Appel à un «plan d’urgence» sanitaire dans les campus universitaires

Les professeurs se réjouissent du retour en présence sur les campus, mais estiment que Québec doit resserrer les mesures pour empêcher la circulation du virus.
Photo: Renaud Philippe Archives Le Devoir Les professeurs se réjouissent du retour en présence sur les campus, mais estiment que Québec doit resserrer les mesures pour empêcher la circulation du virus.

Près de 300 professeurs et chargés de cours d’université réclament un renforcement des mesures sanitaires dans les campus, y compris la mise en place d’un passeport sanitaire, pour éviter que les établissements se transforment en « formidables milieux de culture du variant Delta ».

Dans une lettre transmise au Devoir, 272 signataires se réjouissent du retour en présence dans les campus, mais estiment que Québec doit resserrer les mesures pour empêcher la circulation du virus.

« Les universités du Québec regroupent environ un demi-million de personnes qui ont des liens familiaux et d’amitié ou professionnels hors du milieu universitaire. Cette situation pourrait transformer nos universités en formidables milieux de culture du variant Delta et favoriser les probabilités de nouvelles mutations plus dangereuses, car plus infectieuses ou plus virulentes. Nous sommes tous impatients de retourner à l’université, mais cette impatience accompagnée d’un plan laxiste expose le Québec à un confinement général dans les prochains mois », indiquent les signataires.

Le message a été transmis au Devoir par le professeur Denis Réale, du Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Les signataires proviennent de la majorité des 18 universités québécoises.

Cette sortie survient le jour où les recteurs témoignent en commission parlementaire à Québec sur la possibilité d’étendre le passeport vaccinal au milieu de l’enseignement supérieur. Les cégeps et les universités s’opposent à la vaccination obligatoire, notamment parce que la majorité des étudiants ont déjà reçu leur deuxième dose ou la recevront prochainement. Les taux de vaccination dans la population laissent aussi croire qu’une majorité claire de membres du personnel est vaccinée, font valoir les représentants des établissements.

Plan d’urgence

Les professeurs réclament à Québec « un plan d’urgence pour restreindre au maximum les risques de contamination ». Ils proposent les pistes de solution suivantes :

 
  • imposer le passeport vaccinal comme de nombreuses universités canadiennes l’ont fait ;
  • encourager les étudiants à se faire vacciner, par exemple en offrant le choix aux personnes, sur une base volontaire, de montrer une preuve de vaccination ou à défaut quoi, de subir des tests PCR deux à trois fois par semaine ;
  • offrir aux professeurs et étudiants volontaires la liberté d’organiser des cours hybrides ou en ligne.

« Dans la plupart des cas, il sera très difficile, voire impossible, de respecter les conditions de distanciation. Rien ne garantit que la ventilation des classes soit suffisante pour réduire les risques d’infection. Nous n’aurons aucune idée de qui est vacciné et qui ne l’est pas », indiquent les signataires.

D’autres détails suivront

À voir en vidéo