Une école de Sherbrooke fermée en raison de 33 cas de COVID-19

Il s’agit de la première fermeture d’une école depuis le début de la quatrième vague, selon la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement.
Photo: Rebecca Grabill Getty Images Il s’agit de la première fermeture d’une école depuis le début de la quatrième vague, selon la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement.

L’école primaire du Cœur-Immaculé, à Sherbrooke, ferme ses portes pour deux jours en raison d’une éclosion majeure de COVID-19 entre ses murs. En date de lundi matin, l’établissement comptait 33 cas répartis dans 13 de ses 34 classes, selon la Santé publique de l’Estrie. Pratiquement tous les niveaux scolaires sont touchés.

Il s’agit de la première fermeture d’une école depuis le début de la quatrième vague, selon la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement. Une information que le ministère de l’Éducation n’est pas en mesure de confirmer au Devoir. Québec indique toutefois qu’en date de vendredi, une seule école était « fermée ou partiellement fermée » dans la province.

Relâchement des mesures

La maladie s’est répandue comme une traînée de poudre à l’école primaire du Cœur-Immaculé, qui compte plus de 700 élèves. Les consignes sanitaires étaient suivies, mais le virus a profité du relâchement des mesures permis par Québec pour se propager, indique la Dre Mélissa Généreux, responsable médicale de la cellule d’expertise en milieu communautaire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Avec la levée des bulles-classes, les élèves pouvaient manger avec des amis d’autres classes lors du dîner à la cafétéria, explique la Dre Généreux. « Il faut comprendre que, dans une petite école où on a une ou deux classes de 4e année, par exemple, le jeune va se tenir avec sa classe de 4e année ou tout au plus avec l’autre classe. Mais dans une grande école [comme celle du Cœur-Immaculé], je peux avoir, au fil des ans, développé des liens d’amitié avec [des élèves d’]une des 5, 6 ou 7 classes de 4e année.  »

Le virus s’est donc frayé un chemin d’une classe à l’autre. Des élèves plus âgés ont infecté leur petit frère ou leur petite sœur qui fréquente aussi l’école. Parmi le personnel, un seul enseignant a contracté la maladie — il ne s’agit d’ailleurs pas du « cas index », c’est-à-dire celui à l’origine de l’éclosion, précise la Dre Généreux.

33
C’est le nombre de cas qui ont été décelés dans 13 des 34 classes de l’établissement en date de lundi matin.

Pour limiter la propagation, la Direction régionale de santé publique de l’Estrie a recommandé la fermeture temporaire de l’établissement lundi et mardi. Une opération est en cours afin de procéder au dépistage de tous les élèves de l’école à l’aide de tests par gargarisme. La présence du variant Delta n’a pas encore été confirmée, mais elle est soupçonnée.

Aux dernières nouvelles, les élèves infectés se portaient assez bien dans les circonstances, selon la Dre Généreux. « À peu près 70 % avaient des symptômes, comme de la toux, de la fatigue, un mal de tête », estime-t-elle. Aucun n’a été hospitalisé jusqu’à présent. « C’est sûr qu’on sait aussi que certains l’ont donné à leur famille, donc le père et la mère, poursuit la médecin. On sait qu’il y a des parents qui sont un peu moins en forme. Peut-être pas hospitalisés, mais des gens chez qui on a dû faire venir le dépistage mobile parce qu’ils n’étaient pas assez en forme pour pouvoir sortir de la maison. »

La Santé publique espère un retour à l’école dès mercredi. « Avec des classes bien ciblées qui vont demeurer en isolement et d’autres qui vont venir peut-être avec des mesures sanitaires renforcées », précise la Dre Généreux.

Rappelons qu’aucun vaccin contre la COVID-19 n’a encore été homologué pour les 5 à 11 ans. Vendredi matin, Pfizer et BioNTech ont toutefois diffusé un communiqué lundi annonçant que leur vaccin serait « sûr » et « bien toléré » par les enfants de cette catégorie d’âge, selon leurs recherches (voir autre texte). Les deux entreprises prévoient soumettre leurs données aux autorités sanitaires « dès que possible ».

« La vaccination des 5 à 11 ans, on l’attend ! dit la Dre Mélissa Généreux. On le voit avec les écoles secondaires [dont la clientèle peut être vaccinée], on a beaucoup de cas isolés, mais ça ne génère pas de grosses éclosions comme ce que l’on peut voir jusqu’ici au primaire. »

 

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