Nouveaux programmes de gestion des catastrophes à l’UQAM

Les nouveaux programmes visent à former des gestionnaires ou des travailleurs de la sécurité civile, de services d’urgence ou d’entreprises pour affronter non seulement la crise actuelle, mais aussi tous les types de catastrophes.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les nouveaux programmes visent à former des gestionnaires ou des travailleurs de la sécurité civile, de services d’urgence ou d’entreprises pour affronter non seulement la crise actuelle, mais aussi tous les types de catastrophes.

Ça ne pouvait pas tomber mieux. En pleine pandémie de coronavirus, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) s’apprête à lancer cet automne deux nouveaux programmes en gestion des risques et des catastrophes.

Ces programmes visent à former des gestionnaires ou des travailleurs de la sécurité civile, de services d’urgence ou d’entreprises pour affronter non seulement la crise actuelle, mais aussi tous les types de catastrophes — inondations, feux de forêt, déraillements de train, cyberattaques, tornades, ouragans.

« C’est sûr que cet événement-là [la pandémie] va venir teinter la première année du programme. À la rentrée en septembre, on va être encore dedans ou on sera en train de voir le rétablissement », dit Yannick Hémond, professeur au Département de géographie de l’UQAM et responsable des deux programmes.

Il s’agira de versions améliorées (de 30 ou 15 crédits) d’un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en gestion des risques majeurs offert depuis 2008. L’UQAM travaille depuis deux ans à remanier ce programme pour le rendre conforme aux changements sociaux, notamment en matière climatique et de sécurité civile. Le programme a formé une centaine d’experts en gestion de crise depuis 12 ans, mais le professeur Hémond s’attend à une forte augmentation du nombre d’inscriptions à cause de la crise de la COVID-19.

« La pandémie est une belle catastrophe à analyser, dit-il. On va se servir de cet événement-là pour mieux outiller les gestionnaires grâce à toutes les données qui seront générées par la crise. »

Les experts en santé se préparaient depuis longtemps à un « événement d’envergure qui allait mobiliser tout le monde », explique Yannick Hémond. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a évoqué dès l’automne dernier une possible pandémie.

« Ce qu’on ne savait pas, c’est l’ampleur de l’isolement qu’on vit. On voit jusqu’où la Santé publique et les dirigeants politiques sont prêts à aller contre la propagation du virus », dit-il.

Bonne note pour Québec

Le professeur trouve que le gouvernement Legault répond « très bien » à la crise actuelle. Il a agi tôt par rapport à la Chine, aux États-Unis et aux pays européens. Il prend des mesures graduelles, susceptibles d’être acceptées socialement, écoute les scientifiques et communique bien avec la population.

« Si tout continue comme ça ici, on n’aura pas de choix déchirants à faire comme dans des pays d’Europe : “Toi je te soigne, toi je ne te soigne pas, et si je ne te soigne pas, tu t’en vas mourir chez vous”», souligne Yannick Hémond.

« Nous, on a fait le choix de la santé. On n’a pas fait le choix de sauver d’abord l’économie. On ne veut pas que les gens meurent. On vient en aide aux gens. C’est comme lors des inondations. Le gouvernement n’a pas dit : “C’est votre problème, vous êtes en zone inondable, arrangez-vous”. Nos choix ont des conséquences économiques énormes. »

Avec les données rendues publiques par Québec, le professeur juge plausible le scénario prévoyant un pic de contamination dans les prochaines semaines et une baisse du nombre de cas au mois de juillet. « Ce qu’on ne sait pas, c’est comment on va revenir à la normale », sans mesures de confinement et de contrôle, explique-t-il.

Puisqu’on peut toujours faire mieux, Yannick Hémond se demande, avec le recul, si Québec aurait pu offrir, plus tôt dans la crise, les fameux briefings techniques promis au sujet des scénarios sur l’évolution de la crise. Le gouvernement aurait aussi pu faire appel plus tôt aux entreprises québécoises pour fabriquer des masques, des blouses ou des respirateurs, par exemple.