Legault ne s’engage pas pour un Québec carboneutre en 2050

Selon le premier ministre François Legault, la carboneutralité en<br />
2050 représente un objectif «ambitieux».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Selon le premier ministre François Legault, la carboneutralité en
2050 représente un objectif «ambitieux».

Un Québec carboneutre en 2050, est-ce un objectif réaliste et réalisable par un gouvernement de la CAQ ? C’est ce que croient les jeunes militants de la Coalition avenir Québec, qui ont fait pression dimanche sur le premier ministre François Legault pour qu’il s’engage à faire ce qu’il faut maintenant pour que cet objectif devienne réalité dans 30 ans.

Questionné à ce propos, dans le cadre du congrès virtuel de la relève caquiste, le premier ministre Legault est cependant demeuré évasif, refusant de s’engager. La carboneutralité en 2050 représente un objectif « ambitieux », selon lui. Mais « je ne dis pas non », a-t-il dit, en réponse à un jeune militant.

En entrevue téléphonique, le président de la relève caquiste, Keven Brasseur, ne s’est pas montré déçu de la réponse du premier ministre. Au contraire, il dit avoir bon espoir que le gouvernement prenne cet engagement, étant donné que plusieurs pays, dont la Norvège et la Suède, se sont déjà prononcés en ce sens.

« Je n’ai pas d’inquiétude sur ce plan. Je crois que le gouvernement va répondre favorablement à cette demande dans les prochains jours », estime M. Brasseur, qualifiant l’objectif visant à ramener à zéro les émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2050 de « tout à fait réaliste ».

Je crois que le gouvernement va répondre favorablement à cette demande dans les prochains jours

La carboneutralité ne signifie pas une absence totale d’émission de GES, mais plutôt un engagement à annuler la production de carbone par diverses mesures, comme en plantant des arbres ou en achetant des crédits carbone, pour atteindre un bilan neutre.

La clé de la réduction des GES passera par l’électrification accélérée des transports, a soutenu M. Legault.

Au sujet de la protection de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques, le premier ministre a dit que le Québec avait un défi énorme devant lui, et qu’il est conscient qu’il s’agit d’une question « presque de survie de notre planète ».

Le gouvernement doit annoncer ses couleurs prochainement dans ce dossier, à la faveur d’un Plan pour une économie verte, piloté par le ministre de l’Environnement, Benoit Charette.

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a pris position pour un Québec carboneutre en 2050, de même que le premier ministre Justin Trudeau, pour le Canada tout entier. L’horizon 2050 a été fixé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

La relève caquiste a tenu un congrès virtuel de deux jours, qui s’est conclu dimanche matin par une allocution du chef du parti, M. Legault, et un échange avec quelques jeunes sous forme de questions-réponses.

La relève caquiste s’est montrée plutôt docile : le premier ministre n’a fait face à aucune question difficile, et n’a dû répliquer à aucune critique de sa gestion gouvernementale des deux dernières années.

« Convaincre les sceptiques »

En isolement préventif chez lui pour la semaine qui vient, après avoir reçu un résultat négatif à un test de dépistage de la COVID-19, M. Legault a eu recours à la plateforme Zoom pour s’adresser à la relève de son parti.

Au moment où on voit le nombre de cas de personnes atteintes du virus se multiplier, M. Legault a admis que le Québec n’était « pas sorti du bois ».

Il a demandé aux jeunes caquistes de l’aider « à convaincre les sceptiques », surtout les plus jeunes d’entre eux qui s’opposent aux mesures sanitaires en vigueur. « Ayez de l’audace ! » a lancé M. Legault aux jeunes formant la relève de son parti.

Questionné sur ses intentions dans le dossier linguistique, il a réaffirmé que son gouvernement préparait pour « bientôt » une refonte de la loi 101, qui sera axée sur la protection du français dans le monde du travail.

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