Chasse à la baleine - Guerre de mots entre le Japon et l’Australie

Chasse à la baleine par un bateau japonais.
Photo: Glenn Lockitch/Sea Shepherd Australia Chasse à la baleine par un bateau japonais.

Le Japon a accusé mardi l’Australie de vouloir imposer l’interdiction de la chasse à la baleine en Antarctique, lors de sa première journée de prise de parole devant la Cour internationale de justice. Attaqué par Canberra devant le plus haut organe judiciaire des Nations unies, Tokyo a défendu ses campagnes de chasse annuelles, affirmant que celles-ci sont menées au nom de la science.


« Je suis convaincu qu’il s’agit d’une tentative unilatérale de ce pays d’imposer l’interdiction de toute chasse à la baleine », a déclaré le vice-ministre japonais des Affaires étrangères Koji Tsuruoka au cours de la première de trois journées d’audiences, à La Haye. « L’Australie ne peut imposer ses vues à d’autres nations », a-t-il lancé.


« Le Japon a toujours vécu en harmonie avec la nature au cours de son histoire, a ajouté M. Tsuruoka. Entouré par la mer, le Japon sera le dernier pays à utiliser abusivement les baleines. »


Pour la science


« Cette chasse à la baleine n’est pas commerciale, elle est scientifique », a-t-il également soutenu. Il a ainsi affirmé que le programme de chasse a pour but de prouver que les populations de baleines peuvent supporter une chasse commerciale sans être menacées. Les États membres de la Commission baleinière internationale autorisent d’ailleurs la mise à mort de baleines à des fins « scientifiques », mais sans imposer de restrictions sur les prises.


Chaque année, le Japon tue donc des petits rorquals dans les eaux du sanctuaire baleinier dans l’océan Austral. Cette zone a été mise en place en 1994 dans le but de permettre de rebâtir des populations de cétacés, après des décennies d’une chasse particulièrement destructrice. Seul le Japon s’est opposé à la création de ce sanctuaire. Environ 10 000 animaux y ont été tués depuis 1987, soit l’année suivant l’imposition d’un moratoire sur la chasse commerciale. La viande des baleines est vendue au Japon, où les stocks s’accumulent depuis des années, en raison de la diminution de la consommation.


Pour le commerce


Canberra, opposée depuis plusieurs années à la chasse pratiquée par le Japon, a déposé une plainte officielle à la Cour internationale de justice en mai 2010, après avoir tenté de négocier une réduction progressive des prises annuelles dans les eaux ceinturant l’Antarctique. L’objectif avoué de l’Australie est de mettre fin au programme de chasse que pratique Tokyo.


En prélude à l’audience de mardi, l’un des avocats de l’Australie, Bill Campbell, a de nouveau soutenu à des journalistes qu’il s’agit « d’une chasse commerciale que le Japon tente de faire passer comme scientifique ».


L’Australie avait pris la parole du 26 au 28 juin. Le Japon s’exprimera jusqu’à jeudi, mais un deuxième tour de plaidoiries est prévu. Une décision des juges de la CIJ n’est pas attendue avant des mois.


Outre le Japon, l’Islande et de la Norvège continuent de tuer des baleines. Ces deux pays le font toutefois sur une base commerciale, puisqu’ils rejettent le moratoire. L’Islande harponne des rorquals communs, une espèce menacée de disparition.