Des camps pédagogiques d’été pour que les élèves se remettent de la pandémie

Jean-François Roberge annonce un plan de 110 millions de dollars pour favoriser la réussite des élèves dans le contexte de la pandémie.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Jean-François Roberge annonce un plan de 110 millions de dollars pour favoriser la réussite des élèves dans le contexte de la pandémie.

Camps pédagogiques pour les deux prochains étés, maintien du programme de tutorat, examens ministériels de fin d’année allégés qui évalueront les savoirs essentiels : le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, annonce un plan de 110 millions de dollars pour favoriser la réussite des élèves dans le contexte de la pandémie.

Des initiatives visant à favoriser l’activité physique des jeunes, ainsi que soutenir leur bien-être et leur santé mentale, sont aussi prévues. Des fonds seront offerts pour améliorer les infrastructures sportives et pour des sorties en classe nature.

Les acteurs clés du réseau scolaire « nous ont dit qu’il y avait de grands besoins et qu’il fallait y travailler maintenant », a expliqué le ministre Roberge lors d’un point de presse, jeudi midi.

Ce plan fait suite au sommet de deux jours sur la réussite éducative tenu au mois de mars. Le ministre prévoit aussi d’annoncer d’ici la fin de l’année scolaire les mesures sanitaires anticipées en vue de la rentrée de l’automne prochain. Il est « trop tôt » pour trancher sur le port du masque en classe et sur les autres mesures visant à freiner la progression du virus, a-t-il précisé.

Accueil favorable

L’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES) a accueilli favorablement le plan du ministre. « L’improvisation en éducation a été durement vécue dans les milieux au cours de la dernière année. Quand on sait que la rentrée se planifie dès janvier, il était temps que le plan soit rendu public. Nous le partageons dans les grandes lignes, car il reflète ce que nous avions demandé lors des consultations, notamment les apprentissages essentiels, les deux étapes, le respect de l’autonomie des établissements scolaires pour déterminer les moyens et les mesures à mettre en place pour répondre aux besoins des élèves », a déclaré dans un communiqué Kathleen Legault, présidente de l’AMDES.

La représentante de 650 directions d’école a rappelé que « le très grave problème de la pénurie de personnel demeure un défi majeur et on ne retrouve pas d’actions concrètes aux effets immédiats pour y remédier. Les avancées récentes pour valoriser la profession enseignante sont un premier pas, mais ne règlent rien pour les autres personnels ».

Elle s’est réjouie du partenariat renforcé avec les organismes communautaires et l’engagement du réseau Réussite Montréal. « Le communautaire est essentiel, surtout dans les quartiers plus défavorisés, et nous nous réjouissons qu’il soit mieux outillé pour contribuer au soutien des élèves », a ajouté Kathleen Legault.

Camps pédagogiques

Une part indéterminée des enfants inscrits à des camps de jour durant les deux prochains étés auront droit à des activités à la fois « ludiques et éducatives ». Le ministère de l’Éducation a fait un partenariat de 8,8 millions avec le Réseau québécois pour la réussite éducative (RQRE) pour offrir ces activités durant les vacances scolaires.

Ces camps pédagogiques ont été réclamés par une série d’intervenants du réseau scolaire pour amoindrir la fameuse « glissade de l’été », qui fait perdre des acquis en lecture et en mathématiques durant les vacances estivales.

« On veut rejoindre les enfants qui ont les plus grands besoins. L’offre sera différente d’une région à l’autre », a indiqué Andrée Mayer-Périard, présidente du RQRE.

« Les choix d’activités sont effectués selon les milieux et les besoins des jeunes (ex. : animation d’ateliers de lecture, bibliomobile, clubs de lecture, camp de jour avec volet pédagogique, camp pour adolescents pour aider à la motivation scolaire, animation d’ateliers permettant une préparation à la transition entre le primaire et le secondaire) », indique le ministère de l’Éducation.

Tutorat et examens

Le programme de tutorat lancé de toute urgence au mois de janvier sera reconduit et élargi aux élèves de la formation professionnelle et de l’éducation des adultes. Plus de 163 000 élèves ont l’aide d’un tuteur à l’heure actuelle. Et plus de 15 000 tuteurs, dont la majorité étaient déjà dans les écoles, ont été recrutés.

Les examens ministériels, annulés l’an dernier et cette année à cause de la pandémie, seront de retour l’an prochain, mais ils pèseront moins lourd dans le résultat final des élèves. Ces épreuves compteront pour 10 % de la note finale, plutôt que 20 %, en quatrième et sixième années du primaire et en deuxième secondaire. En quatrième et en cinquième secondaire, ces épreuves ministérielles vaudront 20 % de la note finale, et non 50 % comme d’habitude.

Seuls les « savoirs essentiels » seront évalués, pour réduire l’anxiété des élèves et des enseignants. De plus, il n’y aura encore que deux bulletins plutôt que trois comme à l’ordinaire. La première étape vaudra 40 % du résultat final, et la deuxième, 60 %.

D’autres détails suivront.

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