Récupération: quatre nouveaux programmes voient le jour

Le ministre Pierre Arcand a annoncé hier de nouveaux programmes de récupération.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministre Pierre Arcand a annoncé hier de nouveaux programmes de récupération.

Quatre nouveaux programmes de récupération viennent d’être lancés par Québec, pour les appareils électroniques, les piles, les lampes au mercure, ainsi que les nettoyeurs à freins et les antigels.


Le consommateur pourra désormais porter ses appareils électroniques et informatiques, ses piles rechargeables ou non rechargeables, ainsi que ses tubes fluorescents ou fluocompacts dans un plus grand nombre de centres ou magasins désignés, en plus des Éco-centres.


Le ministre du Développement durable et de l’Environnement, Pierre Arcand, en a fait l’annonce, hier à Montréal, aux côtés de Recyc-Québec et d’un grand nombre de recycleurs, récupérateurs et utilisateurs de ces produits.


Le service sera mis en place graduellement. « Si on prend l’exemple des piles, il y a 900 points de dépôt au Québec, dont les Éco-centres, auxquels s’ajoutent Rona, Canadian Tire, La Source, Bureau en gros, Batteries Experts, Future Shop, Sears et les Centres du rasoir. Ces gens-là vont pouvoir reprendre les piles qui sont là. [Pour ce faire], ils ont créé la Société de recyclage de piles rechargeables du Canada, qui supervise ces opérations », a illustré le ministre Arcand.


Vidéotron, par exemple, a étendu la portée de son entente avec Jour de la Terre Québec. Des boîtes de collecte installées dans 240 points de vente permettront de récupérer non seulement les appareils mobiles, mais aussi les câbles, les chargeurs, les télécommandes, les piles, les accessoires et, à compter de juillet 2013, le matériel informatique.


Dans certains cas, le producteur visé a plutôt négocié une entente avec une entreprise de récupération, et c’est cette dernière qui devra récupérer le produit en fin de vie.


Ce système de récupération accessible au consommateur existait déjà pour les restes de peinture, de teinture et de vernis, par exemple, qui pouvaient être retournés dans 1100 points de vente, notamment dans les magasins Rona, Réno-Dépôt, Home Dépôt, Canac Marquis, BMR, Coop fédérée, Matériaux à bas prix, Bétonel et Patrick Morin.


Le service de récupération sera théoriquement gratuit pour le consommateur. Interrogé à ce sujet, le ministre Arcand a répondu qu’il ne croyait pas qu’il devrait y avoir d’augmentation de prix pour le consommateur.


Des gens de l’industrie présents à la conférence ont toutefois exprimé des doutes à ce sujet, rappelant que le consommateur finit toujours par payer le coût des débours supplémentaires que doivent faire les entreprises pour que leurs produits soient récupérés.


Québec se donne comme objectif, d’ici 2015, de récupérer 20 % des piles non rechargeables et 25 % des piles rechargeables.


Pour les lampes, l’objectif de récupération d’ici 2015 est de 40 % pour les tubes fluorescents, 30 % pour les fluocompacts et 40 % pour les autres lampes au mercure.


Pour les appareils électroniques, d’ici 2015 Québec espère que sera récupéré 40 % de l’ensemble des matières électroniques, sauf les téléphones. Pour les téléphones portables et les téléphones en général, l’objectif est de 25 %.


Pour les antigels et les nettoyeurs à frein en aérosol, l’objectif est de 25 % d’ici 2015.

9 commentaires
  • Daniel Houx - Inscrit 20 juillet 2012 04 h 55

    Pessimisme

    Je ne suis pas particulièrement optimiste vis à vis tous les programmes de récupération où le consommateur doit se déplacer pour aller déposer ses déchets récupérables. C'est tellement plus facile de les jeter aux ordures.

    Idéalement le bac de recyclage devrait servir pour tout objet qui est recyclable. Tant que nous n'arriverons pas à recycler en passant par ce bac, les résultats risquent d'être bien modeste.

    • Karianne Pilote - Inscrite 20 juillet 2012 13 h 42

      De plus, je voulais simplement dire que Oui notre système de recyclage n'est pas parfaitement au point, mais il fonctionne. De plus, je trouve bien que plusieurs centres de recupération d'appareils soient maintenant les magasins où la plupart des gens vont pour faire leurs achats.. C'est comme apporter son sac réutilisable à l'épicerie... seulement tu t'en débarasses à la sortie.

      On peut commencer par ça.. peut-être que le recyclage au Québec sera plus efficace et pourra tout prendre dans son fameux BAC DE RECYCLAGE.. Déjà que le triage semble complexe, de rajouter toutes sortes d'appareils en plus des liquides.. cela semble un dur travail..

      PS: La petite histoire peut aussi bien fonctioner par la vision du transport en commun en donnant unpeu de sous à la fille pour qu'elle ait prendre l'autobus. (Pour ceux qui n'ont pas de voiture).

    • Johanne Bouthillier - Inscrite 20 juillet 2012 13 h 48

      Idéalement le bac de recyclage devrait servir pour tout objet qui est recyclable. Tant que nous n'arriverons pas à recycler en passant par ce bac, les résultats risquent d'être bien modeste.

      D'accord. C'est là que je mets mes vieilles piles, par exemple, espérant qu'on comprenne qu'il est inutile de créer des systèmes et des organismes spécialisés pour chaque type de déchets.

