Feu vert à un mégaprojet d’exploitation de charbon

Malgré les impacts environnementaux redoutés par plusieurs, les autorités viennent de donner le feu vert à un mégaprojet minier d’exploitation de charbon dans le nord-est de l’Australie. Le combustible fossile sera exporté à partir d’un port situé non loin de la Grande barrière de corail.

L’État australien du Queensland a donc donné son accord mardi au projet de la multinationale Adani. Cette entreprise entend exploiter pas moins de 60 millions de tonnes de charbon par année, pour ensuite exporter la production vers différents marchés.

Le conglomérat Adani estime que la seule extraction produira trois milliards de tonnes de gaz à effet de serre au cours de la durée de vie de la mine. Sa combustion entraînera aussi l’émission de 130 millions de tonnes de gaz à effet de serre chaque année — l’équivalent du cinquième des émissions canadiennes —, selon une évaluation de Greenpeace.

Menace environnementale

Ce mégaprojet minier va de pair avec la construction d’un chemin de fer qui doit permettre de transporter le minerai jusqu’au port en eau profonde Abbot Point, situé dans le nord-est du pays, à 20 kilomètres de la Grande barrière de corail.

Le projet du groupe Adani augmentera d’ailleurs de 70 % les exportations de charbon de ce port, dont l’agrandissement a été autorisé en décembre dernier par le gouvernement australien.

Un projet qui a été contesté au cours des dernières années, en raison des risques pour la Grande barrière. Il faut dire que l’état de santé de cet écosystème unique ne cesse en effet de se détériorer. Inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1981, elle a notamment perdu la moitié de ses coraux en à peine trois décennies.

D’autres menaces risquent fort de nuire au retour des coraux. Toute la zone maritime souffre de plus en plus des impacts de l’acidification des océans, un phénomène directement lié à l’accroissement constant des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Une situation que le charbon contribue d’ailleurs à aggraver.

Conditions à Adani

Après le feu de l’Australie pour le projet de mine, intervenu l’automne dernier, le département de l’Environnement et de la Protection du patrimoine de l’État du Queensland a validé mardi le projet, mais en fixant 140 conditions, dont neuf qui concernent directement le diamant à bavette, une espèce de passereau dont le secteur du projet minier est un des derniers refuges.

Dans un communiqué, le département se dit persuadé que les conditions « strictes permettent que la mine ne pose aucun risque inacceptable pour l’environnement » et assure que son impact sera étroitement surveillé.

Au moins deux recours juridiques barrent encore la route d’Adani. L’un d’eux a été formé par un groupe aborigène qui a saisi la cour fédérale de Brisbane en reprochant à Adani de ne pas avoir sollicité son consentement. La Australian Conservation Foundation a de son côté saisi la Cour fédérale australienne d’un nouveau recours contre le feu vert gouvernemental d’octobre.

« À l’heure où les cours du charbon s’effondrent, où des pays comme la Chine, les États-Unis ou même le Vietnam ferment progressivement leurs mines, le gouvernement du Queensland devrait présenter un plan de reconversion pour les ouvriers du charbon, plutôt que de soutenir les projets qui vont dans le mur comme Carmichael », a estimé mardi Greenpeace dans un communiqué.

4 commentaires
  • Normand Bélair-Plessis - Inscrit 2 février 2016 17 h 13

    L'avenir

    Quelle bonne idée !
    Non, mais vraiment?

  • Luc Quesnel - Abonné 2 février 2016 20 h 37

    Feu vert à l'exploitation d'un nouvelle mine de charbon

    Jobs! Jobs! Jobs!
    Cela ressemble étrangement à ce qui se passe avec les sables bitumineux, l'oléoduc et le projet de société canadienne. Bien sûr, pas de consultation des premières nations car pour notre confort, ces personnes n'existent pas.
    Cela ressemble aussi à l'ouverture de l'Abitibi-Témiscamingue. Même aujourd'hui, Matamec, une minière junior, veut ouvrir une mine de "Terres rares" directement à la tête du lac Kipawa, un des lus beaux lacs du Québec. Il a fallu l'obliger à présenter le projet au peuple Anishinabe qui vit là depuis quelque temps déjà!
    Résultat: Pour rendre le projet acceptable, ils ont fait miroiter les 150 jobs que le projet pourrait créer sur 10 -15 ans. On va vous en réserver !
    Le capitalisme meurtrier suit son modèle, qu'importe que ce soit ici, là ou ailleurs. Le confort au détriment de la vie !
    Il faut changer ce modèle d'extraction basé sur le chantage. Commençons ici.

  • Denis Desmeules - Abonné 3 février 2016 09 h 39

    Bande de Caves !

    Vous etes pas écoeurés de mourir ?

  • Jacques Lapointe - Abonné 3 février 2016 17 h 04

    La barrière de corail.

    Un port près de la barrière de corail qui se détériore déjà, à cause de l'acidification de l'océan, c'est évident que c'est la fin pour cette barrière. Le cash immédiat. Le touriste après, ne sera pas très abondent. Mais le capitaliste sauvage lui, ne pense qu'à maintenant, plustart il s'en fout, on le voie avec Énergie est, Le futur çà ne les regardent pas. Belle mentalité.