Des eaux de plus en plus acides

La hausse de la température globale semble inévitable. Dépasser la limite d’une hausse de 2 °C serait catastrophique en matière de perte de biodiversité marine, avec tous les impacts que cela engendre.
Photo: Agence France-Presse (photo) Agence France-Presse La hausse de la température globale semble inévitable. Dépasser la limite d’une hausse de 2 °C serait catastrophique en matière de perte de biodiversité marine, avec tous les impacts que cela engendre.

Les changements climatiques constituent la pire menace environnementale de l’histoire. Leurs effets se feront d’ailleurs particulièrement sentir dans les océans, à moins de freiner rapidement les émissions de CO2. Un objectif pour le moment hors d’atteinte.

 

Une des manifestations déjà bien perceptibles est l’acidification des eaux qui recouvrent 70 % de la planète. Les océans absorbent en effet le tiers du carbone atmosphérique, soit environ 130 milliards de tonnes par an. Or l’utilisation massive des énergies fossiles a provoqué une hausse marquée et continue des émissions de CO2, ce qui a entraîné une augmentation de l’acidité des océans d’environ 30 % au cours des dernières décennies.

 

Ce phénomène entraîne des bouleversements rapides qui frappent de plein fouet la vie marine. Certaines populations de mollusques sont désormais menacées. L’acidification nuit notamment à la capacité des larves d’huîtres de se construire une coquille, selon les résultats des travaux menés par des scientifiques de l’organisation American Geophysical Union.

 

Si la concentration de CO2 dans l’atmosphère continue de croître, les récifs de corail risqueront carrément l’extinction, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature.

 

Réduire le CO2 ?

 

« Le taux d’acidification des océans n’a jamais été aussi élevé depuis 65 à 300 millions d’années, fait valoir Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat chez Greenpeace. Ce taux ne pourra diminuer que si nous réduisons drastiquement les émissions de CO2 générées par notre utilisation des combustibles fossiles. »

 

Pour le moment, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) prédit plutôt que les émissions continueront de grimper, et avec elles la concentration de CO2 dans l’atmosphère. L’objectif de limiter la hausse du climat à 2 °C au cours du présent siècle apparaît donc de plus en plus hors d’atteinte.

 

« Les risques de perte de biodiversité marine, avec tous les impacts que cela engendre, resteront élevés même si le réchauffement planétaire est limité à 2 °C. Dans ce contexte, dépasser les 2 °C serait catastrophique pour nos océans », prévient Patrick Bonin.

 

En l’état actuel des choses, la hausse pourrait facilement dépasser les 4 °C. Les pêcheries mondiales risquent ainsi de connaître des reculs significatifs, selon les scientifiques du GIEC. Dans les zones les plus méridionales, notamment, plusieurs espèces devraient carrément disparaître.

 

« Les effets du changement climatique risquent […] de compromettre la viabilité de la pêche de capture et du développement de l’aquaculture », reconnaît également l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

 

Le Programme international sur l’état des océans va plus loin et prévient que le réchauffement des océans et leur acidification entraînent un troisième phénomène, soit une hypoxie généralisée (chute des niveaux d’oxygène). « Ces trois facteurs se retrouvent dans chacune des extinctions de masse de l’histoire de la Terre », concluent-ils.


 

À voir en vidéo

1 commentaire
  • Michel Grégoire - Abonné 3 mai 2014 15 h 37

    Documentaire

    Je recommande fortement le documentaire du réalisateur Canadien Rob Stewart qui s'intitule Revolution et qui traite de l'acidification des océans et ses conséquences sur l'ensemble de la vie sur terre. Documentaire tout aussi beau que bouleversant.

    http://www.therevolutionmovie.com