Québec solidaire crée une plateforme pour «briser l’omerta» en éducation

La députée solidaire Christine Labrie
Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne La députée solidaire Christine Labrie

Préoccupée par les délais à mettre en place une version renforcée du Protecteur de l’élève, la députée solidaire Christine Labrie lance une plateforme numérique invitant les parents et le personnel scolaire à « briser l’omerta » qui règne, selon elle, dans le réseau de l’éducation.

La députée cherche à donner une voix aux parents qui ne peuvent avoir confiance au Protecteur de l’élève, une institution sans réels pouvoirs de l’aveu même du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. « Les gens ne savent plus où se tourner quand ils ont une plainte au sujet du réseau scolaire. On veut les entendre pour faire bouger les choses », dit Christine Labrie, porte-parole de Québec solidaire (QS) en matière d’éducation.

Le projet de loi visant à renforcer le Protecteur de l’élève sera déposé au cours de la session parlementaire d’automne, indique le cabinet du ministre de l’Éducation. « C’est un engagement incontournable. Ce sera un projet de loi important, on y travaille », affirme Claudia Landry, directrice des communications du ministre Roberge.

D’ici là, la députée Christine Labrie invite les parents et le personnel scolaire à signaler toute situation problématique dans les écoles sur la plateforme mise en place par QS. Elle estime qu’il faut donner une voix aux lanceurs d’alerte du réseau scolaire, qui ne peuvent plus se tourner vers les commissaires scolaires, remplacés par des conseils d’administration ayant un « devoir de loyauté » envers les centres de services scolaires.

Le cabinet du ministre Roberge rappelle que les commissaires élus avaient aussi un « devoir de loyauté ». « Il n’y a pas d’omerta en éducation », fait valoir Claudia Landry. Les parents ont une place importante au sein des conseils d’administration des centres de services, avec le tiers des voix. La présidence et la vice-présidence des conseils d’administration reviennent aussi aux parents.

En cette rentrée sous le signe de la pandémie, les sujets de préoccupation sont nombreux dans le réseau, souligne la députée Christine Labrie : pénurie de personnel, doutes au sujet de la ventilation, inquiétudes sur les services aux élèves, membres du personnel qui doivent payer de leur poche le matériel, et ainsi de suite.

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