Le Québec doit «sortir du pétrole»

Un collectif lié au mouvement Élan global lance ce mercredi, Jour de la Terre, une vidéo dans laquelle il presse le Québec de « sortir du pétrole » et de se tourner vers « les énergies propres ».

« Nous avons peut-être encore besoin de pétrole, mais nous avons aussi le devoir de tout mettre en oeuvre pour nous en libérer », résume ainsi l’acteur Emmanuel Bilodeau, qui assure la narration de cette capsule vidéo d’un peu moins de trois minutes obtenue par Le Devoir.

Or, ce serait tout le contraire qui se produit à l’heure actuelle. En fait, les auteurs de cet « appel » en images affirment que le Québec assiste plutôt à une « invasion » de son territoire. On mentionne ainsi l’augmentation marquée du transport de pétrole brut par train, les projets de pipelines et les projets d’exportation d’or noir par bateau.

Dans un contexte de bouleversements climatiques, il serait pourtant « impératif » de se tourner vers « les énergies propres ». « Le Québec a fondé son identité énergétique sur deux valeurs fondamentales : le partage de la richesse et une énergie propre. Ce n’est pas là que le pétrole nous entraîne », insiste le texte lu par M. Bilodeau, tandis que défilent les paysages québécois.

Apport de Dominic Champagne

« Disons non à l’invasion de notre territoire par les énergies sales, ajoute-t-il. Exigeons que le Québec se dote d’un plan crédible pour nous sortir du pétrole. » Ce projet est co-piloté par le metteur en scène Dominic Champagne.

Élan global se veut en fait une réponse au préjugé favorable du gouvernement Couillard envers l’exploitation pétrolière et gazière au Québec, mais aussi envers les projets de pipelines qui visent le territoire de la province. Les évaluations environnementales en cours pour ces filières indiquent d’ailleurs que le gouvernement a l’intention d’ouvrir toute grande la porte aux énergies fossiles.

Le collectif a lancé au début du mois un manifeste cosigné par 200 personnalités issues des milieux culturel, environnemental, économique, universitaire et politique. Un peu moins de 15 000 personnes avaient signé le manifeste en fin de journée mardi.

19 commentaires
  • Denise Lauzon - Inscrite 22 avril 2015 04 h 17

    La protection de l'environnement comme principale enjeux


    On parle beaucoup de terrorisme ces jours-ci et il est vrai que c'est un problème majeur. Cependant, il faut garder en tête ce qui menace la planète entière cad la surexploitation des ressources naturelles et l'utilisation d'énergies polluantes dont le pétrole, le charbon et le nucléaire. Il faut aussi dénoncer la déforestation massive. Il faut dénoncer la monoculture du maïs qui utilise énormément d'insecticides, de pesticides et d'engrais chimiques et ces résidus polluent nos lacs, nos rivières et nos fleuves. Ici, dans la région du Richelieu, cette pollution des lacs et rivières a considérablement réduit les stocks de poissons. J'ai un ami qui a 50 ans et qui a grandi à Sorel. Il me racontait que quand il était jeune, la pêche dans la région était florissante alors qu'aujourd'hui il n'y a quasiment plus rien à pêcher.

    • Jean Richard - Abonné 22 avril 2015 09 h 36

      Vous avez en grande partie raison. Quelques bémols ou quelques oublis toutefois !

      Parmi les moyens de produire de l'électricité, le nucléaire est le moins polluant. Il est toutefois à risque élevé, ce qui nous amène avec raison à y tourner le dos.

      Par ailleurs, vous ne mettez pas l'électricité parmi les énergies polluantes. Or, sur l'ensemble de la planète, l'électricité est principalement produite à partir de la combustion du charbon, plus polluante que le pétrole et beaucoup plus polluante que le gaz. Certains diront alors : et l'hydroélectricité ? Propre propre propre ? Non ! Pas si propre quand on sait que si on devait s'en servir pour combler tous les besoins de la planète, ce serait un véritable désastre. Quand on détourne des rivières de leur lit naturel, quand on érige des barrages pour faire des réservoirs, on ne le fait pas toujours dans le respect de l'environnement. Et si par ailleurs vous survolez le territoire compris entre les grands barrages et le sud du Québec, vous comprendrez que les lignes de transport d'électricité ne se fondent pas tout-à-fait dans le paysage, et que si la forêt ne repousse pas sous les fils, il y a une bonne raison. Enfin, toute la lumière n'est pas faite sur les effets du rayonnement électromagnétique émis par les lignes à haute tension sur la faune, en particulier la faune migratrice. La déforestation due à l'hydroélectricité, ce n'est pas un mythe.

