La CSQ estime que Québec est «en retard» pour ce qui est de la rentrée scolaire

La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, affiliée à la CSQ, Josée Scalabrini
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, affiliée à la CSQ, Josée Scalabrini

La CSQ et ses fédérations du milieu scolaire estiment que Québec est déjà en retard dans ses décisions sanitaires au sujet de la rentrée scolaire. Elles espèrent aussi la fin du « avance-recule-avance-recule » en la matière.

Au cours d’une conférence de presse sur la rentrée, lundi à Montréal, le président de la Centrale des syndicats du Québec, Éric Gingras, a dit croire qu’il était minuit moins une pour que le gouvernement annonce les balises sur lesquelles il basera ses décisions sanitaires pour la rentrée.

À partir de quand décidera-t-il qu’il faut passer de l’enseignement sur place à l’enseignement à distance ? Quelle est la proportion du personnel de l’enseignement qui est vacciné ? Qu’arrivera-t-il si certains refusent la vaccination, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre ? Si l’on requiert un passeport vaccinal pour certaines activités scolaires : lesquelles ? Comment mesurera-t-on et améliorera-t-on la qualité de l’air dans les classes ? Comment faire respecter les « bulles-classes » au service de garde scolaire ?

Ces questions, entre autres, demeurent sans réponse. Et la CSQ veut être fixée et vite, alors que les enseignants ont déjà recommencé à travailler et que les élèves retourneront en classe dans les prochains jours.

De son côté, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a fait savoir que le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, ferait connaître ses recommandations à ce sujet au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, « dans les prochaines heures ».

Le ministre Roberge avait effectivement dit qu’il attendait les recommandations de la Santé publique pour annoncer les règles et balises, dans le contexte sanitaire.

La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, affiliée à la CSQ, Josée Scalabrini, rapporte la lassitude et l’irritation de ses membres, qui ont trop souvent appris à la dernière minute les décisions de Québec touchant l’enseignement à distance, par exemple.

« On ne veut plus apprendre les nouvelles dans des points de presse qui deviennent des ballons. On l’a vu à plus d’une reprise l’an dernier. Un premier ministre qui arrive en point de presse, qui fait une annonce et qui regardait comment réagissait la population. Et oups, après on reculait », s’est exclamée Mme Scalabrini.

« Ces annonces-là étaient toujours faites à l’heure où les enseignants et le personnel de l’éducation, eux, étaient à l’école, étaient en train de travailler et étaient les derniers à apprendre les nouvelles. Nous, ce qu’on veut, c’est une école sécuritaire, pour les élèves, pour le personnel et les enseignants. On veut voir venir. On ne veut plus, vendredi à 15 h quand les élèves quittent, se faire dire : "lundi matin, ils vont être en enseignement à distance" », résume la présidente de la FSE.

Vaccination obligatoire

Sur la question de la vaccination obligatoire des enseignants ou du personnel de l’enseignement, la CSQ, comme les autres organisations syndicales avant elle, ne s’est pas avancée.

Avant de donner son opinion, le président Gingras veut savoir combien il y a d’enseignants vaccinés et ce qu’il arrivera, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, si certains persistent à refuser d’être vaccinés.

À voir en vidéo