L’Alliance des professeurs et le CSSDM se disputent sur l’affectation des orthopédagogues

Le CSSDM plaidait le fait qu’il lui manquait toujours 84 enseignants pour les classes d’adaptation scolaire et que 42 classes normales étaient toujours sans titulaires.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le CSSDM plaidait le fait qu’il lui manquait toujours 84 enseignants pour les classes d’adaptation scolaire et que 42 classes normales étaient toujours sans titulaires.

L’Alliance des professeurs conteste en arbitrage la réaffectation des orthopédagogues comme titulaires de classes à Montréal.

« Le centre de service scolaire de Montréal ne fait que profiter de la période de pandémie pour modifier unilatéralement les dispositions des ententes collectives et inclure des règles d’affectation qui lui siéent », plaide l’Alliance dans sa requête déposée le 18 septembre au tribunal d’arbitrage.

Le 10 septembre, Le Devoir révélait que le Centre de service scolaire de Montréal s’apprêtait à réaffecter les orthopédagogues comme titulaires de classe pour faire face à la pénurie d’enseignants, privant ainsi les enfants ayant des difficultés d’apprentissage de suivis particuliers dont ils ont besoin. Le CSSDM plaidait le fait qu’il lui manquait toujours 84 enseignants pour les classes d’adaptation scolaire et que 42 classes normales étaient toujours sans titulaires. L’Alliance des professeurs, tout comme le comité de parents du CSSDM, était outrée par cette décision.

Le CSSDM se basait sur un arrêté ministériel du printemps dernier lui donnant droit de passer outre les conventions collectives pour réaffecter le personnel en période de pandémie. « Ces arrêtés […] prévoient que les mesures qui sont prises par ceux-ci visent à « protéger la santé de la population », écrit l’Alliance. « La réaffectation unilatérale des [orthopédagogues] n’a pas pour objet de « protéger la santé de la population ». Il s’agit d’une mesure administrative adoptée aux fins de combler un problème de pénurie d’enseignants qui perdure et pour lequel aucune solution n’a été apportée. »

Qualité de l’éducation

Selon l’Alliance, qui représente les enseignants et les orthopédagogues, « la réaffectation des [orthopédagogues] à titre de titulaires d’une classe d’adaptation place tant ces derniers que les autres enseignants titulaires dans des conditions d’exercice de leur profession qui ne leur permettent pas de faire bénéficier les élèves à la qualité d’éducation à laquelle ils sont en droit de s’attendre ».

L’Alliance plaide que ce sont non seulement les élèves vulnérables, mais tous les enfants qui seront pénalisés par la réaffectation des orthopédagogues, car même si les titulaires habituels offrent un support particulier aux élèves en difficulté d’apprentissage dans leur classe, les enseignants ne pourront pas, pendant ce temps, offrir le meilleur enseignement au reste de la classe.

L’Alliance demande donc au tribunal d’arbitrage de renverser la décision du centre de service scolaire de Montréal et de suspendre l’affectation des [orthopédagogues] dans des classes d’adaptation scolaire à titre de titulaires, et ce, par le biais d’une ordonnance de sauvegarde. « Seule une intervention rapide du tribunal pourra empêcher qu’un préjudice irréparable ne soit causé à l’Alliance, aux [orthopédagogues] et aux enseignants du CSSDM », précise le document de cour.

Un incitatif financier offert aux enseignants retraités

Vu la pénurie d’enseignants dans le réseau scolaire, Québec offre un incitatif financier aux nouveaux retraités — depuis le 1er juillet 2015 — pour qu’ils reviennent prêter main-forte. Les intéressés seront rémunérés selon l’échelle salariale qui prévalait lors de leur départ, et ce, dès leur premier jour de suppléance, plutôt qu’après le 20e jour comme c’est le cas normalement. Un enseignant pourra donc toucher dès son premier jour près du double de la rémunération maximale : soit 412 dollars par jour, au lieu du taux maximal habituel de 212,15. Il n’y aura pas de pénalité sur leurs prestations de retraite, promet le gouvernement. En date du 21 septembre, il manquait 117 enseignants à temps plein dans le réseau scolaire, selon le ministère de l’Éducation.

La Presse canadienne

Fermeture de 273 classes à travers le Québec

En une semaine, le nombre d’établissements scolaires où au moins un cas positif à la
COVID-19 a été rapporté a bondi de 75 % à travers la Québec. En fin de journée lundi, 392 écoles comptaient ainsi des cas positifs, ce qui a entraîné la fermeture de 273 classes. De même, on comptabilisait 507 cas positifs actifs, une augmentation de 34 % par rapport au début de la semaine dernière. Les comparatifs doivent être mis en perspective par le fait que le gouvernement collecte maintenant les informations auprès d’un total de 3089 établissements du réseau scolaire, plutôt que 2685 (une augmentation de 15 %). Dans l’ensemble des établissements recensés, il y a près de 1,3 million d’élèves et 226 000 membres du personnel.

Le Devoir