De l’aide pour une école défavorisée «oubliée» à Laval

L’établissement a un indice de défavorisation de 9 sur une échelle de 1 à 10.
Photo: Hubert Hayaud Le Devoir L’établissement a un indice de défavorisation de 9 sur une échelle de 1 à 10.

Une école primaire parmi les plus défavorisées de Laval, qui se considérait comme « oubliée » par le système scolaire, aura finalement droit à une aide pour ses élèves vulnérables. En plein congé de la fête du Canada, le Centre de services scolaire de Laval (CSSDL) et le syndicat local des enseignants ont convenu d’une solution à un imbroglio administratif qui aurait pénalisé cette école de 500 élèves, à la rentrée de l’automne prochain.

L’école de la Cime, inaugurée à l’automne 2019 à Laval-des-Rapides, aura droit à des groupes de taille réduite lors du retour en classe, à la fin du mois d’août. Cette diminution du nombre d’élèves par classe est réservée aux écoles les plus défavorisées. Cela permet d’alléger la tâche des enseignants, qui peuvent consacrer davantage de temps à chaque élève.

Comme l’a rapporté Le Devoir, cette école toute neuve a failli être privée de cette baisse des ratios maître-élèves, pourtant jugée cruciale pour aider les enfants les plus vulnérables.

L’établissement a un indice de défavorisation de 9 sur une échelle de 1 à 10. C’est une des écoles les plus défavorisées de Laval. L’école de la Cime ne figure toutefois pas sur la liste des écoles défavorisées : elle n’existait pas au moment où cette liste a été créée, en mars 2019. Pour cette raison, le ministère de l’Éducation et le centre de services se renvoyaient la responsabilité de ne pas pouvoir baisser les ratios maître-élèves dans les classes de cette école.

Quatre groupes de plus

Selon ce que Le Devoir a appris, le ministère de l’Éducation a finalement accepté d’avancer des fonds au CSSDL pour permettre d’abaisser les ratios à l’école de la Cime. Le centre de services peut ainsi créer quatre groupes supplémentaires dans cette école en vue de la prochaine année scolaire. Cette mesure a un coût : il faudra notamment embaucher quatre enseignants de plus. Et occuper quatre locaux supplémentaires.

« C’est une bonne nouvelle. La baisse des ratios est une mesure très importante en milieu défavorisé », a réagi André Arsenault, président du Syndicat de l’enseignement de la région de Laval (SERL).

Le chef syndical émet un bémol : deux classes multi-âges seront créées à cause de cette baisse de ratios. Une classe regroupera des élèves de première et de deuxième année, et l’autre sera formée d’élèves de cinquième et de sixième année. Comme les élèves les plus forts sont généralement choisis pour ces classes multiniveaux, les autres groupes peuvent se retrouver affaiblis, explique André Arsenault. Il s’agit d’un moindre mal, selon lui.

C’est une bonne nouvelle. La baisse des ratios est une mesure très importante en milieu défavorisé.

 

La baisse des ratios fait partie de la convention collective nationale des enseignants. Les indices de défavorisation, eux, sont établis d’après les chiffres du recensement. Comme un recensement a eu lieu plus tôt cette année, Québec et les syndicats ont convenu d’établir une nouvelle liste des écoles défavorisées à compter de l’an prochain. D’ici là, la liste de 2019 décrit les écoles défavorisées.

Au moment où ces lignes étaient écrites, le ministère de l’Éducation ne pouvait préciser combien d’écoles défavorisées, inaugurées depuis 2019, ne figurent pas sur cette liste.

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