu’il y a au moins une probabilité sur cinq que la température moyenne mondiale dépasse déjà temporairement la barre des 1,5 °C d’ici 2024.

« Tous les indicateurs climatiques clés […] mettent en lumière l’aspect durable et implacable du changement climatique », a résumé lundi le patron de l’OMM, Petteri Taalas, présent aux côtés d’António Guterres.

Constats inquiétants

En 2020, les concentrations des principaux gaz à effet de serre — dioxyde de carbone, méthane et protoxyde d’azote — ont continué d’augmenter malgré la réduction temporaire des émissions liée à la pandémie de COVID-19, qui a fait ralentir les économies.

Par ailleurs, selon le rapport de l’OMM, 2020 a été l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées, avec par exemple des températures ayant atteint 38 °C à Verkhoyansk en Russie, le 20 juin, du jamais-vu au nord du cercle polaire.

L’élévation du niveau de la mer s’accélère, tandis que le stockage de la chaleur et l’acidification des océans augmentent, diminuant la capacité de l’océan à modérer le changement climatique. Le rapport pointe également que l’étendue minimale de la glace de mer dans l’Arctique en septembre 2020 a été la deuxième plus faible jamais enregistrée.

En outre, un nombre sans précédent de 30 tempêtes dans l’Atlantique a été enregistré avec, à la clé, au moins 400 décès et un coût de 41 milliards de dollars de dégâts. Des vagues de chaleur extrêmes, de graves sécheresses et des incendies de forêt ont également entraîné des dizaines de milliards de dollars de pertes et de nombreux décès.

Enfin, quelque 9,8 millions de déplacements, dus en grande partie aux risques et catastrophes hydrométéorologiques, ont été enregistrés au cours du premier semestre de 2020.

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