Un projet minier controversé obtient un autre feu vert

Sydney — Le gouvernement du Queensland a octroyé dimanche des licences d’exploitation minière au groupe indien Adani pour un gigantesque projet critiqué pour son impact possible sur la Grande Barrière de corail, classée au patrimoine de l’Humanité.

Le groupe indien a cependant déclaré qu’il attendrait l’issue des recours en justice introduits contre le programme Carmichael pour engager des financements définitifs.

Le gouvernement de l’État du Queensland a annoncé que trois licences d’exploitation — portant sur 11 milliards de tonnes de charbon — avaient été accordées pour ce projet houiller de 21,7 milliards de dollars australiens. « C’est un important pas en avant, décidé après une évaluation exhaustive du gouvernement », a dit la première ministre du Queensland, Annastacia Palaszczuk, dans un communiqué. « Les conditions les plus strictes continueront de protéger les intérêts de l’environnement, des propriétaires de terrains et notre emblématique Grande Barrière de corail ».

Ce projet de mine de charbon, qui deviendrait l’une des plus vastes au monde, est dénoncé par des associations de défense de l’environnement, qui le jugent néfaste pour le plus grand récif corallien de la planète.

Poursuites

Adani a salué cette annonce, qui donne au groupe davantage de visibilité alors qu’il veut entamer les travaux en 2017. Mais il a regretté les recours en justice, qui, avec la nécessité d’obtenir le feu vert des autorités à la fois fédérales et de l’État, font traîner la procédure depuis six ans. « La priorité pour Adani, c’est l’obtention de certains feux verts mineurs et la résolution des recours juridiques motivés par des considérations politiques, avant toute décision finale d’investissement », a prévenu un porte-parole.

Au moins deux recours juridiques barrent encore la route d’Adani.

L’un d’eux a été formé par un groupe aborigène qui a saisi la cour fédérale de Brisbane en reprochant à Adani de ne pas avoir sollicité son consentement.

L’Australian Conservation Foundation a de son côté saisi la Cour fédérale australienne d’un nouveau recours contre le feu vert gouvernemental d’octobre.

Études alarmantes

Une étude a révélé mardi que la Grande Barrière traversait actuellement l’un des plus graves épisodes de blanchissement des coraux.

En outre, d’après une étude réalisée par l’Institut australien de la science maritime publiée samedi, les efforts engagés par les autorités pour limiter le déversement de polluants dans la zone « ne devraient pas suffire à protéger les écosystèmes dans les temps voulus ».

« Notre étude montre que les efforts actuels sont insuffisants pour parvenir aux objectifs de qualité de l’eau fixés par le plan », a déclaré à l’Australian Broadcasting Corporation le chercheur Frederieke Kroon. « Les polluants terrestres, y compris les sédiments, nutriments et pesticides agricoles, restent l’une des principales menaces pour la Grande Barrière ».

2 commentaires
  • Gerald Chouinard - Inscrit 3 avril 2016 17 h 46

    Créer une des plus grandes mines de charbon au monde...en 2016

    C'est aussi - certains disent "surtout" - l'augmentation de la température de l'eau qui fait mourir la vie dans les coraux. Et ce n'est pas que l'extraction du charbon, mais aussi, bien sûr, son utilisation comme combustible. J'aimerais bien que quelqu'un m'explique comment un tel permis peut être octroyé alors que rien ne va plus à l'encontre des engagements de l'Australie (et des autres pays) pris au sommet de Paris. Ces dirigeants se mettent tous la tête dans le sable afin de fuir la réalité et pour pouvoir continer à vivre dans le rêve d'une terre sans limites. Pourtant la science est formelle et sans équivoquqe: il ne nous reste que quelques dizaines d'années avant de basculer, si rien n'est fait. Dites-moi que j'ai tort si vous le pensez, que je voie combien d'autres rêvent encore!

    • Daniel Bérubé - Inscrit 4 avril 2016 12 h 54

      Nous n'avons malheureusement pas de contrôle sur "les rêves" des autres... mais disons qu'ici, il s'agirait plus de cauchemards que de rêves...