L’Université Concordia aura son École de la santé

La création d’une École de la santé était dans les cartons de l’Université Concordia depuis quelques années déjà. La pandémie de COVID-19 a confirmé ce choix.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne La création d’une École de la santé était dans les cartons de l’Université Concordia depuis quelques années déjà. La pandémie de COVID-19 a confirmé ce choix.

L’Université Concordia n’a pas de Faculté de médecine, mais elle aura bientôt une École de la santé dirigée par un doyen. Son lancement est prévu pour septembre 2022. Au programme : santé communautaire, prévention et recherche en sciences et génie biomédicaux. Grâce à ce projet, l’établissement veut se positionner par rapport aux autres universités.

« Pourquoi pas faire une Faculté de médecine ? dit Anne Whitelaw, vice-rectrice exécutive aux affaires académiques de l’Université Concordia. On a déjà deux Facultés de médecine à Montréal [Université de Montréal et McGill]. On en a beaucoup plus à travers le Québec. Concordia, c’est une université qui est vraiment intéressée par l’interdisciplinarité. »

La future école aura pour mission d’étudier la santé au sens large. « Ce n’est pas seulement une perspective de traitement clinique », précise Mme Whitelaw.

Des chercheurs des sciences sociales, des sciences humaines, des sciences de la gestion et des Beaux-Arts seront mis à contribution. L’université tablera aussi sur l’expertise du Centre Perform, où l’on mène déjà des recherches sur les saines habitudes de vie. « C’est dans la collaboration, la collision des idées qu’on peut vraiment penser différemment dans le domaine de la santé », pense Anne Whitelaw.

Elle cite notamment en exemple le travail de Nadia Bhuiyan, une chercheuse au Département de génie mécanique, industriel et aérospatial, qui a créé un algorithme et un logiciel d’ordonnancement permettant de réduire les temps d’attente des patients dans les cliniques de traitement du cancer. L’équipe de Concordia a travaillé en collaboration avec le Centre du cancer Segal de l’hôpital général juif, à Montréal.

La création d’une École de la santé était dans les cartons de l’Université Concordia depuis quelques années déjà. La pandémie de COVID-19 a confirmé ce choix. « Ce n’est pas à cause de la pandémie qu’on a créé une École de santé, affirme Mme Whitelaw. Mais le vécu de la pandémie nous a vraiment montré qu’il faut penser à la santé différemment. »

Les problèmes de santé mentale et d’isolement ont émergé pendant le confinement. Des chercheurs de tous les horizons ont cherché des solutions. « Par exemple, comment on peut utiliser les arts pour se réjouir et nous aider à rester bien », ajoute-t-elle.

Plus concrètement, la future École de la santé tentera d’attirer des étudiants au doctorat, du Québec comme d’ailleurs. « J’imagine que la clientèle viendra de partout, comme notre 2e et 3e cycle [actuellement], dit Anne Whitelaw. On a une importante proportion d’étudiants internationaux. On ne les vise pas. Mais ils sont toujours les bienvenus. »

Grâce à l’apport de ces doctorants et des chercheurs postdoctoraux, l’Université Concordia espère récolter davantage de subventions, le nerf de la guerre en recherche. « Notre direction stratégique, c’est de doubler la recherche », rappelle Mme Whitelaw. Le processus pour recruter le futur doyen de l’École de la santé s’enclenchera sous peu. Il entrera en poste dès juillet 2022.

 

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