Des élèves privés de classes en raison de la fermeture du pont de l’Île-aux-Tourtes

Le pont de l’Île-aux-Tourtes, qui relie Vaudreuil-Dorion et Senneville, dans l’ouest de l’île de Montréal, a été clos en urgence jeudi par le ministère des Transports pour «réaliser des travaux d’urgence».
Photo: Peter McCabe La Presse canadienne Le pont de l’Île-aux-Tourtes, qui relie Vaudreuil-Dorion et Senneville, dans l’ouest de l’île de Montréal, a été clos en urgence jeudi par le ministère des Transports pour «réaliser des travaux d’urgence».

À cause de la fermeture du pont de l’Île-aux-Tourtes, une trentaine d’écoles primaires et secondaires du Centre de services scolaire (CSS) des Trois-Lacs, dans le secteur de Vaudreuil-Dorion, ne feront pas cours en personne mardi.

Le CSS des Trois-Lacs, qui a annoncé cette fermeture par un communiqué, l’a justifiée par le fait que « la configuration géographique de notre territoire fait en sorte que le transport du domicile des employés et des élèves vers les écoles est directement affecté ».

En effet, le dernier retour à la maison des élèves, jeudi dernier, a été un « cauchemar », selon Véronique Lefebvre, la présidente du Syndicat de l’enseignement de la région de Vaudreuil. « Il y a des enfants qui ont été jusqu’à deux heures dans les autobus, jeudi, parce que vendredi, c’était pédagogique. C’était vraiment fou. »

Les services de garde seront ainsi fermés et les cours à distance ne seront pas donnés. Ceux qui sont inscrits à l’école à distance pour l’année et dans les centres de formation professionnelle et de la formation générale aux adultes pourront toutefois suivre normalement leurs cours.

La congestion force également la fermeture ce mardi de l’école secondaire Macdonald, de la Commission scolaire Lester B. Pearson située sur l’île de Montréal. Les élèves des autres écoles habitant en dehors de l’île de Montréal devront utiliser le train de banlieue pour se rendre à leurs cours. Dans un communiqué, la Commission scolaire indique avoir délégué du personnel pour guider les élèves dans ce nouveau trajet.

Les syndicats locaux de l’enseignement ne ferment pas la porte à un retour de l’enseignement à distance, mais à condition que seules les écoles « lourdement » touchées soient concernées par cette mesure, explique Véronique Lefebvre. « On l’a vécu avec la pandémie, mais il n’y a rien d’idéal là-dedans. C’est contre-productif pour les enfants », argumente-t-elle.

Les employés des écoles devront toutefois se présenter au travail mardi et « noter le temps que ça va leur prendre pour se rendre au travail ». Le CSS se basera sur ces données avant de décider si elles « basculent ou pas, en enseignement à distance ». Cette mesure doit rester une « solution exceptionnelle à un problème exceptionnel », souligne Mme Lefebvre.

Pour rappel, le pont de l’Île-aux-Tourtes, qui relie Vaudreuil-Dorion et Senneville, dans l’ouest de l’île de Montréal, a été fermé jeudi par le ministère des Transports pour « réaliser des travaux d’urgence » sur les tiges de renforcement de la structure vieille de 66 ans.

Citoyens « en furie »

Les 87 000 véhicules qui empruntent chaque jour le pont de l’Île-aux-Tourtes doivent donc se diriger vers l’autoroute 20 pour quitter Montréal.

Brigitte Leblanc, propriétaire d’un restaurant situé devant cette autoroute urbaine, a vu son chiffre d’affaires chuter de « 50 % ou 60 % » depuis la fermeture du pont. La congestion s’est accrue à tel point que la clientèle évite tous les commerces du secteur selon elle. « Les gens font des deux ou trois heures de route pour rentrer à la maison quand ça leur prend 30 minutes habituellement. C’est drastique. »

« On se remet d’une pandémie tranquillement et, là, il nous arrive cette catastrophe-là », se désole la restauratrice.

« Ça passe devant mon bureau. C’est incroyable. C’est des kilomètres et des kilomètres de circulation », renchérit la députée libérale de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols. Elle se démenait lundi pour inciter les camionneurs à détourner leurs routes. Elle exhorte les autres employeurs à retourner en télétravail. Selon elle, 44 % des résidents de la région travaillent sur l’île de Montréal.

« J’ai les citoyens qui sont en furie », s’exclame la députée. « Les rues sont étroites dans le secteur et il y a même fallu décoincer un camion vendredi. Et là, j’ai le maire qui vient de m’appeler qui me dit que c’est une vraie piste de course. Les gens sortent et vont rapidement. J’ai des plaintes, j’ai des plaintes… »

Elle s’attend à ce que le gouvernement présente mardi un « échéancier » pour la réouverture du pont.

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