Une nouvelle campagne pour protéger les baleines noires de l’Atlantique Nord

Vingt-huit baleines noires de l’Atlantique Nord sont mortes dans les eaux nord-américaines depuis 2017.
Photo: Alexandre Shields Archives Le Devoir Vingt-huit baleines noires de l’Atlantique Nord sont mortes dans les eaux nord-américaines depuis 2017.

Un groupe environnemental réclame une action concertée des gouvernements canadien et américain pour protéger les baleines noires de l’Atlantique Nord.

Oceana a lancé sa campagne à Toronto et à Washington jeudi.

L’organisation demande aux deux pays de renforcer les mesures de protection des baleines, notamment pour prévenir les collisions avec les navires et l’empêtrement des mammifères dans du matériel de pêche.

Vingt-huit baleines noires de l’Atlantique Nord sont mortes dans les eaux nord-américaines depuis 2017, dont huit dans les eaux canadiennes seulement cet été. La population de baleines noires ne compte plus qu’environ 400 individus.

La directrice des campagnes d’Oceana Canada, Kim Elmslie, a expliqué que cette campagne binationale réclame des dirigeants une réponse urgente et concertée à cette crise.

Les recommandations comprennent une réduction des lignes verticales utilisées dans la pêche à engins fixes et la suspension de la pêche dès que des baleines noires sont détectées dans une zone particulière.

Oceana réclame également un suivi renforcé des navires de pêche, une limitation du dynamitage sismique sur le territoire de la baleine noire, la mise sur pied d’un groupe de travail élargi d’experts de la baleine noire et un financement à plus long terme pour la recherche, y compris les nécropsies qui permettent d’examiner la cause de la mort d’un animal.

Le rapport d’Oceana Canada fait également état des grandes souffrances que subissent les baleines lorsqu’elles sont empêtrées dans des engins de pêche. Elles peuvent rester coincées pendant six mois avant de mourir, généralement de noyade ou de faim.

Mme Elmslie a déclaré que les problèmes complexes de collaboration intergouvernementale sont fréquents dans le domaine de la conservation marine, où les grands animaux comme la baleine noire se déplacent dans des régions océaniques régies par différentes lois.

Un autre défi est l’impact imprévisible du changement climatique sur les océans, a-t-elle expliqué, ce qui rend difficile l’élaboration de politiques efficaces alors que les animaux adaptent leur comportement.

Les baleines noires aiment se nourrir de petits poissons appelés copépodes, et les scientifiques pensent que les baleines suivent leurs proies dans le golfe du Saint-Laurent, alors que les températures montent dans les eaux plus méridionales qu’elles fréquentaient auparavant. Cette migration a accru le risque de collision entre les mammifères et les navires.

« Elles font face à des menaces qu’elles n’ont jamais rencontrées auparavant, parce que leur nourriture est en train de changer, et nous pourrions continuer à voir de nouveaux changements dans les années à venir, a dit Mme Elmslie. C’est ce qui rend la tâche difficile. »

Certaines des recommandations d’Oceana visent à éclairer ces éléments inconnus, comme le financement de nécropsies plus détaillées. Selon Mme Elmslie, ce financement permettrait de mieux comprendre les plus grands risques auxquels font face les baleines.