Antarctique - Moscou et Pékin rejettent la création d’aires marines protégées

Les eaux de l’océan Austral autour de l’Antarctique abritent des écosystèmes exceptionnels, avec des milliers d’espèces animales.
Photo: Andrew Halsall Associated Press Les eaux de l’océan Austral autour de l’Antarctique abritent des écosystèmes exceptionnels, avec des milliers d’espèces animales.

La Chine et la Russie sont parvenues à faire avorter deux projets de création d’aires marines protégées en Antarctique. Un échec pour la protection d’une région du globe de plus en plus menacée par le développement industriel et les bouleversements climatiques.

Les membres pays de la Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique, réunis en Australie, ont de nouveau conclu leur rencontre annuelle sans résultats concrets. Pour une troisième fois, deux projets de sanctuaires marins ont été rejetés à l’initiative de la Chine et de la Russie.

 

Les États-Unis et la Nouvelle-Zélande proposaient de protéger une aire de 1,25 million de km2 en mer de Ross, une immense baie, côté Pacifique, sous juridiction néo-zélandaise. La France, l’Australie et l’Allemagne recommandaient de leur côté la création de sept aires marines protégées côté océan indien, sur une étendue de 1,6 million de km2.

 

Mais comme ce genre de décision doit être prise au consensus, le non de Pékin et de Moscou a suffi pour faire avorter ces projets. La prochaine tentative des partisans de la protection ne pourra pas survenir avant l’automne 2014.

 

Si cette décision politique a déçu les écologistes, elle n’est pas surprenante. En octobre 2012, lors de la réunion annuelle des pays membres de la Convention, la Russie, la Chine et l’Ukraine s’étaient opposées aux projets d’aires marines par crainte de voir les possibilités de pêche trop fortement réduites. Il faut dire que les intérêts économiques des pays réfractaires sont de plus en plus manifestes. Lors d’une réunion consultative du traité de l’Atlantique qui s’est tenue en juin 2011, Moscou avait annoncé sa volonté de lancer des prospections de minerais et d’hydrocarbures en Antarctique, y compris dans les zones marines. Ces recherches potentiellement lucratives seraient impossibles si les aires protégées étaient créées.

 

Les eaux de l’océan Austral autour de l’Antarctique abritent des écosystèmes exceptionnels, avec des milliers d’espèces animales, en bonne partie préservées des activités humaines. D’importantes populations d’oiseaux, de phoques, de cétacés et de pingouins trouvent leur alimentation dans ces eaux. En plus de cette précieuse biodiversité, cet univers relativement peu touché par l’activité humaine présente un intérêt majeur pour les scientifiques.

 

Mais la région subit de plus en plus les impacts des bouleversements climatiques. L’imposant couvert de glace qui recouvre le continent Antarctique fond beaucoup plus rapidement que ce qu’imaginaient jusqu’ici les chercheurs, selon ce qui ressort d’une récente étude internationale.

14 commentaires
  • John Plaice - Inscrit 2 novembre 2013 08 h 17

    Quelle fonte accélérée?

    Un regard sur le site Cryosphere Today (University of Illinois Urbana-Champaign) donne une étendue de glace antarctique actuelle de 15,472 millions de km², c'est -à-dire 1,061 million de km² de plus que la moyenne de 1979 à 2008.

    La fonte accélérée est dans les modèles, pas dans les faits.

    • Cristo Latendresse - Inscrit 2 novembre 2013 11 h 58

      Les chiffres les plus récents, publiés mercredi 11 septembre par le centre de référence en la matière, le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) américain, montrent ainsi que la banquise s'est encore rétrécie depuis août, à 5,1 millions de km2, soit bien en deçà de la moyenne des minimums observés entre 1979 et 2012, qui s'établit à 6,1 millions de km2.

      http://nsidc.org/arcticseaicenews/

      On parle de mauvaise foie ou de manque de rigeur?

    • Cristo Latendresse - Inscrit 2 novembre 2013 12 h 38

      Les chiffres les plus récents, publiés mercredi 11 septembre par le centre de référence en la matière, le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) américain, montrent ainsi que la banquise s'est encore rétrécie depuis août, à 5,1 millions de km2, soit bien en deçà de la moyenne des minimums observés entre 1979 et 2012, qui s'établit à 6,1 millions de km2.

      http://nsidc.org/arcticseaicenews/

      Mauvaise foi ou manque de rigeure?

    • John Plaice - Inscrit 2 novembre 2013 15 h 34

      Je me permets de vous rappeler que les manchots vivent en Antarctique et les ours polaires vivent dans l'Arctique.

