Enseignants et élèves heureux de revenir en classe

À l'école Saint-Romain, Elena Ruest (à droite, accompagnée de la directrice, Marie-France Labelle) était ravie de retrouver ses 25 élèves. C’est la première fois qu’elle les voit en personne depuis près d’un mois.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir À l'école Saint-Romain, Elena Ruest (à droite, accompagnée de la directrice, Marie-France Labelle) était ravie de retrouver ses 25 élèves. C’est la première fois qu’elle les voit en personne depuis près d’un mois.

Une ambiance électrisante régnait dans la classe de première année d’Elena Ruest mardi matin. Êtes-vous contents de revenir à l’école ? « Ouiiiiii ! » Avez-vous passé de belles vacances ? « Ouiiiiii ! » Avez-vous aimé la tempête hier ? « Ouiiiiii ! »

« On sent que c’est la pleine lune », dit en riant l’enseignante, rencontrée dans sa classe de l’école primaire Saint-Romain, du Centre de services scolaire Marie-Victorin, à Longueuil.

Elena Ruest était ravie de retrouver ses 25 élèves. C’est la première fois qu’elle les voit en personne depuis près d’un mois. L’année scolaire a commencé en ligne à cause de la flambée des cas du variant Omicron. Le retour en classe, prévu lundi, a été reporté d’une journée à cause de la tempête de neige.

Plus de 1,4 million d’élèves de 3097 écoles (publiques et privées) sont revenus en classe mardi. Comme tous les jours de pleine lune, les élèves étaient fébriles. Ou d’humeur maussade, c’est selon. Dans la classe d’Elena Ruest, un garçon gigote sur sa chaise. Il enlève son masque. Il bougonne.

Mets ton masque, Émile. « Non. » As-tu joué dans la neige hier ? « Non. » As-tu passé de belles vacances ? « Non. »

« Il y a des journées comme ça », dit l’enseignante, toujours calme. Elena Ruest a confiance que le reste de l’année scolaire se passera bien malgré la pandémie qui s’éternise. Le lecteur de dioxyde de carbone fixé au mur du local indique 1024 parties par million (ppm) de CO2 dans l’air. Moins que le seuil jugé critique de 1500 ppm. « Je vais ouvrir les fenêtres pendant la récréation pour faire circuler l’air », explique-t-elle.

Un retour savoureux

 

Un peu plus loin, dans la classe de sixième année de Geneviève Bourbeau, les élèves sont plutôt silencieux en ce matin de retour à l’école. Ils ont les yeux « dans la graisse de bines », comme s’ils sortaient du lit. « C’est le premier matin qu’on se lève de bonne heure depuis un mois », explique un élève.

Quand on leur demande s’ils préfèrent les cours en ligne ou en classe, les avis sont partagés. À cet âge, les jeunes apprécient les minutes de sommeil supplémentaires rendues possibles par l’école à distance. Leur enseignante a quand même travaillé fort pour leur faire savourer le retour en classe : elle distribue des muffins pour fêter deux anniversaires d’élèves.

Geneviève Bourbeau est aussi contente de revenir à l’école. Elle se sent en sécurité malgré la vague Omicron. « Je ne suis pas de nature anxieuse. On ouvre les fenêtres quand ça sent la sixième année dans le local », dit-elle en souriant.

Une routine pandémique

 

La bonne humeur régnait partout à l’école Saint-Romain. « On veut tous être à l’école. La place des enfants est ici », dit Marie-France Labelle, directrice de cet établissement de 625 élèves.

Très peu d’élèves étaient absents mardi matin. Le décompte final n’était pas fait, mais la journée s’annonçait « normale ». Deux des 95 membres du personnel (une enseignante et une surveillante d’élèves) étaient retenues en isolement à la maison à cause de la COVID-19. Elles ont été remplacées.

« Pour nous, c’est la routine : ça fait deux ans qu’on vit avec le virus. On a juste à maintenir la même vigilance qu’avant », explique Marie-France Labelle.

Le Devoir avait visité cette école en mai 2020, au moment où le retour en classe se préparait après la première vague de la pandémie. L’anxiété était à son comble. Le virus restait encore méconnu. Les gens étaient sur leurs gardes.

Près de deux ans plus tard, le décor est le même. Des panneaux de plexiglas se dressent un peu partout dans le bâtiment. Les sourires restent cachés derrière un masque. On croise une station de savon désinfectant tous les 10 mètres. La distanciation est toujours de mise, autant que possible. Mais l’anxiété a fait place à une certaine confiance dans cette école primaire.

Des parents informés

 

Environ 25 infections au coronavirus sont survenues à l’école Saint-Romain depuis le début de la pandémie, selon la directrice. Pourtant, seule la moitié du bâtiment (l’aile la plus récente) est munie d’un système de ventilation mécanique. Les mesures sanitaires jouent leur rôle, estime Marie-France Labelle.

Rien n’est laissé au hasard. Au moment de notre visite, des employés désinfectaient à l’aide de lingettes humides 200 ordinateurs portables qui avaient été prêtés à des élèves pour l’enseignement à distance.

« La communication avec les parents est cruciale. Ils comprennent qu’ils doivent garder leurs enfants à la maison s’ils ont des symptômes de la COVID », dit la directrice. Une équipe « unie », qui travaille en étroite collaboration, contribue aussi à la cohésion au sein de l’école.

Les parents ont des tests rapides de dépistage à la maison. L’école en possède aussi, pour renvoyer chez eux des élèves qui développeraient des symptômes durant la journée.

Ailleurs dans le réseau scolaire, les directions d’école se croisaient les doigts pour avoir assez de personnel en cette rentrée qui survient en pleine montée des hospitalisations dues au variant Omicron. Nos sources indiquent que le retour en classe s’est généralement bien passé. Des profs manquaient à l’appel, mais des suppléants étaient au rendez-vous dans la plupart des cas.

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