Pas de contraventions pour les élèves ne respectant pas la distanciation

Photo: Adil Boukind Archives Le Devoir

Le Centre de services scolaire de Portneuf s’est trouvé dans la tourmente jeudi après avoir envoyé une lettre aux parents d’élèves du secondaire indiquant que les policiers de la Sûreté du Québec avaient reçu le mandat de distribuer des contraventions de 560 $ aux élèves ne respectant pas la distanciation de deux mètres.

Peu de temps après avoir pris connaissance de la missive, l’attaché de presse du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge avait tenu à rassurer les parents. « Il semble […] y avoir eu un malentendu au moment d’écrire cette lettre. Nous avons contacté la Directrice générale du centre de services scolaire à cet effet, et celle-ci en convient », avait indiqué Francis Bouchard jeudi matin.

« La philosophie d’intervention de la Sûreté du Québec en est une de sensibilisation et de prévention avant tout. Ceux-ci ne sont pas à donner des contraventions aux élèves », avait-il ajouté tout en précisant « qu’actuellement, selon la Santé publique, les principales sources de contamination sont les rassemblements privés et les bars, pas les écoles ».

Interrogée par Le Devoir, la maman d’une élève du secondaire ayant reçu la lettre s’était dite outrée par la manière « brutale » utilisée pour rappeler aux adolescents et à leurs parents les consignes à respecter. « Ça fait une heure que je pense juste à ça », avait-elle mentionné en matinée.

« Ils ne peuvent plus voir leurs amis [qui ne sont pas dans leur classe] à l’intérieur de l’école, c’est juste à l’extérieur qu’ils ont une certaine liberté. Pourquoi on s’acharne sur eux ? C’est vraiment de mauvais goût. Ils utilisent des menaces plutôt que de nous donner des trucs pour en parler à nos enfants. »

Même la Sûreté du Québec semblait avoir été prise de court par cette communication. Jeudi matin, le corps de police mentionnait que des « vérifications étaient en cours concernant le contenu de cette lettre ».

Marie-Claude Tardif, directrice générale du Centre de services scolaire de Portneuf, mentionnait dans la lettre datée du 23 septembre que malgré les interventions des éducateurs, plusieurs élèves ne respectent pas la distanciation de deux mètres lorsqu’ils sont à l’extérieur. « Conséquemment, nous venons d’être avisés par la Sûreté du Québec que les policiers ont reçu le mandat d’émettre des constats d’infraction aux jeunes qui contreviendraient à ces règles. Le montant des amendes s’élève à 560 $ pour une première infraction », peut-on lire.

Nouvelle lettre

En milieu d’après-midi jeudi, Marie-Claude Tardif corrigeait le tir en envoyant une nouvelle communication aux parents. « D’entrée de jeu et en relisant la communication, force est de constater que le message n’était pas suffisamment clair et portait à confusion », écrit-elle, tout en se disant désolée pour cette confusion.

« L’objet de la lettre était de demander la collaboration des parents afin de sensibiliser les enfants au respect de la distanciation même à l’extérieur, dans les lieux publics. […] En ce sens, nous tenions à informer les parents que les policiers de la Sûreté du Québec, en concertation avec les instances de santé régionales et le centre de services scolaire, mèneront des activités de sensibilisation auprès des jeunes au cours des prochaines semaines. »

La directrice générale du Centre de services scolaire de Portneuf reprend par la suite le même libellé utilisé plus tôt dans la journée par l’attaché de presse du ministre Roberge : « La philosophie d’intervention de la Sûreté du Québec en est une avant tout de sensibilisation et de prévention. Ceux-ci ne sont pas à donner des contraventions aux élèves. »

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