      Enfin, la désolation des champs de maïs en monoculture ne doit pas nous faire oublier une autre monoculture invasive, aussi nourrie d'engrais, de pesticides et d'herbicides sélectifs, et j'ai nommé la pelouse des banlieues. Cette banlieue asphalte-gazon qui ne cesse de s'étendre sur le territoire est aussi une agression de l'environnement.

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 22 avril 2015 13 h 23

      A Mr Jean Richard
      La nature ne reprend pas ses droits en dessous des lignes éléctriques, car elle est coupée régulierement par un service d'entretien, donc votre remarque est disons assez amusante...
      Par contre c'est un fait que l'énergie eléctrique produite a l'aide de barrages est pas si propre, dans le sens ou les surfaces inondées degagent plus de mercure que les normes acceptables..

  • Pierre M de Ruelle - Inscrit 22 avril 2015 09 h 13

    Plutot le contraire!

    Que le pétrole sorte du Quebec! au sens propre, au sens figuré , dans tous les sens, afin qu'il nous aide en l'exploitant a ne plus dépenser 14 milliards de dollars a l'étranger... Y avez vous pensé!!!

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 avril 2015 12 h 11

      Ça durera combien de temps? Dix ans? Vingt ans? Et de retour à la case départ, avec vingt ans de retard.

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 22 avril 2015 15 h 21

      A mon humble avis, non Mr Auclair, l'un n'empeche pas l'autre, on peut exploiter le pétrole ( en autant qu'on en trouve) ce qui est fort théorique, et en attendant rien ne nous empeche de dévelloper et d'améliorer nos sources d'énergies en choisissant les plus concurrentielles et les moins dommageables....

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 22 avril 2015 09 h 43

    Il y aurait beaucoup plus à dire...

    2) qu'il faut aller sur le site : elanglobal.org/signataires..et signer le registre.
    1) lire le Manifeste pour un Élan global
    4) que le Coriolis11, navire de recherche de UQAR, a perdu son port d'attache de
    Rimouski parce que ce dernier est en décrépitude et qu'Ottawa semble loin d'une
    solution pour le rénover...très loin et ...(on continue donc le travail de sape...)
    3) qu'un média comme... La Presse et Al...ain Dubuc se font un plaisir de démolir le
    Manifeste (article du 16 avril 2015)
    5) qu'il arrive un temps où il y a des choix à faire...NOUS devons NOUS impliquer.

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 22 avril 2015 14 h 00

      Chère Madame
      5. qu'il arrive un temps .....
      Comme rouler en trottinete...Pas mal dur l'hiver....

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 avril 2015 14 h 49

      Monsieur de Ruelle, expliquez-nous donc comment il se fait que la Suède émet trois moins moins de dioxyde de carbone par habitant que le Canada? Encore le climat, peut-être?

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 22 avril 2015 17 h 29

      Ici on ne fait pas ses valises lorsque ça va mal au pays...
      on essaie de faire passer ses idées...sans se faire ridiculiser par le premier venu.

    • Patrick Boulanger - Abonné 22 avril 2015 21 h 40

      @ M.de ruelle

      M. de ruelle, la trottinette est en effet un moyen de transport actif difficile à utiliser l'hiver. Toutefois, il n'est pas le seul moyen de transport qui est à notre portée.

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 23 avril 2015 09 h 00

      @Mme Sévigny Nicole D
      Loin de vouloir ridiculiser vos propos, je voulais seulement je reconnais avec maladresse décrisper ces débats redondants...je vous présente mes sincères escuses et vous prie de les accepter...
      pierre m de ruelle

    • Jean-Yves Arès - Abonné 23 avril 2015 09 h 57

      « expliquez-nous donc comment il se fait que la Suède émet trois moins moins de dioxyde de carbone par habitant que le Canada?»

