D’autres travaux sur le pipeline Trans-Nord

Pipeline Trans-Nord mène présentement des travaux d'«urgence» sur son pipeline de kérosène dans un secteur résidentiel de Laval.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Pipeline Trans-Nord mène présentement des travaux d'«urgence» sur son pipeline de kérosène dans un secteur résidentiel de Laval.

En plus des interventions d’urgence en cours sur son pipeline qui transporte du kérosène jusqu’à l’aéroport de Montréal, l’entreprise Trans-Nord a demandé au moins cinq autres autorisations de travaux au gouvernement du Québec au cours des dernières semaines. Dans tous les cas, les opérations sur la conduite doivent être réalisées dans des milieux humides ou près de cours d’eau de la région de Montréal.

Les informations obtenues par Le Devoir auprès du ministère de l’Environnement du Québec indiquent que Pipeline Trans-Nord souhaite mener des travaux d’« inspection » et d’« entretien » à plusieurs endroits sur son réseau de transport de produits pétroliers.

En vertu de la législation québécoise, l’entreprise est en effet obligée de demander un certificat d’autorisation au gouvernement du Québec si elle souhaite mener de tels travaux d’excavation dans des milieux humides, près de cours d’eau ou directement dans des cours d’eau. Le gouvernement du Québec n’est donc pas systématiquement tenu d’approuver les travaux menés sur ce pipeline, construit en bonne partie en 1952.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Entre le 6 juin et le 19 juillet, Pipeline Trans-Nord a néanmoins déposé cinq demandes d’autorisation pour les travaux à venir au cours des prochaines semaines dans la grande région de Montréal.

Entre le 6 juin et le 19 juillet, Pipeline Trans-Nord a néanmoins déposé cinq demandes d’autorisation pour les travaux à venir au cours des prochaines semaines dans la grande région de Montréal. Dans tous les cas, les demandes sont toujours « en analyse », précise le ministère. Ces travaux doivent être menés sur les territoires de Montréal, de Laval, de Dorval, de Senneville et de Vaudreuil-Dorion, indiquent les données du ministère de l’Environnement.

Dans trois cas, les opérations d’excavation sont prévues dans la « bande riveraine » de cours d’eau. Une autre autorisation est demandée pour l’inspection d’un tronçon du pipeline situé « en plaines inondables et en milieux humides ». La dernière autorisation de travaux « d’inspection et d’entretien » est liée à des excavations dans un « marécage arborescent ».

Travaux d’urgence

Par ailleurs, trois autres demandes d’autorisation de travaux ont été déposées et accordées au cours des derniers mois pour des opérations de réparation, notamment dans « les zones inondables » de la rivière des Mille-Îles, en plus du feu vert accordé le 6 août dernier pour les travaux d’« urgence » en cours à Laval.

Jeudi, Le Devoir a d’ailleurs constaté que des travaux étaient en cours à deux endroits dans le secteur Fabreville de Laval, le long de la rue des Charmes, près du boulevard Sainte-Rose. À cet endroit, le pipeline Trans-Nord est situé en partie en zone boisée, près de la rivière des Mille-Îles.

La conduite de transport de kérosène traverse aussi directement la cour de résidences. Sa présence est signalée par des affiches « Attention : pipeline d’huile ». Dans un des cas, les travaux d’excavation ont d’ailleurs nécessité de gruger une partie d’un terrain résidentiel, tout juste à côté d’une piscine et de balançoires pour enfants.

Interpellée sur les travaux en cours et à venir, Pipeline Trans-Nord précise que « quatre excavations de surveillance d’intégrité ont été réalisées et deux autres sont en cours et devraient être terminées prochainement. Nous nous attendons à pouvoir bientôt reprendre les activités normales du pipeline ».

Photo: Pipelines Trans-Nord

« La surveillance est une activité régulière proactive de Pipeline Trans-Nord afin d’assurer l’intégrité et la sécurité de nos pipelines », ajoute l’entreprise, dans une réponse écrite.

L’Office national de l’énergie, l’organisme fédéral qui réglemente les pipelines, indique pour sa part qu’il « continue de surveiller étroitement les activités de l’entreprise afin de s’assurer que des mesures appropriées sont prises pour protéger les personnes et l’environnement ». L’organisme « ne permettrait pas l’exploitation d’un pipeline à moins qu’il soit sûr », assure son porte-parole, Marc Drolet.

Le pipeline Trans-Nord est responsable à lui seul de six des treize incidents liés aux pipelines au Québec répertoriés par l’Office national de l’énergie depuis 2008. Au cours des prochaines années, cette conduite doit être utilisée de façon intensive dans le cadre du projet de terminal maritime de carburant qui doit être construit à Montréal-Est.