    • Yvan Dutil - Inscrit 4 novembre 2013 17 h 12

      Monisieur Latendresse, en Antarctique, le mécanisme est différent. Je ne sais pas si vous avez remarqué au pôle nord, il y a un océan, au pôle sud un continent. Dans le cas de l'Antarctique, il y a deux mécanimes qui expliquent l'augmentation de l'extension des glaces. D'une part, une modification du régime de vent qui étire la banquise. D'autre part, la baisse de la salinité due à l'augmentation de la fonte des glaciers ce qui rend l'eau plus facile à geler. Dans les deux cas, les changements climatiques jouent un role.

      La nature n'est pas toujours triviale à comprendre. Mais, on peut toujours préférer les théories du complot.

    • Maxime St-Jacques - Inscrit 5 novembre 2013 07 h 02

      Les ours polaires vivent aussi en Antarctique. Mais pendant ce temps, encore des déversements dans les eaux de l'estuaire du Saint-Laurent.
      L'océan, lorsqu'il sera souillé, il n'y en aura plus des statistiques de neige fondue en arctique. Vous perdez votre temps simplement.

      Que faire me diriez vous? nager.

  • Josette Allard - Inscrite 2 novembre 2013 08 h 33

    Greenpeace

    Pourquoi croyez-vous que les militants de Greepeace ont fait l'objet d'arrestations en Russie? Ils étaient et sont toujours les empêcheurs de tourner en rond que n'aime pas le gouvernement Poutine.

  • Philippe R. Richard - Inscrit 3 novembre 2013 01 h 50

    Pas de pingouins

    À ma connaissance, il n'y a pas de pingouins en Antartique.

    • François-Luc Valiquette - Inscrit 4 novembre 2013 12 h 41

      Et les manchots empereur, ce ne sont pas des pingouins ça!

    • Gilles Théberge - Abonné 4 novembre 2013 17 h 41

      Il n'existe plus de pingouins. Le dernier a été tué par un Britannique à la fin du 19e siècle. Si ma méroire est bonne quelque part sur la cöte de Terre Neuve.

      Cette horreur (parmi d'autres) est recensée avec une grande précision dans le livre «Demain seuls au monde» d'Emmanuelle Grundmann http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/04/09/de

      Il n'y a plus de Pingouins sur terre monsieur Valiquette, ni ici ni ailleurs ni enb Antarctique. Il n'existe plus que des manchots.

  • Murray Henley - Inscrit 4 novembre 2013 10 h 00

    Étendue record de glace en 2013 dans l'Antarctique

    La deuxième section de cette page, après les données pour l'Arctique, montre que cette année, la glace a atteint une étendue record dans l'Antarctique:

    http://wattsupwiththat.com/reference-pages/sea-ice

    • Yvan Dutil - Inscrit 4 novembre 2013 17 h 13

      Voir ma réponse un peu plus haut. C'est un effet secondaire des changements climatiques. Plus de chaleur=moins de glace, ce n'est pas aussi trivial que cela. Évidemment, comme c'est un peu plus complique, cela doit nécessairement être un complot.

    • Murray Henley - Inscrit 4 novembre 2013 19 h 17

      Effectivement, M. Dutil, c'est évident: Moins de glace s'explique par le réchauffement climatique, alors que plus de glace s'explique aussi par le réchauffement climatique...

      Sans s'engager dans un débat, j'ai déjà vu une autre explication, soit les micro-oscillations de la Terre sur son axe. Celles-ci font que le Pôle Nord s'incline davantage vers le soleil, ce qui favorise la fonte des glaces au Nord. En contrepartie, l'incidence des rayons solaires au pôle Sud diminue, ce qui suscite l'effet inverse.

      il y a nombre d'autres explications basées sur les vents et courants marins.

      Une chose est certaine cette année: par rapport à l'an dernier, les maxima de glace au pôle Nord et au pôle Sud sont tous les deux en croissance.

      Certains émettent même l'hypothèse qu'une nouvelle mini ère glaciaire serait à nos portes:

      http://www.bbc.co.uk/blogs/paulhudson/posts/Real-r

    • Yvan Dutil - Inscrit 5 novembre 2013 07 h 03

      Visiblement monsieur Henley, vous ête mélangé.

      La variation de l'obliquité de la Terre et de son excentricité explique les cycles des galaciations. C'est connue depuis une cinquantaine d'années. Le problème est que cela ne va pas du tout dans le sens de ce que l'on observe.

      Pour ci que est d'un grand minimum solaire, cela ne peut au mieux que ralentir légèrement la croissance de la température.