      C'est l'évidence même. Raffinons le ramassage des bacs et concentrons nos efforts à adapter les centres de tri pour les différences catégories de déchets.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 21 juillet 2012 10 h 40

      Je ne crois pas qu’idéalement le bac devrait être le lieu unique de recyclage. On met déjà trop de chose pêle-mêle dans nos bac avec le résultat que les contenants de vitre viennent polluer et nuire sérieusement au recyclage du papier. La chose est d’autant plus frustrante qu’il n’y a aucun inconvénient à enfouir le verre qui est de même nature que la roche…

      Le bac unique implique toujours une mauvaise récupération ou le trie mécanique qui vas suivre auras obligatoirement d’importante raté a tout séparé ce qui a été tout mélangé et compacté. Au bilan on retrouve souvent 30% du contenu du bac vert qui va directement à l’enfouissement…

      Un recyclage efficace ne peut passer que par la séparation des produits a la source chez le consommateur avec différent bac cueillit séparément.

  • Jean Richard - Abonné 20 juillet 2012 07 h 48

    Programme boiteux

    À Montréal, un adulte sur deux n'a pas de voiture. Alors, est-ce qu'une personne sans voiture va prendre un taxi pour aller porter son téléviseur analogique (qui fonctionnait encore très bien, mais que l'imposition du numérique a rendu inutile) à un écocentre ? Sans doute que non. Pour bien des gens, ce n'est pas qu'une solution de facilité, mais aussi une question de coût.

    Toujours à Montréal, le système de recyclage actuel cause des problèmes de propreté qui commence à exaspérer bien des citoyens. Chaque lendemain de la cueillette, il faut ramasser des papiers qui volent au vent, des contenants de plastique qui sont tombés du bac et que les préposés à la cueillette ont laissé tomber dans leur course affolée.

    Par ailleurs, la récupération faite par certains marchands leur permet de se fabriquer une image vertueuse. Mais s'est-on posé la question à savoir où allaient tous ces objets récupérés ? Grâce à internet, on peut maintenant avoir accès à des stations de télévision qui ne sont ni la SRC, ni TVA et surtout, ni les grosses chaînes américaines. Or, quand on voit un jour des images venues d'Afrique montrant des montagnes de vieilles carcasses d'ordinateur semées dans le décor et dont les Africains ignorent la provenance, on doit se poser des questions. Nos objets vertueusement récupérés seraient-ils en réalité rendus dans de nouvelles poubelles cachées à la face des occidentaux ?

    Enfin, les programmes de récupération n'ont que rarement été accompagnés de programmes de réduction et de réutilisation. Or, c'est plutôt là qu'il faut agir, mais l'industrie n'est pas d'accord.

    • Christian Lamontagne - Inscrit 20 juillet 2012 09 h 37

      Très bonne observation sur les ordinateurs "recyclés" en Afrique. Merci de nous rappeler cette histoire. M. Louis-Gilles Francoeur pourrait-il nous donner le fin mot de l'histoire?

  • Francois Parent - Inscrit 20 juillet 2012 07 h 52

    Responsabiliser davantage notre consommation

    Il y aura sans doute une augmentation des frais pour récupérer les matériaux cela aura pour effet de mieux gérer nos achats et en prendre la total responsabilité. Cela aure pour effet de mieux conscientiser les gens à leur consommation. Quand je me marche dans la rue et que je vois tout ce que l'on jette, je trouve cela ahurissant de voir notre irresponsabilité vis-à-vis nos déchets. C'est trop facile de jeter tout sur notre bord de rue.

    Il faudrait interdire de ramasser par exemple les appareils électrique et etc au même titre que la peinture. Il est grand temps que les citoyens ce responsabilise de ce qu'il consomme.

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 20 juillet 2012 10 h 00

    plus d'objets consignés, des montants de consigne augmentés

    "Des gens de l’industrie présents à la conférence ont toutefois exprimé des doutes à ce sujet, rappelant que le consommateur finit toujours par payer le coût des débours supplémentaires que doivent faire les entreprises pour que leurs produits soient récupérés."

    Sans même considérer la responsabilité tout au long du cycle de vie d'un produit, dont on tente d'externaliser les couts sur l'ensembledes citoyens. Le recyclage, et surtout la réutilisation, souvent n'est pas une dépense mais un moyen de se réaprovisionner à plus faible cout pour l'entreprise.

    Par exemple les bouteilles d'eau : mettre en place un système de réutilisation, pour que les embouteilleurs puissent réavoir les bouteilles et simplement les laver, ça sauve de l'argent. Il faut un montant de consigne pour encourrager le retour du contenant et obtenir des taux de retour de >90%, alors une chaine de réaprovisionnement pour réutilisation avec consigne ne fait pas que sauver de l'argent à l'entreprise, ça devient un moyen de subsistance pour les plus mal pris économiquement.

    Des taux de retour de l'ordre de >90% sont aussi possible avec un consignage des lampesau mercure.

    Il y a un vision de l'environnement à changer auprès des entreprises, qui continuent à voir leur responsabilité environnementale comme une dépense, quand souvent c'est un moyen d'économiser.

    Guillaume Blouin-Beaudoin

  • Richard Laroche - Inscrit 20 juillet 2012 12 h 31

    Gisements-dépotoirs

    D'ici quelques décennies, il sera plus rentable d'excaver le site d'un ancien dépotoir que de creuser une mine dans le nord.

    La richesse en métaux rares des appareils électroniques et la pauvreté de la terre nous y obligera.