Déversement sur une plateforme pétrolière au sud de la Nouvelle-Écosse

Photo: Alexandre Shields Le Devoir Situé à près de 300 km au sud-est d’Halifax, ce secteur est situé au coeur d’un couloir migratoire important pour plusieurs espèces de cétacés, dont les baleines noires.

La pétrolière BP, à l’origine de la pire marée noire de l’histoire américaine, vient de déverser plus de 136 000 litres de boues de forages en pleine mer, au sud de la Nouvelle-Écosse. Le déversement est survenu dans le cadre d’un forage en eaux profondes autorisé il y a deux mois par le gouvernement de Justin Trudeau.

Selon les informations publiées sur le site de l’Office Canada — Nouvelle-Écosse sur le pétrole extracôtier, le déversement aurait été provoqué par un mauvais fonctionnement du système de conduites qui transporte les boues de forages dans le cadre du forage exploratoire.

Toujours selon l’organisme réglementaire, quelque 136 000 litres de boues de forages ont été déversés sous l’eau, à environ 30 mètres de profondeur. Cette quantité équivaut à quelque 900 barils. Ces boues, utilisées pour lubrifier les tiges de forages, coulent habituellement très rapidement vers les fonds marins.

Photo: MarineTraffic.com La plateforme West Aquarius

En raison de ce déversement, le forage exploratoire mené à partir de la plateforme West Aquarius a été suspendu, a indiqué l’Office Canada — Nouvelle-Écosse, par voie de communiqué. Ce forage se déroule à une profondeur de près de 3000 mètres, soit le double de la profondeur du forage exploratoire qui a mené à la catastrophe de Deepwater Horizon, dans le golfe du Mexique.
 

Feu vert fédéral

Ce premier incident survient seulement deux mois après l’approbation, par le gouvernement fédéral, d’une nouvelle campagne de sept forages par la pétrolière BP. La pétrolière détient 14 000 km2 de permis d’exploration dans ce secteur, situé à près de 300 km au sud-est d’Halifax.

« Le projet de BP est passé par un processus d’évaluation environnemental et il est assujetti à de strictes conditions », a affirmé la ministre Catherine McKenna, au moment d’approuver le projet de la pétrolière. « Nous allons le surveiller étroitement », a-t-elle ajouté, en rappelant que le gouvernement se préoccupe « grandement » de la protection des milieux marins.


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Selon ce qu’a aussi précisé son cabinet, à la suite de l’évaluation environnementale fédérale, ce projet « n’est pas susceptible d’entraîner des effets environnementaux négatifs importants ».

En plus de son potentiel en énergies fossiles, ce secteur est connu pour sa grande biodiversité. Il est aussi situé au coeur d’un couloir migratoire important pour plusieurs espèces de cétacés, dont les baleines noires.

Selon la documentation produite par le gouvernement fédéral en vertu de la Loi sur les espèces en péril, l’exploration pétrole constitue une « menace » directe sur l’habitat de ce cétacé, pour lequel Ottawa a mis en place des règles strictes de protection dans le golfe du Saint-Laurent.