      On se le demande, en effet, comment ils font.

      Surtout qu'ils ne sont pas du tout ''sorti du pétrole''.

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 23 avril 2015 12 h 39

      Mr Arès Jean-Yves
      Population du Canada 2015: 35,702,000 habitants
      Suède: 9, 593,000 habitants

      Non inclus tout ce qui grouille qui bouge a 4 pattes ou 2 pattes dans ces 2 pays respectifs et qui rejettent dans l'air du gaz carbonnique ou dioxyde de carbonne .
      notre population (non inclue les animaux dont je vous fais grace) ... est plus ou moins 4 fois plus nombreuse , se pourrait il alors qu'il soit normal que nous en rejetons plus ( dioxyde de carbone) ?

    • Sylvain Auclair - Abonné 23 avril 2015 14 h 54

      Monsieur De Ruelle, j'ai bien écrit: par habitant!

  • Jean Richard - Abonné 22 avril 2015 10 h 05

    Énergie propre ?

    « il serait pourtant « impératif » de se tourner vers « les énergies propres » »

    Vous connaissez l'histoire de cette personne qui, obèse, espérait perdre du poids en remplaçant le beurre par la margarine ? On ne peut s'empêcher d'y penser quand on entend le discours québécois orienté vers le rêve hydroélectrique.

    Remplacer le gaz et le pétrole par l'électricité, c'est remplacer le beurre par la margarine, rien de moins, car il semble que l'on oublie de s'attaquer à la véritable source du problème : la voracité énergétique.

    On pourrait aussi voir la chose sous une autre facette. Tiens, une bonne bière fraîche à la fin d'une journée d'été, c'est tout ce qu'il y a de plus sain. Mais trois ou quatre litres de cette boisson houblonnée, ça s'approche davantage du poison que de la santé.

    Idem avec l'énergie. La surconsommation en fera toujours un poison, un poison pour l'environnement surtout, peu importe qu'il s'agisse de gaz, de pétrole, de charbon ou d'électricité, même celle produite en engloutissant des forêts pour les remplacer par des réservoirs d'eau (ce qui contribue à modifier le climat, ne l'oublions pas).

    Sortir entièrement du pétrole à court et à moyen terme, c'est une utopie. Réduire notre dépendance à cette forme d'énergie, c'est possible. Mais la façon la plus probable d'y arriver n'est pas de remplacer le pétrole par de l'électricité pour entretenir notre voracité énergétique, mais de réduire notre dépendance à la surconsommation d'énergie en s'attaquant à cette voracité, cette obésité.

    Comme nord-américains, nous faisons partie du club des plus grands consommateurs d'énergie par tête de pipe de la planète. Mais sommes-nous vraiment ceux qui jouissent du niveau de vie le plus élevé ? Il semble que non. Le gaspillage d'énergie d'améliore pas notre niveau de vie. Il pourrait même faire le contraire.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 23 avril 2015 10 h 03

      Sage réflexion !

      La plus efficace façon de réduire votre consommation de pétrole au Québec c'est de réduire vos déplacements...

  • Daniel Bérubé - Abonné 22 avril 2015 17 h 48

    Inquiétez-vous donc pas...

    Comme certains disent çi-haut, tout ça donne rien, et à les entendre, l'hydro-électricité est tout autant coupable du réchauffement climatique que celle produite au charbon, alors...

    Laissons aller la chose tout simplement, d'ici peu, sans doute, nous arriverons au "fond du baril", et à ce moment, UN gouvernement mondial prendre la planète en main et nous imposera SA recette, auquel nous n'aurons pas de choix électoral ou référendaire. Es-ce que ce sera le bon choix ? Les générations à venir seule pourront y répondre...

    Ne pas oublier que les trois partis politique au Québec étant le plus sujet à reprendre le pouvoir dans 3 ans sout tous d'accord avec l'exploitation pétrolière au Québec, voir même les gaz de shiste... alors compter sur la politique pour y trouver solution semble parfois des plus utopique.